Un étudiant centrafricain, conducteur de moto-taxi, agressé par des militaires à Bangui, sort finalement de son coma

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
Un jeune étudiant, conducteur de moto-taxi à Bangui, échappe à la mort après une violente agression par des militaires. Il vient de sortir du coma ce dimanche 27 avril 2025.
À Bangui, un jeune étudiant qui se débrouille comme conducteur de moto-taxidans le troisième arrondissement pour financer ses études a frôlé la mort après une attaque violente par des militaires de forces armées centrafricaines. Laissé pour mort au bord d’une route, il a passé deux jours dans le coma avant de rouvrir les yeux, dimanche matin, à l’hôpital. C’est une patrouille de la gendarmerie, par chance, qui l’a retrouvé à temps et lui a sauvé la vie.
En effet, le vendredi dernier, dans la soirée, vers 20 heures, ce jeune, dont l’identité reste protégée pour sa sécurité, sillonnait les rues de la capitale centrafricaine. Comme beaucoup d’étudiants dans sa situation, il cumule les petits boulots pour payer ses frais de scolarité et aider sa famille. Son gagne-pain : transporter des clients à moto-taxi entre le quartier Boeing, dans la commune de Bimbo, près de l’aéroport de Bangui – M’Poko, et PK5, le quartier populaire du troisième arrondissement que tout le monde appelle KM5. Ce soir-là, il venait de déposer un passager à KM5 quand il a commencé à se sentir bizarre. Il a raconté à ses collègues, rassemblés autour du point de départ des moto-taxi , qu’il avait pris un café au quartier Boeing juste avant. Un café avec un goût étrange, qui l’a fait se demander s’il n’avait pas été drogué.
Ses camarades, inquiets de le voir aussi mal, lui ont conseillé de rentrer chez lui, pour se reposer. Il a hésité un moment – il n’était vraiment pas en forme – mais il a fini par grimper sur sa moto-taxi, un engin capricieux qui, malgré ses caprices, reste son outil de travail et sa fierté. Sur la route, deux militaires de l’armée nationale l’ont interpellé. Ils voulaient qu’il les emmène à Boeing. Même s’il se sentait faible, le jeune a accepté. Dire non à des hommes en uniforme, dans ce coin, c’est souvent s’attirer des ennuis.
Ce qui s’est passé après reste flou. D’après les témoignages recueillis auprès des habitants, les militaires se seraient mis à le frapper sans raison apparente. Coups de poing, coups de pied, une violence déchaînée, jusqu’à ce qu’il s’effondre, inconscient, sur le bas-côté. Une fois à terre, ils lui ont tout pris : son téléphone, et sa moto, son bien le plus précieux, celle qui lui permet de travailler. Croyant qu’il ne se relèverait pas, ils l’ont abandonné dans la poussière, sous le ciel noir de Bangui.
Par chance, une patrouille de la gendarmerie passait dans le secteur peu après. Les gendarmes, en voyant son corps inanimé, ont tout de suite compris la gravité de la situation. Ils l’ont chargé dans leur pick-up et foncé vers l’hôpital communautaire de Bangui. Sur place, les médecins, face à l’état critique du jeune, n’ont pas perdu de temps : ils ont fait des efforts pour le réanimer. Pendant deux jours, il était suspendu entre la vie et la mort, relié à des machines, sans que personne ne puisse prédire s’il s’en sortirait. Sa famille, sans nouvelles, ne savait même pas qu’il était hospitalisé.
Dimanche matin, l’espoir a repris le dessus. Le jeune homme a ouvert les yeux. Très affaibli, la voix à peine audible, il a réussi à donner le numéro de téléphone d’un cousin. L’hôpital a pu contacter ses proches, qui se sont précipités à son chevet. Le jeune reste sous surveillance médicale, trop faible pour marcher ou parler longtemps, mais il est en vie. Un miracle, disent ceux qui le connaissent.
Cette histoire, aussi dure à entendre soit-elle, n’est pas un cas à part à Bangui. Les habitants des quartiers comme Boeing ou KM5 en parlent avec une colère contenue. Les abus commis par certains militaires ou gendarmes : violences gratuites, vols, racket, empoisonnent le quotidien. Les conducteurs de taxi-moto, souvent jeunes et exposés, sont des proies faciles. Dans les discussions au bord des routes, les gens racontent des histoires similaires : un cousin tabassé, un ami dépouillé, un voisin humilié. Ce qui revient à chaque fois, c’est l’impunité. Sans punition, sans justice, ces actes se répètent, comme une plaie qui ne cicatrise pas.
Pour l’étudiant, le chemin sera long. Sa moto, celle qui lui permettait de gagner sa vie, est toujours introuvable. Sans elle, impossible de reprendre le travail, de payer ses études ou de soutenir sa famille. À l’hôpital, les frais médicaux s’accumulent, et ses proches se demandent comment ils vont faire face. Les autorités, elles, n’ont rien dit. Pas un mot sur une enquête, pas un indice sur les responsables. Un silence qui pèse lourd.
Les familles des victimes, les chauffeurs de moto haussent le ton. Ils veulent des réponses, des sanctions, des changements concrets. Ils veulent pouvoir travailler, circuler, vivre, sans avoir peur de ceux qui portent un uniforme. À Bangui, cet espoir semble encore loin, mais ils refusent de baisser les bras….
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