Le directeur de la Sécurité routière, Cyr Gédéon Ngaïssé passe à la radio et vide son sac : une direction qui existe seulement sur le papier

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Le directeur de la Sécurité routière, Cyr Gédéon Ngaïssé  passe à la radio et vide son sac : une direction qui existe seulement sur le papier

 

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

Pour une fois, un responsable du Ministère des Transports n’a pas tourné autour du pot. Invité sur Guira FM dans l’émission « Circulation routière », Cyr Gédéon Ngaïssé, directeur de la circulation et de la sécurité routière, a passé près d’une heure à décrire en détail les trois services qu’il est censé diriger : prévention et sensibilisation, délivrance des permis de conduire, et contrôle technique des véhicules.

 

Il a expliqué comment ces services devraient fonctionner : éduquer les conducteurs et les piétons, vérifier les documents avant de prendre la route, contrôler l’état des voitures et des bus, lutter contre les transformations sauvages qui transforment des véhicules de 12 places en engins de 18 places avec des sièges mal soudés, refuser les épaves trop anciennes, organiser les examens pour les permis, etc.

 

Tout cela a été présenté de manière claire et pédagogique, comme un cours magistral sur ce que la direction devrait faire pour rendre les routes plus sûres.

 

Mais au moment où le journaliste lui a demandé s’il avait les moyens de mettre tout cela en pratique, le directeur a répondu sans filtre. Pas de véhicules de service pour se rendre sur le terrain. Pas de budget pour collecter les données des accidents ou identifier les zones dangereuses. Pas d’internet pour travailler avec la police et la gendarmerie. Pas de formation spécialisée pour ses agents, seulement des généralistes. Le service des capacités professionnelles est bloqué depuis des années par des désaccords sur les taux avec la mairie. Impossible de descendre régulièrement pour sensibiliser les taxis-motos ou contrôler les bus.

 

En résumé, la direction chargée de la sécurité routière en Centrafrique n’a presque aucun outil pour accomplir les missions que l’État lui a confiées.

 

Cyr Gédéon Ngaïssé a terminé en lançant un appel direct : au gouvernement pour augmenter le budget, à la MINUSCA, à l’OMS et aux autres partenaires pour fournir même des vieux véhicules, afin que son équipe puisse enfin sortir du bureau et agir.

 

Cette intervention change complètement du discours habituel. Au lieu de promettre des campagnes ou d’annoncer des mesures qui ne voient jamais le jour, le directeur a choisi de montrer la réalité nue : une administration qui sait exactement ce qu’il faut faire, mais qui reste paralysée par le manque total de moyens depuis des années.

 

Les Centrafricains entendent tous les jours parler d’accidents, de blessés dans les hôpitaux, de motos qui circulent sans règles. Aujourd’hui, ils ont entendu de la bouche même du responsable que la structure supposée régler ces problèmes n’a ni les outils, ni les ressources pour le faire.

 

C’est une situation rare dans l’administration centrafricaine : un directeur qui reconnaît publiquement les limites de son service au lieu de les cacher. Cela pose une question simple et directe au gouvernement et aux partenaires : maintenant que tout le monde sait que cette direction tourne à vide, que comptez-vous faire pour lui donner les moyens réels d’exister ?

 

Par Brahim Sallé

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