Le MCU, usine à faux diplômes : comment le parti au pouvoir fabrique ses députés avec des faux documents

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Le MCU, usine à faux diplômes : comment le parti au pouvoir fabrique ses députés avec des faux documents  

la députée sortante, Madame TOHOMAN CHANTAL MERVEILLE, dont le niveau scolaire réel ne dépasserait pas le CP2Merveille, La député sans bac de Kabo, illétrée
Madame TOHOMAN CHANTAL MERVEILLE, La député sans bac de Kabo, illétrée

 

 

Rédigé le 10 mars 2026 .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

Dans un pays où la moitié des élus ne sait ni lire ni écrire, le parti au pouvoir a transformé la fraude documentaire en méthode de gouvernance ordinaire.

 

En effet, la nouvelle constitution de 2023, adoptée illégalement dans le cadre du troisième mandat de Touadéra, a introduit une exigence inédite : tout candidat aux législatives doit détenir au minimum le baccalauréat. Une règle qui semblait vouloir élever le niveau de l’Assemblée nationale, là où la sixième législature comptait déjà 45 % d’élus analphabètes, et la septième près de 52 %.

 

Mais cette règle, le MCU lui-même n’a pas su,  ou voulu,  la respecter.

 

Car la quasi-totalité des candidats investis par le Mouvement des Cœurs Unis ne possède tout simplement pas le diplôme requis. Certains n’ont jamais obtenu le certificat d’études primaires.

 

Plutôt que d’écarter ces profils, le parti a choisi une autre voie : produire, en volume, de faux documents scolaires. C’est ainsi qu’une véritable chaîne de fabrication s’est mise en place, entre complaisances aux examens officiels et faussaires opérant dans les quartiers de Bangui.

 

Parmi les noms qui reviennent dans ce circuit, celui de Daniel Nzéwé, recteur de l’université de Miskine,  un centre de production en masse de faux diplômes. Lui-même candidat aux législatives, Nzéwé disposerait d’un vrai baccalauréat, mais son parcours judiciaire et moral reste, selon plusieurs sources, particulièrement chargé.

 

Mais ce qui dépasse tout, c’est la ville de Kabo, dans la préfecture de l’Ouham-Fafa. Dans cette ville , son cas illustre à elle seule l’ampleur du phénomène. Sur les huit candidats aux législatives en lice dans cette circonscription, 7 sont du partis au pouvoir, dont cinq sont titulaires de diplômes falsifiés. Parmi eux, la députée sortante, Madame TOHOMAN CHANTAL MERVEILLE, dont le niveau scolaire réel ne dépasserait pas le CP2,  la deuxième année du cours préparatoire. Elle a néanmoins présenté un faux document attestant sa « capacité en droit » comme équivalent du baccalauréat, un document que le tribunal administratif s’est précipité pour valider, malgré les recours déposés par des candidats adverses.

 

Même le Conseil constitutionnel a botté ses recours en touche, estimant que la question des diplômes relevait déjà du tribunal administratif. L’élection de Kabo a finalement été annulée, et une nouvelle élection législative partielle devra être organisée dans cette circonscription. Pendant ce temps, les recours s’accumulent dans une cinquantaine, voire une soixantaine d’autres circonscriptions à travers le pays.

 

TOHOMAN CHANTAL MERVEILLE député sortant de kabo. Sans bac, elle échappe au Tribunal Administratif par corruption, le Conseil Constitutionnel se déclare incompétent de juger cette forfaiture. A quoi sert leur constitution bidon ?

 

Ce que cette situation dit aux enfants centrafricains qui fréquentent encore les bancs de l’école est peut-être le plus grave : que le diplôme n’ouvre aucune porte que l’argent ou la complicité politique ne peut pas ouvrir plus vite. Si les analphabètes siègent au Parlement et les faussaires à l’université, à quoi bon apprendre ?

 

À ce rythme, la prochaine législature pourrait compter jusqu’à 60 % de députés sans formation réelle, en dépit — et à cause — de la règle du baccalauréat que le MCU a lui-même contribué à vider de tout sens.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Crépin Zarami

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