Centrafrique : L’embrasement sécuritaire au crible de l’ancien directeur de renseignement, Briand Reboas

Publié le 19 mai 2017 , 7:41
Mis à jour le: 19 mai 2017 8:02

Centrafrique : L’embrasement sécuritaire au crible de l’ancien directeur de renseignement, Briand Reboas

Monsieur Briand-Aristide Reboas. CopyrightCNC
Monsieur Briand-Aristide Reboas. CopyrightCNC

 

Bangui, le 20 mai 2017.

Par : Fred Krock, CNC.

Le mercredi 17 mai 2017, l’Ancien directeur de Renseignement de la République centrafricaine et président du Parti chrétien démocrate, M. Aristide Briand Reboas a animé, à son domicile, une conférence de presse. Au menu de l’entrevue avec les professionnels des médias, la très critique situation sécuritaire et institutionnelle que traverse le pays en ce moment.

De l’unique crise sécuritaire d’il y a un an, la République centrafricaine se trouve aujourd’hui à la croisée de chemin entre une crise politique, institutionnelle et sécuritaire. Les régions du Sud-est, notamment Bangassou, Alindao et environs sombrent dans l’extrême violence concomitamment avec la ville de Bria qui vient supplanter Niem-Yéléwa.

De l’avis de M. Reboas, la République centrafricaine traverse « une situation sécuritaire très complexe ». En disant cela, M. Reboas a fait allusion à l’imbrication de plusieurs languettes et facettes de la crise sécuritaire, allant du laxisme de la Minusca à l’inopérationnalité des Faca en passant par l’embargo sur les armes à destination de la République centrafricaine et l’inobservation des engagements pris par les groupes armés dans le cadre de cessation des hostilités en attendant le processus Ddrr.

« C’est de l’illusion si l’on pense que seule la Minusca peut résoudre le problème sécuritaire dans notre pays. Bien au contraire, le succès d’une telle mission est possible essentiellement que si elle s’appui sur le système de renseignement au niveau national », a fait savoir l’ancien Directeur de renseignement. Parlant de la restauration des Faca, il a estimé que « l’armée centrafricaine n’a pas besoin aujourd’hui d’une quelconque restructuration ; mais plutôt, elle a besoin d’être mobilisée », et d’ajouter que la République centrafricaine dispose d’armée bien entrainée qui ne demande à être remobilisée après la démotivation qu’elle a connue.

Sur l’embargo, M. Reboas a souligné qu’il s’agit d’un « signe d’encouragement pour les rebelles qui trafiques les armes depuis la Libye vers le Sud de l’Afrique ». Ces rebelles qui entrevoient là, une carte blanche à travers l’affaiblissement de l’armée, et donc des autorités centrafricaines pour se renforcer davantage. Car eux les rebelles, ont toujours leurs circuits d’approvisionnement illicites en armements.

Au plan politique, M. Reboas s’en est d’abord pris à l’élite nationale en général d’être des « commentateurs de la vie du Centrafricain » ; au lieu d’être des « forces de propositions » pour sortir le pays de l’impasse. En cela, le leader politique n’entend pas accuser la classe d’élites, mais plutôt l’inviter à faire de propositions constructives au président de la République de la République et aux nouvelles autorités pour la restauration de la paix et de la sécurité, en vue de permettre le développement.

Enfin, M. Reboas a exprimé son inquiétude profonde pour l’avenir de la République centrafricaine, surtout que la jeunesse n’a plus de bons repères : « l’école ne fait plus rêver, car les héros sont aujourd’hui des Anti-balaka et les Séléka ou ceux qui ont pris les armes ». Cette situation est de nature a plongé la République centrafricaine dans un nouveau cinquantenaire de déstabilisation et donc de la souffrance du peuple.

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