Zéro impunité : Un an après, comment expliquer cette perversion outrancière de la morale politique et de la justice en Centrafrique ?

Publié le 18 avril 2022 , 5:22
Mis à jour le: 18 avril 2022 5:22

 

Édito rédigé par Ben Wilson NGASSAN, Observateur de la vie publique.

Publié par Corbeaunews Centrafrique (CNC), le lundi 18 avril 2022

 

Bangui (CNC) – Le 30 Mars 2021, il y a de cela un an et dix-huit jours, le Président de la République prêtait serment pour un second mandat acquis au forceps, car n’ayant été « réélu » dès le premier tour qu’avec moins de 25% du corps électoral. Du haut de la chaire, l’homme du 30 Mars déclara, et j’étais un témoin oculaire : « Pour ce second mandat, l’impunité pour tous les crimes commis en Centrafrique est la ligne rouge à ne pas franchir ». Rappelons-le, c’était sous les ovations de ses fanatiques que ce discours avait été tenu. Certains observateurs commençaient même à accorder du crédit de confiance au discours de l’homme, espérant que pour cette fois la dame justice allait sévir depuis le palais de Mandjo contre tous les criminels politiques et économiques. En tout cas, en ce temps, l’espoir ne pouvait qu’être permis, car figurez-vous, c’est l’espoir qui fait vivre.
Prestation de serment du Président Faustin Archange Touadera, le 30 mars 2021 dans l'hémicycle de l'assemblée nationale à Bangui. Photo Présidence
Prestation de serment du Président Faustin Archange Touadera, le 30 mars 2021 dans l’hémicycle de l’assemblée nationale à Bangui. Photo Présidence

 

Un an après ce gros scoop médiatique, il faut faire le bilan à mi-parcours. Faisant la revue des réseaux sociaux ce matin, je vois les partisans du régime se féliciter de l’arrestation du général Narkoyo. Un de ces commentateurs les plus loufoques est allé loin pour déclarer : « Après le Win na Win, place à Ngbanga na Ngbanga ». J’en ai ri au sein de ma mini bibliothèque.

 

La pensée qui m’a traversée et qui me hante en écrivant ces quelques lignes est la suivante :

-Hassan Bouba est-il déjà démis de ses fonctions et remis à la justice ?

-Abdoulaye Hissene jugé par contumace a-t-il déjà fini de purger de sa peine ; les rumeurs de sa très prochaine nomination au gouvernement sont-elles fausses ou bien on en sera encore servi, sous peu, nous les victimes ?

-La Mairie de Bangui, le ministère des finances, le Parlement, le Ministère de la Défense où pèsent des grands rapports de la Cour des Comptes ou encore de l’inspection Générale de l’État ont-ils déjà rendus à la justice leurs criminels économiques ?

 

Hier Bozoumgate, Beckergate, Renaissance Gate. Qu’avons-nous fait de tous ces crimes économiques odieux ? Ou cette justice pour tous ne doit sévir que pour les autres ?

 

En pervertissant la morale politique et en baillônnant la justice, la vraie, nous sommes entrain d’empêcher ce pays d’aller vers la vraie réconciliation et le renouveau.

 

En Centrafrique, les dernières années ont vidé les discours politiques de toute crédibilité. De moins en moins, le Peuple croit à ses dirigeants. Entre les discours et la réalité, il y a encore un grand gap à combler.

 

 

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