La CENTRAFRIQUE À VENDRE : FAUSTIN TOUADÉRA TRANSFORME LE CONSEIL DES MINISTRES EN COMPTOIR COLONIAL

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On connaissait le Faustin Archange Touadéra enseignant, le Touadéra « mathématicien », et même le Touadéra éboueur du samedi matin, armé de son balai national. Il faudra désormais s’habituer au Touadéra vendeur des patrimoines. Lors du dernier simulacre de Conseil des ministres, le dictateur a officiellement troqué ses habits de garant des institutions contre le tablier d’un gérant de comptoir colonial, transformant le palais de la Renaissance en une vulgaire foire d’empoigne pour capitaux étrangers.

La CENTRAFRIQUE À VENDRE : FAUSTIN TOUADÉRA TRANSFORME LE CONSEIL DES MINISTRES EN COMPTOIR COLONIAL
Touadera et son gouvernement réunis autour de diamant découvert par le collecteur de boubou blanc

 

Au menu de ce grand déballage ? Notre sous-sol, bradé à la découpe sous l’œil bienveillant et complice d’un gouvernement réduit au rang de spectateur.

 

La grande braderie du jeudi : six décrets pour le prix d’un !

Il n’a fallu que quelques heures d’une session ordinaire pour que le sort des richesses de la République centrafricaine soit scellé. Pas moins de six projets de décrets portant attribution de titres miniers ont été validés d’un simple revers de manche. De l’or, des « minéraux connectés », de grandes mines, de petites mines… Il y en avait pour tout le monde.

 

La liste des heureux bénéficiaires se lit comme le registre d’une multinationale transcontinentale : la Société d’achats en groupe, Golden Horizon Investment, DNP Business Mining, ou encore Imperator Ressources. Autant d’entités prêtes à creuser, piller et exporter, pendant que le Centrafricain moyen cherche encore comment s’éclairer le soir.

 

Pour justifier cette curée, le régime brandit fièrement l’article 85 du code minier : l’État recevra « gratuitement » 10 % du capital social des sociétés d’exploitation. Dix petits pourcents. C’est l’aumône coloniale par excellence, la part du pauvre que l’on jette au visage d’un peuple souverain pour faire passer la pilule d’une dépossession totale. Pendant que 90 % des bénéfices s’envoleront vers des comptes offshore, Bangui applaudit sa propre spoliation.

 

La « Police des mines » : Protéger le peuple ou escorter les pilleurs ?

Sentant venir la grogne, le ministère des Mines a trouvé la parade : l’annonce de « l’opérationnalisation de la police des mines ». Pour ce faire, le régime a vu les choses en grand en acquérant 45 hectares de terrain à Landjamboko pour y installer un camp de base.

 

Mais ne vous y trompez pas. Dans un pays où l’insécurité dicte sa loi à quelques kilomètres de la capitale, cette nouvelle force n’a pas pour but de protéger les artisans locaux ou de sécuriser les frontières. Sa véritable mission sera d’assurer l’ordre colonial moderne : protéger les concessions des compagnies privées contre les Centrafricains eux-mêmes, coupables de vouloir glaner quelques miettes de leur propre terre.

 

Le comble du cynisme ? Le gouvernement avoue à demi-mot qu’il n’a pas un centime pour construire ce camp de base et cherche un « partenariat public-privé ». En clair, on demande aux compagnies minières de financer elles-mêmes les policiers qui veilleront sur leurs propres intérêts. La boucle du business d’État est bouclée.

 

Des timbres-poste pour masquer le blackout

Pendant que l’or s’échappe par conteneurs, de quoi débat le reste du gouvernement ? Le ministère de l’Économie numérique est venu fièrement présenter ses « nouveaux timbres-poste » destinés au « rayonnement de la République ». Une priorité absolue, sans doute, pour un pays qui cherche désespérément 1 051 milliards de francs CFA pour son plan national de l’énergie. À défaut d’avoir de l’électricité dans les foyers, les Centrafricains pourront toujours coller des figurines à l’effigie du régime sur des lettres que la poste, de toute façon, mettra des mois à acheminer.

 

Le constat est d’un dégoût total. Entre deux séances de nettoyage de façade au marché de Miskin pour amuser la galerie et des décrets de spoliation économique signés à la chaîne, le régime Touadéra démontre sa vraie nature. Ce gouvernement ne dirige pas, il liquide. Ce Conseil des ministres ne protège pas la patrie, il gère les stocks d’un grand comptoir où la Centrafrique est à vendre, et où le peuple paie la facture.

 

Par Éric Azoumi

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