UNOPS à la Minusca : quand Olga Lubazandio avoue une fraude salariale de six ans et tente de la justifier par le contrat
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Lors de l’assemblée générale des travailleurs journaliers de l’UNOPS à la MINUSCA, Madame Olga Lubazandio a tenté d’expliquer pourquoi les journaliers voient 36 000 francs CFA sur leur fiche de paie alors qu’ils ne reçoivent que 20 000 francs. Mais son explication, loin de clarifier la situation, confirme une fraude salariale qui dure depuis six ans. Une fraude que l’UNOPS essaie maintenant de légitimer en invoquant “le contrat” et en prétendant que “cet argent n’existe pas parce qu’il n’est pas budgétisé.”
Analysons juridiquement cette déclaration scandaleuse et montrons en quoi elle constitue un aveu de pratiques illégales qui violent le droit du travail centrafricain.
Le statut de “travailleur journalier” : une fiction juridique après six ans
Madame Olga Lubazandio insiste lourdement sur le fait que les travailleurs sont des “journaliers” payés “au prorata des jours prestés”. Elle déclare : “Vous êtes des contractants de journée. Ça veut dire que vous êtes payés au prorata des jours que vous prestez. C’est pour ça que nous prenons vos présences en compte pour calculer vos salaires”.
Mais voici ce que dit le droit du travail centrafricain : même si on appelle quelqu’un “journalier”, dès qu’un travailleur est employé régulièrement, même sans contrat écrit formel, il devient salarié permanent. Après six ans de travail régulier pour le même employeur, il n’y a plus aucun doute : le lien de subordination est établi et l’employeur a des obligations légales complètes.
Ces travailleurs ne sont plus des “journaliers occasionnels”. Ce sont des employés permanents qui devraient bénéficier de tous les droits d’un salarié régulier : salaire déclaré correctement, congés payés complets, cotisations sociales, et surtout, le paiement du salaire réellement indiqué sur leur fiche de paie.
Trois montants différents : contrat à 20 000 F, fiche de paie à 36 000 F, paiement réel à 20 000 F
C’est ici que la fraude devient évidente. Regardons les chiffres :
– Contrat signé : 20 000 francs CFA
– Fiche de paie (payslip) : 36 000 francs CFA
– Paiement réel reçu : 20 000 francs CFA
Cette incohérence entre trois documents officiels ne peut pas être qualifiée d’erreur technique, surtout quand elle dure depuis six ans. C’est une pratique volontaire qui montre soit une tromperie envers les contrôleurs (inspection du travail, CNSS) en affichant un salaire plus élevé, soit la dissimulation de retenues illégales, soit le masquage d’une partie du salaire due aux travailleurs.
Madame Olga Lubazandio tente de justifier cela en disant : “Le payslip n’est pas un contrat. Personne d’entre vous n’a signé sur un payslip. Le payslip vient vous prouver qu’on vous a payé votre argent du mois et vous montre comment on l’a calculé”.
Mais juridiquement, c’est faux. La fiche de paie est un document officiel qui fait foi devant les tribunaux. C’est une preuve de ce que l’employeur déclare avoir payé. Si la fiche de paie indique 36 000 francs, c’est ce montant que l’employeur est censé avoir versé. Le fait de ne verser que 20 000 francs constitue une retenue illégale de 16 000 francs.
Les 16 000 francs manquants : une dette salariale de plusieurs millions
Sur la base de la fiche de paie affichant 36 000 francs, chaque travailleur peut réclamer la différence de 16 000 francs par jour travaillé pendant toute la période, jusqu’à six ans en arrière.
Faisons le calcul pour un travailleur qui a presté 25 jours par mois pendant 6 ans :
16 000 F × 25 jours × 12 mois × 6 ans = 28 800 000 F CFA de salaire non payé
Même si le tribunal applique une prescription partielle et réduit la période à 3 ans, cela reste plus de 14 millions de francs CFA dus à chaque travailleur.
Multipliez cela par le nombre de journaliers concernés, et on parle de centaines de millions, voire de milliards de francs CFA détournés sur le dos de travailleurs précaires.
L’argument des week-ends : une manipulation juridique
Madame Olga Lubazandio explique : “Puisqu’on ne compte pas les week-ends pendant que tu es en congé, ça veut dire que quand tu es en congé, on ne compte pas les week-ends. Et c’est écrit dans le contrat. Ça veut dire que cet argent n’existe pas. Tout simplement, cet argent n’existe pas puisque ce n’est pas budgétisé”.
