Vague de braquages dans la Lobaye : les coupeurs de route terrorisent la ville de Bojula

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
Une série d’attaques menées par des bandes de coupeurs de route plonge les villages de la préfecture de la Lobaye, à l’ouest de la République centrafricaine, dans un climat de peur et d’insécurité. Boda, Boganda, Boganangone et leurs environs, situés à une centaine de kilomètres de la capitale Bangui, sont désormais la cible de braqueurs armés qui pillent sans relâche les habitants. Ces criminels, distincts des groupes rebelles, sévissent dans une région où l’absence de forces de sécurité laisse les populations vulnérables. Aucun mort n’est à déplorer parmi les victimes de ces récentes agressions, mais la gravité des faits reste indéniable.
Une nuit de chaos à Bojula
Dans la nuit du dimanche 23 février 2025, le village de Bojula, à 35 km de Boda dans la sous-préfecture de Boganda, a été la scène chaotique d’un violent braquage. Six hommes armés de fusils ont surgi, prenant en otage plus d’une centaine de passagers. Selon une victime, ils ont emporté une somme considérable, estimée à des millions, après avoir saccagé tout ce qui se trouvait sur leur passage. Quatre personnes ont été sauvagement battues et admises à l’hôpital dans un état sérieux, mais elles ont survécu à l’attaque.
Un habitant, encore sous le choc, a décrit la scène : « Ils sont arrivés sans prévenir, ont pris l’argent et les biens, puis sont repartis comme si de rien n’était. » Cette opération rapide et violente révèle la détermination de ces bandits, qui exploitent l’isolement des villages pour agir en toute impunité.
Des bandits de grand chemin
Contrairement aux factions rebelles qui sévissent ailleurs dans le pays, ces assaillants ne poursuivent aucun objectif politique. Ce sont des coupeurs de route, des criminels opportunistes motivés par le profit. Dans la Lobaye, région rurale caractérisée par des routes dégradées et des forêts épaisses, ils trouvent un terrain idéal pour tendre leurs embuscades. À Boda, Boganda et Boganangone, les habitants les décrivent comme une menace quotidienne : « Ce ne sont pas des combattants, ce sont des voleurs qui nous dépouillent sans pitié », confie un résident.
Cette distinction est essentielle. Là où les rebelles cherchent souvent à contrôler des territoires, ces braqueurs se contentent de frapper vite et fort, disparaissant ensuite avec leur butin. Leur présence transforme pourtant ces villages en zones de non-droit, où les richesses des plus démunis deviennent leur principale cible.
Une violence qui s’installe
La route de Bojula n’en est pas à son premier drame. Il y a moins d’un mois, un jeune homme y a poignardé son frère pour lui voler sa moto, signe d’une montée inquiétante des tensions et de la criminalité dans la région. Aujourd’hui, les coupeurs de route aggravent cette situation, laissant derrière eux des communautés traumatisées et dépossédées. Le sous-préfet de Boganda, interrogé par la rédaction du CNC, pointe du doigt un manque criant de moyens : « Nous n’avons pas assez d’hommes ni de matériel pour sécuriser ces zones. Les bandits le savent et en profitent ».
Les habitants, eux, se sentent abandonnés. À Boganda et Boganangone comme à Boda, les récits de pillages se multiplient, et la peur s’installe durablement dans les foyers. Chaque passage de ces bandes armée renforce leur sentiment d’impuissance.
Une lueur d’espoir malgré tout
Si les agressions de dimanche ont fait des blessés graves, elles n’ont pas coûté de vies humaines, un détail qui offre un mince réconfort dans ce contexte sombre. Les quatre victimes, bien que marquées par les coups, sont en soins et leur état s’améliore. L’une d’elles a même trouvé la force de témoigner à la rédaction du CNC, offrant ainsi une voix à ceux qui subissent ces violences.
Ce courage ne masque cependant pas la réalité : les pertes matérielles sont lourdes, et la crainte d’une nouvelle attaque plane sur ces villages. Les habitants appellent à l’aide, espérant une réponse des autorités pour mettre fin à ces raids incessants.
