Steeve Bendo-Ndeni : « Si Boali a connu ce qu’elle a connu, c’est parce que la sécurité a échoué »

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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
L’observateur de la vie sociopolitique Steeve Bendo-Ndeni estime que les violences de Boali traduisent un échec des forces de sécurité, lors du débat Patara diffusé sur Radio Ndeke Luka.
Steeve Bendo-Ndeni attribue les violences de Boali à un échec sécuritaire
Invité du débat politique Patara sur Radio Ndeke Luka, Steeve Bendo-Ndeni a livré une analyse critique des événements survenus à Boali. Selon lui, les destructions de commerces et les attaques contre un lieu de culte auraient pu être évitées avec une réaction rapide des autorités.
D’abord, le membre de la société civile estime que les dispositifs de sécurité n’ont pas rempli leur mission. Il considère que les forces chargées du maintien de l’ordre n’ont pas réussi à prévenir la montée des violences.
« Mais pour moi, je le dis encore ici, le problème c’est la capacité du gouvernement aujourd’hui à pouvoir mettre en place une force, je ne dirais pas une force, mais une manière de pouvoir dissuader tous ces gens d’initiative. Vous savez, si Boali a connu ce qu’elle a connu, c’est parce que, quelque part, je le dis ici, c’est que la sécurité a échoué. »
La réaction des forces de l’ordre au cœur des critiques
Ensuite, Steeve Bendo-Ndeni revient sur les premières heures qui ont suivi l’assassinat à l’origine des tensions. Il affirme que la police et la gendarmerie disposaient du temps nécessaire pour empêcher la situation de dégénérer.
À ses yeux, les manifestations auraient dû être contenues dès leur déclenchement. En conséquence, il estime que l’absence d’intervention a favorisé l’extension des violences.
« Parce que quand on a vu les gens, une fois qu’on a compris qu’il y a eu un assassinat, la police, les gendarmes, ils devaient rapidement se saisir de l’affaire. Ils ne l’ont pas fait. Ils ont laissé la population manifester. […] On savait qu’on allait aboutir à une situation. Il fallait que la gendarmerie et la police puissent arrêter ça au moment où ça déclenchait. Donc on a laissé le feu prendre et puis on a le résultat. »
Une remise en cause du comportement de certains policiers
Par ailleurs, Steeve Bendo-Ndeni cite une vidéo tournée pendant les événements pour illustrer ses critiques. Il affirme qu’un policier filmait la scène pendant qu’un collègue lui demandait de participer au maintien de l’ordre.
Selon lui, cette séquence traduit une perte de priorité au sein de certains éléments des forces de sécurité. Il estime que la protection des personnes et des biens devait primer sur toute autre considération.
« J’ai suivi une vidéo, c’était un officier de police qui filmait. Et son autre collègue porteur de tenue lui dit : “Arrête de filmer, viens m’aider à contenir les gens.” Vous voyez déjà le niveau ? C’est des gens qui sont censés appliquer la loi. […] À ce niveau, dites-moi, quelle est l’urgence ? Filmer pour faire un rapport ou empêcher qu’on détruise une mosquée ? », déclare Steeve Bendo-Ndeni lors du débat Patara sur Radio Ndeke Luka.
Les événements récents illustrent la problématique de la sécurité à Boali, où les violences ont été attribuées à un échec flagrant des forces de sécurité.
Par Alain Nzilo
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