Un empire de coquilles et d’impréparation : Steve Bendon-Denny tourne en dérision les décrets du dictateur rédigés à la va-vite entre 14h et 16h
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Au micro de l’émission débat Patara, l’analyste Steve Bendon-Denny raille l’amateurisme de la cour impériale, fustigeant la publication de textes officiels truffés d’erreurs grossières pour installer le cabinet de Félix Moloua.
La gestion administrative au sommet de l’État centrafricain a fait l’objet d’un examen particulièrement sévère lors de la dernière diffusion de l’émission débat Patara sur Radio Ndeke Luka. Invité à analyser la formation du nouveau gouvernement de Félix Moloua, l’analyste socio-politique Steve Bendon-Denny a choisi de centrer ses critiques sur la forme même des actes officiels publiés par la cour. L’observateur a tourné en dérision la publication des décrets de nomination, affirmant que ces documents d’une importance capitale pour la nation avaient été rédigés à la va-vite, probablement entre 14 heures et 16 heures, sans la moindre relecture. Cette précipitation se traduit, selon lui, par un spectacle affligeant qui décrédibilise l’autorité de l’empereur Faustin-Archange Touadéra aux yeux des observateurs nationaux et internationaux.
Pour étayer son argumentation, l’intervenant a listé les bévues administratives les plus marquantes contenues dans les textes lus à la radio nationale. Steve Bendon-Denny a notamment pointé du doigt l’oubli pur et simple d’un portefeuille ministériel entier dans le premier décret officiel, obligeant les services de la cour à publier en catastrophe un texte additif pour rectifier le tir. L’analyste a également ironisé sur la présence de fautes de saisie grossières, citant le cas d’un ministre de sexe masculin désigné par un qualificatif féminin dans le corps du texte. Selon lui, de telles erreurs démontrent que le dictateur Faustin-Archange Touadéra, pourtant ancien professeur habitué à corriger des copies, s’est contenté de signer la dernière page d’un document qu’il n’a même pas pris le temps de parcourir.
La défense de la cour impériale, portée sur le plateau par le conseiller juridique William Diapo, a consisté à minimiser la portée de ces incidents en invoquant l’argument classique de l’erreur humaine. Le représentant du régime a affirmé que ces simples coquilles de saisie ne remettaient pas en cause la légitimité du gouvernement de Félix Moloua ni le pouvoir discrétionnaire de l’exécutif. Cette ligne de défense a provoqué une vive réaction de Steve Bendon-Denny, qui a répliqué que l’incapacité à produire un décret propre traduisait une défaillance globale de l’équipe entourant le chef de l’État. Pour l’analyste, cette légèreté dans la rédaction des actes officiels est le reflet d’un pouvoir qui gère les affaires publiques avec un profond laisser-aller, déconnecté des exigences de rigueur qu’impose la direction d’une nation en crise.
Les autres participants au débat Patara ont emboîté le pas à cette critique, liant cet amateurisme formel au manque de légitimité de fond d’une équipe ministérielle perçue comme une secte hermétique. Les opposants ont souligné que cette impréparation administrative allait de pair avec l’incapacité du régime à résoudre les problèmes concrets de la population, tels que la dégradation des routes, l’insécurité ou la corruption générale. L’échange s’est durci lorsque les représentants du pouvoir ont tenté de réorienter la discussion sur les compétences financières de certains nouveaux entrants, une tentative de diversion balayée par les critiques qui ont maintenu que la médiocrité des décrets scellait d’avance le destin de ce cabinet.
Le ton est resté particulièrement acrimonieux jusqu’aux dernières minutes de l’antenne, les deux camps s’affrontant verbalement sur la capacité réelle de l’empereur à diriger ses propres services administratifs, poussant le présentateur à interrompre brutalement les échanges pour rendre le micro sans qu’aucune conclusion n’ait pu être formulée.
Par Éric Azoumi
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