Touadéra, diviseur acharné : après les partis politiques, la communauté musulmane centrafricaine dans son collimateur

Rédigé le 22 mars 2026 .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Depuis son accession au pouvoir, Touadéra a fait de la division son outil de gouvernance favori. La communauté musulmane centrafricaine en découvre aujourd’hui le goût amer.
Le Conseil Supérieur Islamique de Centrafrique a un nouveau bureau depuis le 30 décembre 2025, élu en bonne et due forme à la mosquée de Yapélé, sous les yeux de ministres, de députés et de représentants d’institutions nationales et internationales.
L’imam Abdoulaye Ouassélégué en prend la tête avec une équipe complète : quatre vice-présidents, un secrétaire général, un trésorier général, un conseiller islamique et un conseil juridique. Deleris Rator, lui, est sorti par la grande porte, éjecté par les urnes après des années à tenir le perchoir du CSICA.
Seulement voilà. Le jeudi 13 mars 2026, pendant le mois de ramadan, Touadéra ouvre le Palais de la Renaissance aux musulmans de Bangui pour une rupture de jeûne. Et c’est Deleris Rator, le président sortant, celui que les électeurs viennent de congédier, qui prend la parole au nom du Conseil Supérieur Islamique.
Rator s’adresse au chef de l’État comme s’il dirigeait encore l’institution. Il lui demande même de jouer les médiateurs pour résorber la crise qui divise les leaders du CSICA, une crise dont il est lui-même l’un des principaux foyers. Touadéra répond qu’il prend bonne note et jouera sa partition.
Ce qui étonne, c’est l’absence totale du nouveau président légalement élu. L’imam Ouassélégué, investi dans les règles, n’est ni mentionné ni convié, alors même que des membres du gouvernement et du cabinet présidentiel participent à la soirée. Le nouveau bureau existe, mais Bangui officiel l’ignore.
Il faut rappeler que cette assemblée élective du 30 décembre avait failli ne pas se tenir. Le ministère des Affaires étrangères, qui devait accueillir les travaux, s’était dérobé après que la ministre Sylvie Baïpo-Témon eut échangé avec Rator. L’élection avait finalement eu lieu à la mosquée de Yapéré, dans des conditions régulières et transparentes.
Plusieurs membres du gouvernement avaient d’ailleurs assisté à l’investiture du nouveau bureau et y avaient même participé activement. Ce qui rend d’autant plus difficile à déchiffrer le choix de la présidence de continuer à traiter Deleris Rator comme l’interlocuteur légitime de la communauté musulmane centrafricaine.
L’imam Ouassélégué, lui, avait pris ses fonctions avec humilité, refusant de parler de victoire personnelle. Il s’était appuyé sur le verset 13 du chapitre 49 du Coran pour rappeler que les différences existent, mais que la foi unit. Il avait tracé la direction : rassembler, non diviser.
Par Brahim Sallé
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