10 ans après la crise, la RCA toujours au stade de l’urgence et d’aide : Le Grand Oral manqué du dictateur Touadéra face à la BAD au Congo
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Le passage de l’empereur Faustin-Archange Touadéra au sommet de Brazzaville a cruellement exposé le surplace de la Centrafrique, restée prisonnière de l’urgence humanitaire là où d’autres nations post-conflit ont choisi la voie du décollage économique.
Les débats de la Banque africaine de développement en République du Congo ont dévoilé clairement aux yeux du monde la faillite stratégique du régime de Bangui.
Venu pour tenter de séduire les bailleurs de fonds, le dictateur centrafricain a lui-même dressé le procès-verbal de son échec en rappelant que dix ans après la crise, son pays en est encore à débattre des questions de survie élémentaire. Ce constat de stagnation est d’autant plus accablant quand on observe la trajectoire du petit Rwanda, une nation elle aussi sortie d’une tragédie majeure, mais qui a su transformer son administration pour devenir un modèle de développement et de modernité sur le continent.
Pendant que Kigali aligne les performances technologiques et infrastructurelles, Bangui reste embourbé dans la mendicité internationale.
L’incapacité du pouvoir centrafricain à imiter la rigueur rwandaise se traduit directement dans les chiffres officiels de la BAD. L’empereur a dû avouer publiquement que le taux de décaissement des fonds alloués à la Centrafrique stagne à un niveau misérable de 28%. Les 72% restants de l’enveloppe budgétaire dorment dans les coffres des banquiers africains, bloqués par l’incompétence chronique des ministères de la dictature et l’incapacité des cadres nommés par le clan présidentiel à fournir des rapports de gestion transparents.
Le contraste est total avec le gouvernement rwandais qui capte et consomme la moindre miette des financements internationaux grâce à une discipline administrative de fer.
Le grand oral de Brazzaville a définitivement tourné au ridicule lorsque le chef de l’État a balayé les projets énergétiques d’envergure comme le programme M300 pour réclamer de simples kits solaires individuels. Entendre le dirigeant d’un pays immensement riche en ressources naturelles supplier la banque de lui financer des lampes de poche et des chargeurs de téléphones portables démontre la régression intellectuelle du régime. Dix ans après la crise, au lieu de bâtir des centrales électriques et des réseaux modernes capables d’attirer les capitaux à long terme, l’empereur en est réduit à gérer la Centrafrique comme un camp de réfugiés sous perfusion humanitaire.
Cette politique du court terme détruit la crédibilité du fameux Plan national de développement pompeusement présenté il y a peu au Maroc. Les investisseurs réunis au Congo ont compris que les livrets sur papier glacé de la dictature ne correspondent à aucune réalité de terrain. La bureaucratie de Bangui préfère la posture de la victimisation en se proclamant parent pauvre du financement, plutôt que de nettoyer les circuits financiers de la corruption endémique qui fait fuir les partenaires sérieux. La Banque africaine de développement refuse de céder au chantage de l’urgence et maintient le verrou sur les millions de dollars non consommés, laissant le dictateur repartir les mains vides vers une capitale plongée dans l’obscurité.
Par Alain Nzilo
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