Ouadda-Maïkaga : conflit intense entre le capitaine, chef de détachement des FACA, et ses soldats

0
100

Ouadda-Maïkaga : conflit intense entre le capitaine, chef de détachement des FACA, et ses soldats

 

Ouadda-Maïkaga : conflit intense entre le capitaine, chef de détachement des FACA, et ses soldats
Des soldats FACA et leurs supplétifs russes noirs de retour du chantier minier de Keye, à 10 kilomètres de Ouanda-Djallé sur l’axe de Ouadda-Maïkaga

 

Rédigé le 26 février 2026 .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

 Un vent de colère souffle sur le détachement des forces armées centrafricaines (FACA) de Ouadda-Maïkaga, où les soldats et leur capitaine se regardent désormais en chiens de faïence.

 

Dans bien des garnisons du pays, les tensions entre chefs et subordonnés restent rares et vite étouffées. Mais à Ouadda-Maïkaga, localité de la préfecture de la Haute-Kotto, distante de 204 km de Bria, la situation a pris une tout autre tournure, et les langues se sont déliées.

 

Depuis leur arrivée dans cette ville de la Haute-Kotto, les militaires sous les ordres de ce capitaine affirment n’avoir jamais touché leur Prime Globale d’Alimentation, la PGA. Pourtant, selon eux, l’état-major aurait bel et bien acheminé ces fonds jusqu’à destination. C’est leur propre chef qui, disent-ils, aurait intercepté l’argent sans jamais le redistribuer aux intéressés.

 

Ce qui met davantage le feu aux poudres, c’est l’usage que ces soldats attribuent à cet argent détourné. Le capitaine aurait utilisé ces fonds pour bâtir des maisons en tôle à ses maîtresses dans la ville même où il commande. La première bénéficiaire, la maîtresse du capitaine, installée derrière l’hôpital d’Ouadda-Maïkaga, aurait reçu un logement neuf, une cave et même une auberge.

 

Et ce n’est pas tout. Une deuxième femme, musulmane, résidant derrière l’école de la ville, aurait elle aussi bénéficié d’une maison en tôle. En plus du logement, le capitaine lui aurait remis des fonds pour lancer un commerce de viandes boucanées, les charmoutes, un commerce qui génère des revenus considérables dans cette partie du pays.

 

Au-delà de ces accusations de détournement, c’est une autre affaire qui a fait basculer la situation dans quelque chose de plus grave. Un caporal-chef du détachement a perdu sa mère, puis son père, en l’espace de quelques mois. À chaque deuil, l’état-major a produit les documents nécessaires pour lui permettre de rentrer à Bangui. À chaque fois, le capitaine a opposé un refus catégorique.

 

Bloqué loin des siens dans les moments les plus douloureux de son existence, ce caporal-chef continuait de dormir dans l’ancienne base laissée vacante par la Minusca après son départ d’Ouadda-Maïkaga. Un soir, après avoir consommé de l’alcool chez l’une de ses maîtresses, le capitaine s’est rendu dans cette base et y a mis le feu. Il a également désarmé le caporal-chef et conserve son arme depuis lors.

 

Ce qui laisse incompréhensible les habitants de la zone, c’est que les soldats de ce détachement se montrent calmes et respectueux envers la population locale. Dans la plupart des villes de province, ce sont les chefs qui servent de rempart face aux débordements de leurs hommes. Ici, c’est l’inverse qui se produit, et le capitaine détaché à Ouadda-Maïkaga semble avoir inversé tous les repères habituels de commandement.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Moïse Banafio

Rejoignez notre communauté

Chaine officielle du CNC

Invitation à suivre la chaine du CNC

CNC Groupe 3

CNC groupe 4

CNC groupe le Soleil

Note : les deux premiers groupes sont réservés  uniquement aux publications officielles du CNC