« Notre cerveau vaut plus que le diamant »: : Ulrich Grawah veut allumer la jeunesse centrafricaine

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« Notre cerveau vaut plus que le diamant » : Ulrich Grawah veut allumer la jeunesse centrafricaine

 

 

« Notre cerveau vaut plus que le diamant » : Ulrich Grawah veut allumer la jeunesse centrafricaine
Ulrich Grawah

Rédigé le 17 mars 2026 .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

 Ulrich Grawah est le fondateur de Light Africa, une initiative née à Bangui avec l’ambition de transformer la manière dont les jeunes centrafricains envisagent leur avenir. Rencontré à Cantonnier, il a accepté de répondre aux questions de CNC sur sa démarche, sa vision et le message qu’il entend porter à une génération qu’il estime trop longtemps maintenue dans l’attente. Light Africa propose aujourd’hui des formations en marketing de réseau, couture, informatique et vannerie, avec pour objectif à court terme d’ouvrir un centre professionnel intégrant également la mécanique et la menuiserie.

 

CNC : Monsieur Grawah, pouvez-vous vous présenter ?

 

Ulrich Grawah : Je suis Ulrich Grawah, responsable de Light Africa.

 

CNC : Qu’est-ce que Light Africa, précisément ?

 

Ulrich Grawah : Light Africa, c’est littéralement « la lumière de l’Afrique ». L’idée, c’est d’apporter quelque chose de plus pour éclairer ce continent, en commençant concrètement par la République centrafricaine.

 

CNC : Quelle est la vision que vous portez à travers cette initiative ?

 

Ulrich Grawah : Notre vision, c’est de former davantage de créateurs d’emplois. Nous voulons produire des employeurs, pas seulement des employés. C’est une rupture dans la façon de penser la formation.

 

CNC : Quelles sont vos attentes à l’égard des jeunes filles et garçons que vous rencontrez ici à Cantonnier ?

 

Ulrich Grawah : Ce que j’attends d’eux, c’est qu’ils se lèvent. Qu’ils rompent avec l’ancien paradigme qui consiste à rester sur place, à attendre que les choses viennent à eux. Je leur dis de se lancer dans l’entrepreneuriat, de chercher à être autonomes, de prendre leur destin en main.

 

CNC : Vous évoquez un « ancien paradigme ». Quelles sont, selon vous, les habitudes qui freinent les jeunes Centrafricains ?

 

Ulrich Grawah : L’habitude qui nous tue, c’est de remettre notre vie entre les mains des autres : le gouvernement, les parents, les organisations internationales. On attend que tout vienne d’ailleurs. La question qu’on devrait se poser n’est pas « qu’est-ce que mon pays peut faire pour moi ? », mais bien « qu’est-ce que moi, je propose à mon pays ? » C’est ce changement de mentalité que je cherche à provoquer.

 

CNC : Dans les médias, on entend souvent des appels au gouvernement pour former les jeunes, financer des programmes, réhabiliter des infrastructures. Est-ce que c’est cela, selon vous, l’ancienne habitude ?

 

Ulrich Grawah : Exactement. Cette logique de croiser les bras en attendant que tout vienne du gouvernement ou des ONG, c’est ce qui nous paralyse. Dieu n’a pas donné des richesses uniquement aux uns. Il nous a tous dotés d’un cerveau. Et ce cerveau, si on apprend à l’utiliser, à innover, à créer, il vaut bien plus que tout le pétrole ou le diamant du sous-sol. Le problème, c’est qu’on a oublié cette richesse-là. Il faut la réveiller.

 

CNC : Étant vous-même jeune, quels sont vos objectifs personnels pour les années à venir ?

 

Ulrich Grawah : Mon objectif, c’est d’impacter ma localité, puis mon pays. Dans les années à venir, je veux pouvoir m’asseoir avec des membres du gouvernement et leur montrer ce que j’apporte concrètement à la République centrafricaine. Pas des discours : des résultats. Des jeunes formés, devenus eux-mêmes créateurs d’emplois.

 

CNC : Votre initiative est-elle soutenue ou subventionnée par des ONG ou des bailleurs de fonds ?

 

Ulrich Grawah : Pour l’instant, non. Et ce n’est pas le point de départ que nous avons choisi. L’idée, c’est de se battre d’abord, de construire quelque chose de solide par nos propres moyens, et d’atteindre un niveau qui donne envie d’accompagner l’initiative. Nous ne refusons pas l’aide si elle vient, mais nous ne la posons pas comme condition.

 

CNC : Quel message souhaitez-vous adresser à la jeunesse africaine, et plus particulièrement à celle de Cantonnier ?

 

Ulrich Grawah : Mon message est simple : regardez ce qui se passe ailleurs dans le monde. Les jeunes innovent, créent, bougent. Ils ne se reposent pas sur les autres. C’est ce que nous devons faire ici aussi. Arrêtons d’accuser le gouvernement, les parents, les étrangers. Reprenons notre avenir en main. Décidons. Créons. C’est maintenant.

 

Entretien réalisé par CNC

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