Un défi pour les autorités
Les événements de Bojula soulignent un problème majeur dans la Lobaye : l’absence de sécurité effective. Renforcer la présence des forces de l’ordre, réparer les routes pour faciliter les patrouilles et soutenir les populations locales sont des mesures urgentes pour contrer cette vague de criminalité. Sans action rapide, ces villages risquent de devenir des cibles permanentes pour les coupeurs de route, qui prospèrent dans l’ombre de l’inaction.
Pour l’heure, les habitants de la région continuent de vivre dans l’incertitude, guettant le moindre bruit suspect. À l’ouest de la République centrafricaine, la Lobaye attend des solutions concrètes pour retrouver un semblant de paix.
CONTACTER CORBEAU NEWS CENTRAFRIQUE
Tel/ WhatsApp : +236 75 72 18 21
Email: corbeaunewscentrafrique@gmail.com
Rejoignez notre communauté
Chaine officielle du CNC
Invitation à suivre la chaine du CNC
Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC



![À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Une dispute d’adultère dans un village à 45 kilomètres de Ndélé a ouvert une brèche entre la justice de l’État et l’autorité coutumière musulmane, et personne ne sait encore comment elle se refermera. En effet, tout est parti d’un jeune commerçant, propriétaire d’une boutique à 45 kilomètres de Ndélé, . L’homme avait dragué et noué des relations avec deux femmes mariées du village. Les deux maris, profondément blessés par le comportement de ce jeune garçon, ont porté l’affaire devant le sultan-maire Senoussi Ibrahim Kamoune, chef coutumier de la localité. Immédiatement, de son côté, le sultan a convoqué les parties en conflit, prononcé un jugement, exigé une amende et un serment sur le Coran pour le jeune boutiqué. Ce dernier a accepté le jugement et paye l’amende, puis est reparti dans son village. Mais les deux époux trempés n’ont pas digéré la sentence du sultan. Ils ont rattrapé le garçon dans sa boutique et l’ont agressé. Blessé, ce dernier a déposé plainte au tribunal. Invité à la radio locale nommée Ndélé pas loin, le Président du tribunal, interrogé sur l’affaire, a pris la parole pour dire, sans ambages, que le sultan n’avait pas qualité pour trancher une telle affaire, que ce rôle revenait exclusivement à la justice de l’État, et que la démarche du chef coutumier ne cadrait pas avec la loi centrafricaine. Ces déclarations ont mis le feu aux poudres. Une partie de la communauté musulmane de Ndélé, ainsi que le Comité islamique de Bamingui-Bangoran, ont pris la défense du sultan, estimant que les propos du président du tribunal et du procureur constituaient une insulte envers leur chef et leur religion. Le sultanat du Dar el-Kouti, rappellent-ils, existait bien avant l’indépendance de la RCA, à une époque où ces magistrats n’étaient pas encore nés. Le président du tribunal ne s’est pas arrêté là. Il a ajouté publiquement que les mariages célébrés dans les quartiers — à la mosquée ou selon les rites coutumiers avec remise de dot aux parents — ne bénéficient d’aucune reconnaissance légale, et que seul le passage à la mairie confère une validité juridique à une union. Des mots qui ont eu des effets immédiats : une femme a été convoquée au tribunal, son mari informé que leur mariage coutumier n’avait aucune valeur, ce qui a abouti à une séparation. Pour beaucoup d’habitants de Ndélé, cette succession de déclarations touche à quelque chose de plus profond que les règles de procédure. Ce que le président du tribunal présente comme une application normale du droit, la communauté musulmane le ressent comme un effacement délibéré de ses usages, de son organisation sociale, et de l’autorité de celui qui les incarne depuis des générations. Par Barthelemy Kossi Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/01/Ibrahim-Kamoun-Senoussi-sultan-maire-de-Ndele--218x150.jpg)
