Zawa : une femme enceinte hospitalisée après des violences à la gendarmerie

Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Une femme enceinte se trouve actuellement hospitalisée à l’hôpital à Zawa, commune de Guezeli, préfecture de l’Ombella-Mpoko, à 245 km de Bangui, après avoir été brutalisée par des gendarmes.
En effet, tout a commencé samedi dernier par une altercation violente sur un chantier minier situé à quelques kilomètres de la ville de Zawa. Deux ouvriers miniers en sont venus aux mains. L’un des belligérants a alors appelé les gendarmes pour intervenir.
À leur arrivée sur le chantier, les gendarmes ont procédé à l’arrestation massive de tous les présents. Parmi les personnes interpellées figuraient non seulement les deux ouvriers impliqués dans la bagarre, mais également des témoins qui assistaient simplement à la scène. Une femme enceinte, de passage, se trouvait parmi ces personnes arrêtées arbitrairement par ces gendarmes.
Tous les interpellés ont été conduits à la brigade de la gendarmerie de Zawa. Arrivés au poste, plutôt que de procéder à un interrogatoire normal pour distinguer les participants à la bagarre des simples témoins, les gendarmes ont immédiatement fixé leurs conditions : 500 000 francs CFA par personne pour être libéré. Ceci dit, leur intérêt n’était manifestement pas de faire la justice, mais de racketter ces personnes.
C’est à ce moment qu’un proche de la femme enceinte est intervenu auprès des gendarmes. Il leur a expliqué que cette dame n’avait aucun lien avec la bagarre, qu’elle n’avait fait que passer et assister à la scène. Il a insisté sur le fait qu’étant enceinte, elle devait être libérée immédiatement. Le proche a également fait remarquer aux gendarmes que puisque l’affaire concernait un conflit minier, elle relevait de la compétence de la brigade minière de Yaloké et non de celle de la brigade territoriale de Zawa.
Ces observations ont provoqué la colère des gendarmes. Ils ont estimé qu’on cherchait à leur apprendre leur métier. Par vengeance, ils ont décidé de garder la femme enceinte en cellule, comme pour punir son proche d’avoir osé leur tenir tête.
Une fois enfermée dans la cellule, la femme a commencé à ressentir des besoins pressants pour faire de pipi. Elle a demandé aux gendarmes de la laisser sortir pour uriner, expliquant qu’elle ne pouvait pas faire ses besoins dans la cellule. Les gendarmes l’ont accompagnée dehors. Elle est revenue en cellule.
Quelques minutes plus tard, la femme a de nouveau demandé à sortir pour uriner. C’était probablement l’effet de la tension et du stress de son arrestation arbitraire. Mais les gendarmes ont interprété cela différemment. Ils ont pensé qu’elle se moquait d’eux, qu’elle faisait semblant d’avoir envie d’uriner pour les déranger.
Lorsqu’elle a demandé une troisième fois à sortir, la situation a basculé dans la violence. Les gendarmes, convaincus qu’elle jouait avec eux, l’ont accompagnée dehors. C’est là qu’ils l’ont giflée violemment. Sous l’impact, la femme enceinte est tombée à terre. Les gendarmes ne se sont pas arrêtés. Ils l’ont brutalisée alors qu’elle était au sol, avant de la ramener de force dans la cellule.
Les autres détenus ont protesté, rappelant aux gendarmes que cette femme était enceinte et qu’il était dangereux de la frapper ainsi. Mais les gendarmes ont répondu qu’ils s’en fichaient complètement. Pour eux, elle faisait semblant d’avoir envie d’uriner et méritait d’être corrigée.
Le commandant de la brigade, un certain Sérégaza, n’était pas présent lors de ces événements. Lorsqu’il a appris ce qui s’était passé, il est immédiatement venu sur les lieux en moto. Arrivé au poste, il a réprimandé ses hommes, leur expliquant que leur comportement était inacceptable et risquait de leur causer de graves problèmes.
Les gendarmes se sont défendus en répétant que la femme faisait semblant, qu’elle n’avait rien de grave. Mais leur commandant a insisté : cette situation pouvait dégénérer et il fallait immédiatement conduire la femme à l’hôpital. Ce qui a été fait.
À l’hôpital, les médecins ont examiné la victime. Leur diagnostic a confirmé la gravité de la situation : la femme avait beaucoup saigné. Son état nécessitait une prise en charge urgente. Les médecins ont placé la femme sous perfusion et l’ont gardée en observation.
Malgré le diagnostic médical formel, certains gendarmes continuent de tourner autour de l’hôpital, persistant à dire que la femme simule. Ils affirment que si elle n’a finalement rien de grave, ils vont “corriger encore beaucoup plus” ce qu’ils ont fait. Cette attitude montre leur refus d’accepter la gravité de leurs actes, même face à l’évidence médicale.
Cet acte criminel montre clairement plusieurs dysfonctionnements graves des forces de l’ordre à Zawa. D’abord, l’arrestation de personnes qui n’étaient pas impliquées dans l’altercation. Ensuite, l’exigence de 500 000 francs CFA par personne, qui s’apparente à du racket pur et simple. Puis, la brutalisation d’une femme enceinte pour avoir simplement demandé à satisfaire un besoin naturel. Enfin, le déni des gendarmes face aux conséquences médicales de leurs violences.
Ces gendarmes, qui devraient protéger les populations, se comportent comme des gangsters. Face aux civils désarmés et vulnérables, ils font preuve d’une violence et d’une arrogance inadmissibles. Mais ce sont ces mêmes hommes qui, face à de véritables menaces, montrent souvent leur faiblesse.
Ce comportement discrédie l’ensemble du corps de la gendarmerie nationale. La population ne peut avoir confiance en des forces de l’ordre qui rackettent, brutalisent et menacent les citoyens qu’elles sont censées protéger.
Pour la population de Zawa, les autorités judiciaires et la hiérarchie de la gendarmerie doivent ouvrir une enquête immédiate sur ces faits. Les gendarmes responsables de cette brutalisation doivent être identifiés, suspendus et traduits en justice. La victime et sa famille méritent justice et réparation.
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)