Pas de marché, pas d’agriculture : Yalinga meurt de faim pendant que Bangui et ses partenaires font semblant de développer

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Yalinga crève la dalle. C’est aussi simple et aussi violent que ça.

 

Un an et demi après l’arrivée de la sous-préfète Natacha Gwladys Akani, il n’existe toujours aucun marché digne de ce nom dans la localité. Les rares produits champêtres qu’on y voit encore se comptent sur les doigts d’une main. Les habitants survivent comme ils peuvent, mais la faim reste leur compagnon le plus fidèle.

 

Mme Akani ne tourne pas autour du pot : après toutes les années de chaos que le pays a connues, Yalinga est resté totalement livré à lui-même. Résultat ? Pas de marché. Pas d’activités agricoles organisées. Rien. Le vide total.

 

Pas de marché, pas d’agriculture : Yalinga meurt de faim pendant que Bangui et ses partenaires font semblant de développer

Et pendant ce temps, Bangui et ses fameux partenaires continuent leur petit jeu habituel : ils annoncent des efforts, ils disent qu’ils « structurisent » la zone, ils font des discours. Mais sur le terrain, rien ne bouge vraiment. On ne peut pas tout faire en même temps, paraît-il. Sauf que la population, elle, ne peut pas attendre « un peu de temps » pour manger.

 

Le plus rageant dans cette histoire, c’est que personne ne semble prêt à s’attaquer sérieusement au vrai problème : relancer l’agriculture. La sous-préfète elle-même lance un appel désespéré pour qu’on envoie enfin des agronomes, des techniciens agricoles, et surtout des graines. Parce qu’aujourd’hui, les paysans de Yalinga sont abandonnés à leur sort, sans formation, sans intrants, sans aucun soutien concret.

 

On préfère construire une belle gendarmerie bien équipée et un bureau de sous-préfecture impeccable, ça fait joli sur les photos. Mais laisser les gens sans marché et sans possibilité de produire leur propre nourriture, ça, visiblement, ce n’est pas urgent.

 

C’est le même vieux schéma qui se répète partout en Centrafrique : on sécurise un minimum pour dire qu’on a fait quelque chose, on pose quelques briques pour l’affichage, et on laisse l’économie locale pourrir sur pied. Les partenaires internationaux déversent des millions dans des projets qui finissent en rapports bien écrits, pendant que les femmes et les hommes de Yalinga continuent à gratter la terre avec presque rien.

 

Yalinga ne demande pas la lune. Il demande simplement qu’on arrête de faire semblant. Qu’on envoie de vrais techniciens. Qu’on distribue des semences adaptées. Qu’on organise enfin un marché où les paysans pourront écouler ce qu’ils produisent. Et qu’on sorte de cette hypocrisie permanente où l’on célèbre le « retour de l’État » alors que les ventres restent vides.

 

Tant que Bangui et ses partenaires continueront à traiter l’agriculture de Yalinga comme un détail secondaire, la localité ne se relèvera pas. Elle continuera simplement à survivre, la faim au ventre, pendant que d’autres se congratulent pour des avancées qui n’existent que dans leurs communiqués.

 

La vérité est sans appel : à Yalinga, aujourd’hui, il n’y a ni marché ni agriculture. Et tant que ce double vide ne sera pas comblé, tout le reste n’est que poudre aux yeux.

 

Par Moïse Banafio

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