C’est une manipulation. Voici pourquoi :
- Si l’argent “n’existe pas” et “n’est pas budgétisé”, pourquoi figure-t-il sur la fiche de paie ? Une fiche de paie est censée refléter ce qui est réellement payé, pas des montants fictifs.
- Le fait de ne pas budgétiser un salaire ne dispense pas l’employeur de le payer si ce salaire est dû selon le contrat de travail ou selon la loi.
- La question des week-ends ne justifie pas un écart de 16 000 francs par jour. Si on applique la règle des congés sans week-ends, l’écart devrait être marginal, pas de 44% du salaire affiché.
L’aveu du problème avec les auditeurs
Madame Olga Lubazandio révèle involontairement la fraude en déclarant : “C’est le problème que nous avons eu avec les auditeurs qui nous ont tapé sur les doigts parce que nous avons au début négligé cet aspect. Ça nous a été fortement reproché et depuis, nous sommes très vigilants sur ce sujet”.
Attendez. Les auditeurs ont “tapé sur les doigts” de l’UNOPS pour quoi exactement ? Pour avoir payé trop ? Pour avoir été trop généreux ? Non. Les auditeurs ont reproché à l’UNOPS d’avoir initialement payé des montants qui n’étaient pas conformes à ce qui était déclaré ou budgétisé.
Et la solution de l’UNOPS a été de créer ce système tordu où :
– On affiche 36 000 francs sur la fiche de paie (pour satisfaire certaines exigences administratives ou pour gonfler artificiellement les dépenses déclarées)
– Mais on ne paie réellement que 20 000 francs (le montant du contrat)
C’est exactement la définition d’une double comptabilité : une pour les contrôleurs, une pour les travailleurs.
Ce n’est pas une “erreur”, c’est une fraude grave.
Une erreur administrative ne dure jamais six ans. La constance de cet écart montre soit une fausse fiche de paie fabriquée pour des déclarations fictives, soit une double comptabilité interne. C’est donc une fraude sociale et salariale caractérisée.
Le droit du travail centrafricain est clair : un employeur ne peut pas afficher un montant sur une fiche de paie officielle et payer un montant inférieur sans justification légale claire (retenues légales comme impôts, cotisations sociales, etc.). Toute retenue doit être détaillée et justifiée sur la fiche de paie elle-même.
Les recours possibles pour les travailleurs
Même sans contrat écrit complet ni déclaration CNSS régulière, les travailleurs peuvent :
- Réunir les preuves : anciennes fiches de paie, attestations de collègues, messages de paiement, reçus, témoignages.
- Saisir l’inspection du travail : Une plainte collective (puisque plusieurs centaines de journaliers sont concernés) peut être déposée. L’inspecteur du travail peut exiger la présentation des registres de paie et vérifier les montants réels versés.
- Engager une action devant le tribunal du travail : Les travailleurs peuvent réclamer :
– Le rappel de salaires sur la base des fiches de paie affichant 36 000 francs
– Les indemnités pour travail non déclaré correctement
– Des dommages et intérêts pour pratiques illégales prolongées
L’UNOPS ne peut pas se cacher derrière “le contrat”
Madame Olga Lubazandio répète en boucle : “Ce qui nous réunit ici légalement, c’est le contrat que vous avez signé. Sans le contrat, il n’y a pas cette réunion. La signature d’un contrat veut dire que vous acceptez les conditions du contrat”.
Mais voici ce qu’elle oublie de dire : un contrat ne peut pas violer la loi. Un contrat qui viole le droit du travail est nul dans ses clauses illégales. Un travailleur ne peut pas “accepter” par contrat d’être payé moins que ce qui figure sur sa fiche de paie officielle. C’est contraire à l’ordre public social.
De plus, après six ans de travail régulier, ces travailleurs ont acquis des droits que l’UNOPS ne peut pas balayer d’un revers de main en invoquant un contrat de trois mois renouvelé continuellement.
L’UNOPS doit régulariser et payer
L’UNOPS a deux options :
- Soit les fiches de paie à 36 000 francs sont correctes, et dans ce cas, l’UNOPS doit payer ce montant et régulariser tous les arriérés depuis six ans.
- Soit les fiches de paie sont fausses, et dans ce cas, l’UNOPS commet une fraude documentaire et doit être sanctionnée, tout en régularisant la situation réelle des travailleurs avec des contrats conformes à la loi.
Dans les deux cas, les travailleurs ont droit à réparation.
Par Alain Nzilo
Directeur de publications
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Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)