Véhicules impayés de l’investiture de Touadéra : la saga continue, les propriétaires bloquent à nouveau l’entrée du ministère des transports, et les gendarmes déployés pour intimider des propriétaires qui ne cèdent plus

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Véhicules impayés de l’investiture de Touadéra : la saga continue, les propriétaires bloquent à nouveau l’entrée du ministère des transports, et les gendarmes déployés pour intimider des propriétaires qui ne cèdent plus

 

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

Les propriétaires des véhicules loués pour la prestation de serment de Faustin-Archange Touadéra ont de nouveau paralysé l’entrée du ministère des Transports ce mardi 5 mai 2026. Trente-six jours après avoir mis leurs engins à disposition de l’État, ils n’ont pas reçu un seul franc.

 

Voici comment on en est arrivé là.

Le 30 mars 2026, lors de la cérémonie d’investiture au stade 20 000 places de Bangui, des centaines de pick-up, bus et voitures particulières ont été mobilisés pour transporter les invités. Les propriétaires ont accepté, certains d’être payés sans délai. Ce qui a suivi, c’est cinq semaines de humiliations en série.

 

Premier renvoi : le directeur général des Transports, Wenceslas Nguelekoumon, dirige les propriétaires vers l’ONEM. L’ONEM les renvoie vers le ministre des Mines, Ruffin Benam Beltoungou. Le ministre des Mines les renvoie vers l’ONEM. Le directeur de l’ONEM devient injoignable. Téléphones coupés, portes closes, une bureaucratie qui tourne en rond pendant des semaines.

 

Le 10 avril, excédés, les propriétaires tentent de passer par la radio Gouandjika pour rendre l’affaire publique. Fidèle Gouandjika leur réclame 7 500 FCFA. Ils lui remettent 8 000 FCFA. À 14 heures, rendez-vous fixé pour une déclaration en direct. À 14 heures, Fidèle Gouandjika leur annonce que c’est une « affaire politique » et que la diffusion est annulée. Les 8 000 FCFA ne sont jamais restitués.

 

Le 19 avril, trois délégués prennent la route de Damara, à 75 km de Bangui, pour porter le dossier directement à Touadéra. Le chef de l’État les reçoit, écoute, et promet que le problème sera réglé « très vite et en bonne intelligence ».

 

Rien ne vient.

Le 22 avril, retour au ministère des Transports. Le ministre Gautron Djono Ahaba leur dit que lui, il gère les transports collectifs, pas les voitures particulières. Il les renvoie au ministère des Mines. Au ministère des Mines, on leur affirme que le ministre est « en voyage ». Ils le croisent dans la journée en train d’entrer dans son propre bureau.

 

Le 27 avril, première grève. Les propriétaires garent leurs véhicules en travers de l’entrée principale du ministère des Transports. Des négociateurs arrivent avec une nouvelle explication : le ministre des Finances était aux États-Unis, le responsable des décaissements au Trésor, Monsieur Slesson, rentrait d’un séjour médical au Maroc. Une promesse est donnée : paiement avant vendredi. Les propriétaires lèvent le siège.

 

Vendredi passe. Rien.

Ce mardi 5 mai, ils sont de retour pour la deuxième grève. Le ministère est de nouveau bloqué. Les gendarmes et les policiers sont déployés pour les intimider. Les propriétaires répondent qu’on peut les tuer, ils ne bougent pas. Face à cette détermination, les forces de l’ordre se retrouvent elles-mêmes à négocier, sachant très bien que les promesses qui ont précédé ne valaient rien.

 

Ce lundi, selon les informations parvenues à CNC, les autorités auraient dit avoir « statué sur le dossier ». Une formule vague, après cinq semaines de renvois, de portes closes et de promesses non tenues.

 

Il faut le dire clairement : le régime de Baba Kongoboro a mobilisé les biens de ses propres citoyens pour organiser une investiture en grande pompe, et cinq semaines plus tard, il est incapable de payer ce qu’il doit. Ce n’est pas un dysfonctionnement administratif. C’est du vol.

 

Par Alain Nzilo

 

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