Tiringoulou, le racket des soldats FACA à la barrière bascule dans la haute criminalité

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Tiringoulou, le racket des soldats FACA à la barrière bascule dans la haute criminalité

 

 

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Par : la rédaction de ,  

Jadis opprimés par les groupes armés, les citoyens installés dans la préfecture de la Vakaga vivent désormais sous la coupe de soldats de forces armées centrafricaines au comportement criminel. Leurs barrières quotidiennes rendent la situation totalement insupportable pour la population.

 

En effet, depuis quelques années, les déplacements dans les différentes localités de la préfecture de la Vakaga deviennent une source de danger physique pour les habitants, transformant chaque voyage en un véritable parcours du combattant.

 

L’omniprésence des barrières illégales érigées par les éléments des forces de défense et de sécurité paralyse la région. Pour un rien, un passager peut laisser sa vie comme du jeu. Pour ces voyous soldats, il faut obligatoirement satisfaire leur exigence à la barrière.

 

À titre d’exemple, le 18 juin 2026, un groupe de trente-deux jeunes originaires du village Manou, localité située à cinq kilomètres de Gordil, dans la Vakaga, a entrepris un voyage vers Tahala. Ce déplacement avait pour but de participer à une célébration de mariage. Les voyageurs se déplaçaient à bord de neuf motocyclettes et d’un engin à trois roues. Pour justifier leur situation administrative, les passagers possédaient des documents de pièces d’identité officielles établies régulièrement à la préfecture au niveau de Birao.

 

Mais malgré tout cela, les difficultés ont commencé lors de l’arrivée du convoi à la sous-préfecture de Tiringoulou. À la barrière à l’entrée de la ville, les éléments des forces armées centrafricaines ont intercepté le groupe pour procéder soi-disant à une vérification des pièces d’identité.

 

Une fois que ces jeunes présentent leur document d’identité fournis par les services préfectoraux, les soldats ont immédiatement rejeté la validité de ces documents.

 

Sous ce prétexte, les soldats ont demandé aux jeunes de faire la formalité, c’est à dire payer quelques choses avant de quitter le lieu. Les militaires réclamaient le paiement d’une somme de deux mille francs CFA pour chaque véhicule ainsi que deux mille francs CFA supplémentaires par personne présente. Après une phase de négociation entre les jeunes et les forces de l’ordre, un accord forcé a permis le passage contre le versement de vingt mille francs CFA à l’aller, complété par une promesse de dix mille francs CFA pour le retour. Le groupe a ensuite pu rejoindre le lieu des festivités pour une durée de trois jours.

 

Le retour s’est déroulé le 21 juin 2026. À la même barrière de contrôle, les militaires ont de nouveau exigé un paiement indu pour accorder le droit de passage. Face au refus catégorique des jeunes de céder une nouvelle fois à cette demande de fonds, la situation a rapidement dégénéré.

 

Les soldats FACA ont immédiatement fait usage de leurs armes à feu, tirant huit coups de feu en direction de ces jeunes centrafricains pourtant non armés. Les projectiles n’ont causé aucune blessure physique parmi les membres du groupe.

 

Vue la gravité des faits, les gens se sont rassemblés pour voir ce qui s’est passé. Les soldats criminels n’ont pas voulu céder, exigeant toujours le paiement de frais de formalité pour le retour. Les jeunes, de leur côté, refusent de payer. La situation devient compliqué. Finalement, la libération des jeunes et le passage des deux barrières de sécurité ont finalement été obtenus grâce à une médiation menée par des représentants des jeunes de Tiringoulou, le chef du quartier Defala ainsi que le lieutenant des FACA sur place.

 

Ce comportement n’a plus rien à voir avec une mission de maintien de l’ordre public, s’apparentant désormais à des agissements de forces de désordre et à de la criminalité pure et simple. Faire usage d’armes de guerre et faire feu sur la population pour une simple contestation de taxe illégale relève du banditisme. Face à cette dérive, l’inaction et le silence de l’état-major et du gouvernement s’apparentent à une tolérance coupable, validant de fait ces exactions quotidiennes menées par ceux qui devraient protéger les citoyens.

 

Pour rappel, le village Manou est la localité d’origine du ministre d’État à la justice, monsieur Arnaud Djoubaye Abazène, un pilier du régime criminel de Baba Kongoboro.

 

Par Ibrahim Moussa

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