Reprise ce samedi des affrontements à Zémio : Soldats FACA, mercenaires russes et Casques bleus contre les miliciens Azandés

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
Depuis le 30 avril 2025, Zémio, dans le Haut-Mbomou, est tremblée par des combats violents entre miliciens Azandés et soldats FACA, soutenus par les mercenaires russes et les Casques bleus népalais de la Minusca.
Depuis la matinée du samedi 3 mai 2025, la ville de Zémio, dans le Haut-Mbomou, en République centrafricaine, a été le lieu une fois de plus d’une nouvelle vague de violence. À 5 heures du matin, les soldats des Forces armées centrafricaines (FACA), appuyés par les mercenaires russes du groupe Wagner et les Casques bleus népalais, ont lancé une offensive contre les positions des miliciens Azandés dans le quartier AIM, au cœur de la ville. Cette attaque, qui visait à déloger les miliciens stationnés dans le coin, a déclenché des combats intenses jusqu’à 7 heures.
Une contre-offensive matinale des forces loyalistes
Contrairement aux jours précédents, où les miliciens Azandés prenaient l’initiative, ce samedi, ce sont les FACA, les mercenaires russes du groupe Wagner et les Casques bleus népalais de la Minusca qui sont passés à l’attaque. L’opération, débutée à l’aube dans le quartier AIM, visait à neutraliser les positions des miliciens Azandé. Ces derniers, bien implantés, ont résisté farouchement, tenant leurs positions jusqu’à la fin des affrontements vers 7 heures. Les tirs ont cessé, mais les miliciens sont restés dans la zone, montrant leur détermination à ne pas céder de terrain face à leurs ennemis.
Peu après la fin des combats, les mercenaires russes ont fait appel à des renforts. Deux hélicoptères militaires de Wagner, venant probablement de Bambari, ont survolé Zémio. Aucun tir n’a été effectué depuis les airs, probablement en raison de la densité urbaine. Les appareils se sont limités à des survols pour repérer les positions des miliciens. En parallèle, des drones ont été déployés pour localiser les assaillants, signe que les Russes cherchent à mieux coordonner leurs efforts qui semblent ne pas porter de fruits face à ces résistants Azandé qui sont également durs comme fer.
Renforts russes et blindés des Casques bleus
Vers 8 heures du matin, ce samedi toujours, une dizaine de mercenaires russes, accompagnés de combattants russes noirs, sont arrivés à Zémio par hélicoptère. Ces renforts ont rejoint les FACA et les Casques bleus népalais, qui ont déployé des blindés pour sécuriser certains points et les abords de la base des soldats FACA. Malgré ce dispositif, les miliciens Azandés ont tenu toujours leur position dans le quartier visé.
Les Casques bleus, sous mandat de la MINUSCA, ont joué un rôle actif avec leurs blindés, patrouillant dans les rues quasi désertes de Zémio. Les mercenaires russes, quant à eux, ont coordonné les opérations aériennes et terrestres. Selon des sources hospitalières locales, aucune perte n’a été signalée de part et d’autre ce samedi, mais ces informations restent à confirmer en raison du chaos ambiant.
Retour sur les combats de la veille
Pour mieux saisir la situation, revenons sur les événements du vendredi 2 mai. Dès 6 heures, les miliciens Azandés avaient attaqué la base des FACA au centre-ville de Zemio. Les combats, intenses, se sont prolongés par intermittence jusqu’à 18 heures. Les FACA, soutenues par les mercenaires russes et les Casques bleus, ont repoussé plusieurs assauts, mais l’effort a laissé les forces loyalistes épuisées.
Vers 10 heures vendredi, un nouvel assaut des miliciens a forcé les FACA à se replier temporairement dans leur base. Deux hélicoptères de Wagner sont intervenus, bombardant un quartier résidentiel à proximité. Ces frappes, menées sans précision, n’ont pas touché les miliciens, mais ont terrorisé les rares habitants encore présents. La plupart de la population avait déjà fui, ce qui a limité les pertes civiles.
En marge de ces combats, deux jeunes Peuls ont été tués dans le quartier Kondo, à un kilomètre de la ville sur la route de Bangassou.
