Résistance aux antibiotiques: le discours de l’empereur Touadéra et la pauvreté qui force les Centrafricains à se soigner dans la rue

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Résistance aux antibiotiques: le discours de l’empereur Touadéra et la pauvreté qui force les Centrafricains à se soigner dans la rue

Résistance aux antibiotiques: le discours de l’empereur Touadéra et la pauvreté qui force les Centrafricains à se soigner dans la rue
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Rédigé le 08 août 2026 .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

Devant les 1 890 décès annuels liés à la résistance aux antimicrobiens révélés par l’Université de Bangui, l’empereur Faustin Archange Touadéra a appelé à une mobilisation générale. Mais après plus de dix ans de pouvoir, le chaos du système de santé reste intact et les Centrafricains n’ont toujours que les pharmacies de rue comme solution. Cette déclaration a été faite à l’occasion de la Journée mondiale de la santé, le 13 avril 2026.

 

Selon les chiffres présentés ce jour par les chercheurs centrafricains, environ 1 890 décès par an en République Centrafricaine viennent de la résistance aux antimicrobiens. L’empereur Faustin Archange Touadéra, dans son discours incroyable,  a pointé l’usage excessif et irrationnel des médicaments, les erreurs de prescription et surtout l’automédication. Il a rappelé que la santé concerne chacun et qu’il faut une mobilisation générale pour diminuer la circulation des médicaments de la rue.

 

Il a encouragé ceux qui exercent encore illégalement la pharmacie et la médecine dans les quartiers et dans les marchés à arrêter tout de suite, car personne n’est au-dessus de la loi. L’Association nationale des vendeurs de produits pharmaceutiques, par la voix de son secrétaire général Jules-Olivier Bollet-Ballemont, a promis de collaborer avec le ministère de la Santé publique.

 

Cette association a remis à l’empereur les médicaments falsifiés qui ont ensuite été détruits. Elle dit aider le gouvernement à lutter contre les médicaments falsifiés et les produits nuisibles. Elle lance un appel à ses membres pour qu’ils vendent seulement des produits autorisés par les autorités sanitaires et l’Organisation mondiale de la santé. Un comité d’experts multisectoriels sera créé pour coordonner des travaux de recherche.

 

Voilà le discours officiel prononcé lors de la Journée mondiale de la santé.

 

En réalité, les choses se passent autrement. Les gens se soignent dans la rue parce qu’ils n’ont pas les moyens. Les pharmacies légales vendent les médicaments en boîte entière ou en plaquette complète. Le prix est élevé. Même à l’hôpital, les stocks manquent souvent. Quand un enfant a mal à la tête dans une famille, il faut agir vite. Dans une pharmacie légale, il faut acheter toute la boîte, ce qui peut coûter plus de 2 000 francs. Dans le quartier ou au marché, on vend le comprimé par pièce à 25 francs. Avec 50 francs on prend deux médicaments, on les donne à l’enfant et le mal de tête disparaît. C’est simple, c’est accessible et c’est ce que la pauvreté impose.

 

Les médicaments vendus dans la rue ne sortent pas du néant. Beaucoup proviennent des ONG internationale comme le MSF, des pharmacies légales : des employés les volent et les revendent aux vendeurs des quartiers et des marchés. Parfois la conservation pose problème. Mais le point central reste le manque d’argent. Les vrais médicaments, ceux qui respectent toutes les normes, restent rares pour la majorité des citoyens.

 

L’empereur dit que tout le monde doit mettre la main à la pâte. Pourtant, lui et son ministre de la Santé dirigent le pays depuis plus de dix ans. Pendant tout ce temps, la situation n’a pas progressé. Elle est devenue pire. Il n’y a que trois, quatre ou cinq pharmacies légales dans la capitale. Elles ferment tôt, ouvrent tard ou mettent en place un système de garde très limité. Quand les gens n’ont plus d’autre choix, ils vont dans les quartiers. Si ces points de vente disparaissaient du jour au lendemain, le taux de mortalité monterait encore plus haut.

 

Le pays vit en total chaos depuis des années. Les Centrafricains sont les premières victimes. La pauvreté absolue pousse les familles à choisir le comprimé à 25 francs plutôt que la boîte à 2 000 francs. Le discours de l’empereur ne change rien à cette réalité quotidienne. L’inaction du gouvernement pendant plus de dix ans a laissé le système de santé dans cet état. Annoncer un comité d’experts et demander à tout le monde de collaborer ne remplace pas les manques concrets : médicaments abordables, stocks réguliers dans les hôpitaux, pharmacies ouvertes et accessibles à tous.

 

Les vendeurs de la rue existent parce que le système officiel ne répond pas aux besoins des citoyens pauvres. Les Centrafricains n’ont pas choisi cette situation. Ils la subissent chaque jour quand ils cherchent à soigner un enfant, un parent ou eux-mêmes avec les moyens qu’ils ont. Le discours officiel parle de lutte collective. La réalité montre que cette lutte doit d’abord passer par des actes concrets du gouvernement : rendre les médicaments accessibles, pas seulement interdire ce que la pauvreté a rendu nécessaire.

 

Par Alain Nzilo

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