Éducation en Centrafrique : comment Touadéra organise Le grand désastre éducatif dans le pays

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Éducation en Centrafrique : comment Touadéra organise Le grand désastre éducatif dans le pays

 

Éducation en Centrafrique : comment Touadéra organise Le grand désastre éducatif dans le pays
Image d’illustration des élèves dans une salle de classe à Bangui

 

Rédigé le 29 mai 2026 .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

Des salles de classe bondées, 250 élèves par pièce, des enseignants formés mais laissés pour compte : l’éducation en Centrafrique est sur le point de s’effondrer totalement. Depuis plus de dix ans, le régime de Faustin-Archange Touadéra a méthodiquement démantelé le système scolaire public. Résultat ? Une génération sacrifiée, des écoles transformées en entrepôts, et une privatisation qui enrichit quelques-uns sur le dos des plus pauvres.

 

À Bangui comme dans les ville de provinces, l’école publique n’est plus qu’un leurre. Les classes sont remplies à craquer, les enseignants, payés une misère, peinent à faire leur travail. 250 enfants entassés dans une seule salle : comment apprendre dans ces conditions ?

 

Le gouvernement des bras cassés de Touadéra a littéralement abandonné son rôle premier. Au lieu d’investir, il a choisi de sous-traiter l’éducation à la Banque mondiale, qui embauche des enseignants sous contrats précaires.

 

Jeremi Goga Nzapayeke, secrétaire général du SYNEAC, ne mâche pas ses mots : « On ne peut pas construire une école de qualité sur la précarité. » Pourtant, c’est exactement ce que fait le pouvoir en place. Seulement 1 782 enseignants ont un statut stable. Les autres, plus de 6 000, survivent grâce à des contrats temporaires financés par des bailleurs de fonds. L’État a renoncé à sa mission.

 

La Banque mondiale : une solution ou un piège ?

Entre 2021 et 2023, aucun enseignant n’a été intégré dans la fonction publique. À la place, la Banque mondiale a embauché des diplômés des centres de formation publics… pour leur offrir des salaires de misère , mais vaut mieux que rien : 70 000 francs CFA par mois pour un maître d’école, 100 000 francs CFA pour un enseignant de lycée. Des conditions indignes, sans sécurité, sans droits.

 

Le pire ? L’argent public sert à former ces enseignants… pour que le privé en profite. Les Centres pédagogiques régionaux (CPR) diplôment chaque année des centaines de professeurs. Mais faute de postes publics, ils n’ont d’autre choix que de se tourner vers le privé, où les salaires sont encore plus bas : 50 000 francs CFA par mois dans certaines écoles. C’est un scandale. L’État forme, le privé exploite.

 

Privatisation : une fausse solution

La privatisation de l’éducation n’est pas une réponse, c’est une escroquerie. L’Internationale de l’Éducation l’a démontré : la privatisation affaiblit l’école, elle ne la sauve pas. En Centrafrique, elle creuse les inégalités, crée des écoles à deux vitesses, et transforme l’éducation en business pour une poignée de profiteurs.

 

Où sont les données officielles ? Le ministère se tait. Combien d’écoles privées existent ? Combien d’élèves y sont inscrits ? Personne ne le sait. Le flou est une arme. Il permet au gouvernement de dissimuler l’ampleur de la catastrophe.

 

Les syndicats : des ennemis à abattre

Au lieu d’écouter les enseignants, le régime Touadéra les traite en adversaires. « En Centrafrique, les syndicalistes sont considérés comme des ennemis, » dénonce Nzapayeke. Un gouvernement qui méprise ceux qui éduquent est un gouvernement qui méprise l’avenir.

 

Cette hostilité s’inscrit dans une logique globale : face à la crise éducative, les États préfèrent réprimer plutôt qu’agir. En Centrafrique, comme ailleurs, les enseignants qui résistent sont des cibles.

 

Touadéra et son gouvernement : responsables d’un gâchis historique

La campagne « La force du public : ensemble on fait école ! » de l’Internationale de l’Éducation est un appel urgent au changement. Ce que demande le peuple centrafricain, ce ne sont pas des contrats précaires, mais des enseignants stables, respectés, et correctement payés. Ce que demande le peuple, c’est un État qui assume ses responsabilités.

 

Mais Touadéra et son équipe ont fait un autre choix :

– Sous-financer l’école publique jusqu’à l’épuisement.

– Privatiser l’éducation pour enrichir une élite.

– Ignorer les syndicats pour étouffer toute opposition.

– Laisser 250 enfants s’entasser dans des classes comme du bétail.

 

C’est une trahison. Une trahison dont les responsables ont un nom : Touadéra, ses ministres, et tous ceux qui, depuis des années, pillent la Centrafrique au lieu de la construire.

 

L’école centrafricaine ne peut pas mourir en silence. Les enseignants, les parents, les élèves doivent se lever. Le régime Touadéra doit rendre des comptes. L’éducation n’est pas une variable d’ajustement, c’est un droit fondamental.

 

Comme le dit Nzapayeke : « Nous avons besoin d’enseignants intégrés, respectés et soutenus. » Nous avons surtout besoin d’un gouvernement qui cesse de trahir son peuple.

 

Par Alain Nzilo

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