Une ville désertée, une situation tendue
Zémio, jadis un carrefour vivant du Haut-Mbomou, est aujourd’hui méconnaissable. Les affrontements à répétition ont vidé la ville de ses habitants. Depuis vendredi, des bus et des véhicules ont permis à beaucoup de fuir vers des zones plus sûres, comme Bangassou. Ceux qui restent se terrent chez eux, tandis que les commerces, écoles et marchés sont à l’arrêt.
La situation humanitaire est inquiétante. Les routes d’accès à Zémio sont coupées, et les organisations humanitaires peinent à intervenir. La population vit dans l’angoisse d’une reprise des combats, alors que la tension reste vive.
Contexte du conflit
Les violences à Zémio s’inscrivent dans une rupture entre les miliciens Azandés et les forces gouvernementales. Autrefois alliés de Wagner, les Azandés se sont rebellés, dénonçant le contrôle des FACA et des Russes sur la région et réclamant plus d’autonomie. Ce revirement a transformé Zémio en un champ de bataille, où chaque camp lutte pour imposer sa domination.
Une accalmie fragile
Pour l’instant, Zémio connaît une pause précaire ce samedi à partir de 8 heures du matin. Les renforts russes et les blindés des Casques bleus ont renforcé les positions des FACA, mais les miliciens Azandés, toujours présents dans des différents quartiers de la ville, ne montrent aucun signe de reddition. Leur capacité à résister à une coalition aussi bien équipée montre à quel point leur organisation et leurs soutiens sont déterminés….



![Axe Yalinga-Soudan : une véritable autoroute pour les rebelles du FSR Axe Yalinga-Soudan : une véritable autoroute pour les rebelles du FSR pendant que l’État regarde ailleurs Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Yalinga, une ville de la préfecture de la Haute-Kotto reste une porte grande ouverte sur le Soudan. Et tout le monde le sait : un danger pour le pays. Selon les propres mots de la sous-préfète Natacha Gwladys Akani, l’autre axe, celui qui mène directement vers la frontière soudanaise, n’est toujours pas sécurisé. Les hommes armés venus du Soudan y circulent comme bon leur semble. Ils entrent, ils sortent, ils passent et repassent sans aucune gêne réelle. C’est devenu leur couloir préféré. Un an et demi après l’arrivée de Mme Akani, après le déploiement tant vanté des FACA, de la police et de la gendarmerie au centre de Yalinga, cet axe reste une zone de non-droit. La présence des forces de sécurité est concentrée au chef-lieu, mais dès qu’on s’éloigne un peu, surtout vers cet axe stratégique, le vide se fait sentir. Résultat : les rebelles profitent de cette faille béante pour circuler librement. La sous-préfète ne cache pas son inquiétude. Elle demande ouvertement au gouvernement de « garder le cap » et de renforcer la sécurisation de cette zone. En langage clair, cela veut dire que l’État n’a toujours pas fait le nécessaire. Il a envoyé quelques éléments au centre pour calmer les esprits, mais il a laissé l’axe frontalier sans contrôle réel. Une véritable autoroute pour tous ceux qui veulent causer du trouble ou faire du business illicite avec le Soudan. C’est le même refrain qu’on entend depuis des années en Centrafrique : on sécurise ce qui se voit, on prend des photos avec les nouvelles casernes bien peintes, et on abandonne les axes sensibles. Les partenaires techniques et financiers applaudissent les progrès au centre-ville, pendant que les rebelles continuent à utiliser librement cette porte d’entrée vers le territoire national. L’État regarde ailleurs. Il préfère célébrer la jolie gendarmerie et le bureau de sous-préfecture tout neuf plutôt que d’envoyer des renforts conséquents, des moyens roulants et une présence permanente sur cet axe. Résultat : Yalinga reste vulnérable. La population vit avec la peur constante que les hommes armés reviennent en force, parce que rien ne les empêche vraiment de le faire. Tant que Bangui traitera cet axe comme un détail secondaire, tant qu’on continuera à déployer des forces en nombre ridicule sans les doter des véhicules nécessaires pour patrouiller une zone aussi vaste, la sous-préfecture de Yalinga ne connaîtra jamais la paix durable. Elle restera simplement une localité où l’État fait semblant de revenir, pendant que les rebelles, eux, reviennent vraiment. La vérité crue est là : l’axe Yalinga-Soudan est devenu une autoroute pour les groupes armés. Et l’État, une fois de plus, choisit de regarder ailleurs. Par Moïse Banafio Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/07/rebelle_du_prnc_dans_la_haute_kotto-157x150.jpg)
