Centrafrique : Le soi-disant Professeur Touadéra ou le matraquage juridique pour humilier Anicet-Georges Dologuélé

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Le soi-disant  Professeur  Touadéra ou le matraquage juridique pour humilier Anicet-Georges Dologuélé

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

 Alors qu’il s’époumone à donner des leçons de droit aux Centrafricains et à la communauté internationale, le désormais Empereur-président de Centrafrique, Faustin-Archange Touadéra, vient de tomber le masque. Entre mauvaise foi manifeste et dérives autocratiques, l’Empereur-président centrafricain s’embourbe dans une rhétorique villageoise et déshonorante pour justifier l’injustifiable : l’exclusion politique et administrative d’Anicet-Georges Dologuélé.

 

C’est une scène qui confine au ridicule. Devant un parterre de journalistes et de partisans acquis à sa cause, celui qui se fait appeler « le mathématicien » a tenté une démonstration dont le résultat est, dès le départ, faussé. En s’attaquant frontalement à la nationalité d’Anicet-Georges Dologuélé pour justifier le refus de lui délivrer un passeport centrafricain, Touadéra ne fait pas seulement de la politique : il piétine sa propre Constitution, les lois et les traités internationaux, tout en bafouant les institutions qu’il est censé garantir.

 

Une rhétorique villageoise indigne d’un docteur

Faustin-Archange Touadéra fait aujourd’hui la honte nationale. Comment un chef d’État peut-il convoquer la presse pour se livrer à une rhétorique aussi simpliste, digne d’une palabre de village ? On en vient à se demander si son doctorat en mathématiques ne lui a pas été attribué par complaisance, sans qu’il n’ait jamais mis les pieds dans une université.

​En convoquant les médias et ses partisans pour justifier gauchement des instructions arbitraires qu’il a lui-même ordonné à ce qu’elles s’appliquent à Dologuélé, c’est lui-même qu’il ridiculise, et non Dologuélé. Cette mise en scène vise en réalité à condamner son opposant à une mort civile à ciel ouvert, cloîtré dans son domicile à Bangui. Une méthode qui rappelle étrangement le sort réservé autrefois à l’ancien président Ange-Félix Patassé.

 

L’amnésie sélective d’un président au-dessus des lois

Comment le pouvoir de Bangui peut-il, sans trembler, affirmer aujourd’hui qu’Anicet-Georges Dologuélé n’est plus centrafricain, alors que ce même pouvoir a validé sa candidature à l’élection présidentielle ? Touadéra avoue-t-il, à demi-mot, avoir instrumentalisé son Conseil constitutionnel pour offrir un vernis démocratique à un scrutin dont il avait besoin pour sa survie politique ? Si Dologuélé était assez centrafricain pour être l’adversaire de Touadéra dans les urnes et pour être élu député de Bocaranga, par quel miracle administratif deviendrait-il apatride lorsqu’il s’agit d’obtenir un document de voyage ?

 

La manœuvre est grossière. En brandissant le Code de la nationalité de 1961, le locuteur de la Renaissance oublie volontairement un détail juridique de taille : la déchéance de nationalité ne se présume pas, elle se décrète en Conseil des ministres. Or, aucun décret n’a jamais été signé. Lui-même le sait. Ce n’est donc pas le droit que Touadéra applique, mais sa propre volonté, dictée par une hostilité politique qui semble désormais primer sur la raison d’État.

 

Le chantage à l’humiliation : « Écris-moi, …même sans politesse »

Le summum du grotesque est atteint lorsque Touadéra exige que son « frère » lui écrive pour demander une réintégration. Cette exigence n’a aucun fondement légal ; elle relève du pur caprice narcissique. En demandant à Dologuélé de s’abaisser à une telle requête, Touadéra cherche une image : celle d’un opposant contraint de quémander sa propre identité auprès d’un monarque qui se croit tout-puissant.

 

C’est le propre des dictatures en gestation : transformer un droit constitutionnel en faveur princière. Sous l’aile des mercenaires russes et armé d’une Constitution taillée sur mesure pour un pouvoir à vie, Faustin-Archange Touadéra troque sa toge de professeur contre l’uniforme de l’autocrate qui foule aux pieds les traités internationaux et la jurisprudence de son propre pays.

 

L’indignation sélective : pourquoi Dologuélé et pas les autres ?

Le matraquage juridique contre Anicet-Georges Dologuélé est d’autant plus insultant qu’il s’exerce au milieu d’un océan de binationaux occupant les plus hautes sphères de l’État. Pourquoi s’acharner sur un opposant alors que l’entourage immédiat du « Professeur », son gouvernement et même l’état-major des armées regorgent de personnalités aux passeports multiples ?

 

Si Touadéra souhaite réellement être le garant de la loi de 1961, pourquoi ne commence-t-il pas par ses propres alliés ? On pense notamment à Simplice Mathieu Sarandji, dont la nationalité française ne semble gêner personne au sommet de l’État, ou encore au cas d’Hassan Bouba, ressortissant tchadien siégeant au Conseil des ministres centrafricain tout en détenant un passeport diplomatique centrafricain.

 

En tirant à boulets rouges sur Dologuélé tout en protégeant ses lieutenants, Touadéra se ridiculise. S’il veut être cohérent, il devrait prendre des décrets pour déchoir également Sarandji et les autres binationaux de son propre camp. À défaut, il ne fait que confirmer que cette prétendue « légalité » n’est qu’une vulgaire chasse aux sorcières.

 

Un ridicule qui ne tue plus à Bangui

Penser que de telles explications de comptoir puissent convaincre les diplomates de la MINUSCA ou les ambassadeurs étrangers relève de l’insulte à l’intelligence. En se livrant à ce spectacle de victimisation inversée, l’Empereur-président Touadéra ne fait que confirmer une réalité inquiétante : en Centrafrique, la loi n’est plus un bouclier pour le citoyen, mais une arme entre les mains d’un clan prêt à tout pour neutraliser ses rivaux.

 

Le message envoyé au peuple est clair : si vous dérangez le pouvoir, votre identité même devient négociable. Une dérive dangereuse qui fragilise davantage un pays déjà meurtri par des années d’instabilité. En voulant humilier Dologuélé, Touadéra n’a finalement réussi qu’une chose : ridiculiser davantage la fonction présidentielle aux yeux du monde.

Par Gisèle MOLOMA

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