Centrafrique : Vaste opération de déguerpissement des ex-combattants dans les casernes militaires

Publié le 5 novembre 2017 , 3:29
Mis à jour le: 5 novembre 2017 3:29

Centrafrique : Vaste opération de déguerpissement des ex-combattants dans les casernes militaires

 

Le déguerpissement des combattants Séléka dans le camp BSS à Bangui. Credit photo : Fred Krock, copyrightCNC.

 

 

Bangui, le 6 octobre 2017.

Par : Fred Krock, CNC.

 

C’est au Camp de Bataillon de soutien et de services (BSS) qu’a eu lieu le lancement officiel de cette campagne de déguerpissement de tous les ex-combattants, environ 1000 hommes cantonnés à Bangui depuis la fin du régime Djotodia. Mme Marie Noëlle Koyara, Ministre de la Défense nationale a personnellement lancé l’opération, ce jeudi 2 novembre 2017, en présence des membres de son cabinet dont Général Jean-Pierre Dolowaya et les responsables dudit site de cantonnement dont général Abdel Kader Moussa.

S’il y a un temps pour toute chose, le temps du redéploiement des Forces armées centrafricaines (FACA) tant attendu semble arrivé. La tendance parait irréversible. Au même moment où Antonio Guterres, Secrétaire général de l’Onu annonce ostensiblement l’intention des Nations unies à soutenir le réarmement et le redéploiement des FACA, sur le terrain, la Ministre en charge de la Défense nationale prépare de l’espace pour accueillir ces derniers. Leurs équipements et l’armement de l’armée qui devront bientôt être mobilisés vont devoir être sécurisés dans des lieux indiqués, notamment les casernes.

C’est du moins en cela que se justifie la vase campagne de déguerpissement des ex-combattants cantonnés dans les camps de BSS, Camp-Béal et RDOT à Bangui. Ils sont au moins mille (1000) hommes, les ex-combattants concernés, repartis dans les trois sites.

Au lancement officiel de cette opération, Mme Marie Noëlle Koyara, Ministre de la Défense nationale est revenue sur les motivations réelles du gouvernement à cet effet. « Vous savez que les camps BSS et RDOT sont des casernes militaires. A un moment donné, la crise que notre pays a connue a fait que certains enfants du pays n’avaient pas de lieu où habiter. Ils ont occupé ces casernes. Après plusieurs négociations avec les cadres du Ministre de la Défense nationale, ceux de l’équipe DDR et les Cadres du Ministère des Affaires sociales et les responsables de la MINUSCA, nous avons convenu de ce qu’ils libèrent les lieux », a indiqué le Membre du gouvernement, après une brève séance d’échanges avec les leaders de ces ex-combattants regroupés au camp BSS.

En faisant le déplacement du camp BSS, la Ministre de la Défense nationale n’entend qu’une seule chose, le remerciement du gouvernement et du Président de la République. Puisque, selon elle, c’est un acte patriotique louable que ces ex-combattants aient accepté de quitter tranquillement ces camps militaires et regagner leurs localités respectives.

« Aujourd’hui, c’est le début du déménagement », a martelé Mme Koyara qui explique que « c’est pour cela que je suis venue personnellement pour remercier tous ces ex-combattants, nos enfants, nos filles, nos frères qui sont ici, pour leur sens patriotique  d’avoir accepté de libérer ces lieux, afin de permettre à l’armée de retrouver ses installations au moment où nous parlons du redéploiement de l’armée qui va en faire bon usage. Ils ont compris que lorsque tu aimes ton pays et qu’il a besoin de toi, tu dois répondre ». Le membre du gouvernement a ajouté que l’armée est à l’étroit aujourd’hui.

A en croire général Jean-Pierre Dolowaya, un Comité a été mis en place depuis quelques mois avec pour mission de discuter les modalités de ce déguerpissement pour ne pas donner l’impression de « forcer les gens ». Evidemment, l’officier a fait savoir qu’un certain nombre de désidératas ont été présentés par les occupants actuels de ces casernes, notamment des revendications allant de leur sécurité post-déguerpissement aux moyens financiers pour la transition, le temps pour eux de s’intégrer dans leurs nouvelles localités. Malgré une opposition des ex-combattants à une première proposition faite par le gouvernement, un terrain d’entente a finalement été trouvé dans le dialogue.

Le général Abdel Kader Moussa, un des responsables des occupants du camp BSS s’est réjoui de l’heureux aboutissement des négociations qui ont permis le départ en douceur de ces ex-combattants. Toutefois, il a relevé que la grande inquiétude reste que les ex-combattants souhaitent avoir des cartes qui leur permettent d’être identifiés comme des candidats au DDR.

Notons que le premier jour de l’opération a été consacré au déguerpissement des éléments du camp BSS, s’en suivra le Camp Beal, puis le camp RDOT.

 

Copyright2017CNC.

 

Image murale du camp BSS à Bangui. Credit photo : Fred Krock, copyrightCNC.

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