Centrafrique : Le business de la carte nationale d’identité reprend de plus belle à Ndélé
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Le business des pièces d’identité bat son plein dans le chef-lieu de la préfecture du Bamingui-Bangoran. Une importante partie de la population de Ndélé se voit imposer des contrôles stricts et coûteux par des policiers corrompus.
L’accès à ce document officiel s’apparente désormais à un parcours du combattant financier. Les forces de l’ordre profitent des opérations de délivrance pour imposer des barrières tarifaires purement discriminatoires, installant un climat d’incertitude dans les bureaux d’enregistrement de la ville.
Ce lundi, dès l’ouverture des guichets, de nombreux habitants se sont déplacés partout au sein de l’administration, y compris le tribunal pour déposer leurs demandes de certificats de nationalité et leurs actes de naissance. Très vite, la déception s’est lue sur les visages des demandeurs. Des témoignages concordants indiquent que les agents ont instauré une priorité officieuse, faisant passer les chrétiens en premier rang tout en reléguant les musulmans à l’arrière. Pour ces derniers, la procédure bascule dans l’arbitraire le plus total. Les policiers exigent la présentation de l’acte de naissance du père, puis celui du grand-père.
Pour un commerçant dont la famille a tout perdu lors des événements passés, voir sa maison incendiée signifie aussi avoir vu ses papiers de famille partir en fumée. Demander ces documents à des personnes qui ont grandi ici, dont certaines ne parlent ni le sango ni le français mais uniquement leur langue locale, constitue un piège volontaire.
Les autorités policières, la gendarmerie, le tribunal et la mairie connaissent pourtant parfaitement la population de Ndélé. Ils côtoient chaque jour les commerçants d’origine tchadienne ou soudanaise installés dans la région, et ce sont ces mêmes institutions qui leur délivrent des documents de séjour ou de commerce. La vigilance face à l’infiltration d’étrangers est légitime, mais elle sert ici de couverture pour rançonner des Centrafricains authentiques. Si l’objectif était réellement la vérification, il suffirait d’associer le Sultan et les chefs de quartier pour identifier chaque famille. Au lieu de cela, la police utilise le patronyme comme un outil de tri. Un nom à consonance musulmane devient le signal pour faire monter les enchères, les policiers réclamant ouvertement des sommes folles, atteignant 100 000 voire 200 000 francs CFA pour débloquer le dossier.
Cette réalité douloureuse n’est pas confinée à la préfecture deBamingui-Bangoran . Les habitants des régions reculées partagent la même souffrance face à cette taxe invisible sur leur identité. Le même mécanisme de racket a été documenté à Paoua, dans l’Lim-Pendé, où les paysans subissent des pressions similaires. À Yaloké, dans l’Ombella-M’Poko, ou à Zawa, la situation est identique. Les dénonciations se multiplient également à Markounda, dans l’Ouham, sans que les pratiques ne cessent. Même à Bangui, au cœur des commissariats de la capitale, la quête d’une simple carte d’identité se transforme en une véritable extorsion généralisée, laissant les plus démunis sans recours et sans existence légale aux yeux de leur propre pays.
Par Barthelemy Kossi
Rejoignez notre communauté
Chaine officielle du CNC
Invitation à suivre la chaine du CNC
Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC
Abonnez-vous à notre chaine YouTube : (31) Corbeau News TV – YouTube
Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65
Email : Redaction@corbeaunews-centrafrique.org
Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org




