RCA : Le Memecoin chute juste après son lancement

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
La nouvelle cryptomonnaie centrafricaine part sur de mauvaises bases et prend le même chemin de l’échec que Sango Coin, lancé en 2022.
Les investisseurs sont méfiants dès le début. Beaucoup d’internautes se demandent s’il s’agit d’une arnaque, d’une escroquerie ou d’une « tentative d’hameçonnage ». Après l’annonce de son lancement le 9 février au soir, le nouveau memecoin $CAR soulève plusieurs incohérences, notamment sur les procédés de création et sur la clarté du projet. Les nombreux soupçons qui pèsent sur sa nature contribuent à faire chuter sa valeur de 96 % trois jours après sa mise en place. Le compte X et le site internet sont rapidement suspendus, ce qui alimente le scepticisme. La vidéo publiée de l’annonce du président est suspectée d’être une deepfake, d’être générée par l’IA. Le site Being Crypto signale que le « domaine officiel » du $CAR est sauvegardé par le biais d’un « fournisseur low-cost », Namecheap, majoritairement utilisé par des indépendants ou des particuliers. C’est une base inadaptée pour une instance gouvernementale. Le site « car.meme » est enregistré seulement trois jours avant le lancement de $CAR, c’est un délai trop court pour un programme mis en place par un gouvernement. Le ministère centrafricain des Mines, Rufin Benam Beltoungou, présente le projet comme étant celui du Ministère des Mines et de la Géologie, « exécuté par le Comptoir des Minerais en collaboration avec la société Barn$ley ».
La nature de $CAR est trop incertaine pour être affiliée à une économie nationale. C’est un memecoin, une cryptomonnaie qui repose sur le principe du meme, une image drôle, parodique, humoristique. L’enthousiasme provoqué par un meme peut être fulgurant et conséquent, mais à terme, les internautes peuvent vite se lasser, et le memecoin perdra toute sa valeur. Cette dernière dépend des réactions qu’il va susciter, c’est pourquoi cette cryptomonnaie est trop instable. Plusieurs experts ne se font pas d’illusions sur la durée de $CAR.
La cryptomonnaie en RCA, un investissement qui divise
La cryptomonnaie est une monnaie numérique basée sur le principe de la Blockchain. Elle ne nécessite pas l’utilisation d’une banque, s’utilise à l’internationale et le transfert de données est sécurisé. Mais sa valeur est très variable, car elle dépend de l’offre et la demande. En 2022, le président Touadéra lance une première tentative d’utiliser le bitcoin, une cryptomonnaie, comme une monnaie nationale au côté du Franc CFA. La RCA est le premier pays d’Afrique à faire du bitcoin une monnaie légale. En parallèle, il lance la création d’une cryptomonnaie, Sango Coin, pour permettre entre autres d’« attirer les investisseurs étrangers », vendre en ligne des titres de propriétés foncières, investir dans les ressources minières nationales. Mais tous les projets du président se sont heurtés aux refus affirmés de la Cour constitutionnelle, de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) et de la Cour Suprême, qui a déclaré « inconstitutionnelle » l’« initiative de la loi sur les cryptomonnaies ». Aujourd’hui, le projet Sango Coin est majoritairement considéré comme un échec. Après un départ chaotique, l’avenir de $CAR est incertain, d’autant plus qu’il faut un accès certain à internet pour disposer de la cryptomonnaie. Selon DataReportal, le taux d’utilisation en RCA est d’environ 10,6 % début 2024.
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![Danse des vampires ou protection réelle ? Le ministre du Commerce parle de labo et de normes pendant que les jeunes tombent sur les routes avec les sachets d’alcool frelaté Danse des vampires ou protection réelle ? Le ministre du Commerce parle de labo et de normes pendant que les jeunes tombent sur les routes avec les sachets d’alcool frelaté* Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Pendant que le monde entier marque la Journée mondiale des droits des consommateurs ce 15 mars sous le thème « Des produits sûrs, des consommateurs confiants », la Centrafrique a vécu une célébration presque invisible. Aucune activité officielle n’a été organisée sur le terrain. Seul le ministre du Commerce et de l’Industrie, Maître Thierry Patrick Akoloza, a sorti un discours pour rappeler que l’État veut protéger les citoyens contre les produits de mauvaise qualité. Le ministre a listé une série de bonnes intentions : renforcer les textes de loi, améliorer le contrôle des marchandises qui arrivent sur le marché, trouver de l’argent pour construire enfin un laboratoire de référence, créer le Bureau centrafricain de normes, lutter contre les pratiques commerciales déloyales, promouvoir la métrologie légale pour que les balances et les mesures soient justes, et garder le contact avec les associations de consommateurs. Il a aussi demandé aux Centrafricains de rester vigilants, de connaître leurs droits et de porter plainte quand quelque chose ne va pas. Jusque-là, on pourrait applaudir. Sauf que sur le terrain, le quotidien raconte une autre histoire. Chez nous, on produit très peu de choses transformées. La plupart des biens de consommation courante viennent de l’extérieur, et personne ne peut vraiment vérifier leur qualité. Pas de laboratoire fiable, pas de contrôles systématiques aux frontières, pas de résultats publics. On nous parle de « normes » et de « réglementation », mais les étals et les boutiques regorgent de produits dont on ignore tout : date de péremption douteuse, composition cachée, emballages abîmés. Et le cas le plus criant reste celui de l’alcool frelaté produit sur place par Wagner. Au PK 26, sur la route de Boali, une usine tourne à plein régime. Elle appartient au groupe Wagner et fabrique localement la marque Africa Ti L’Or. Officiellement présentée comme une bière, cette boisson est en réalité un mélange de vodka, d’eau et de citron, souvent coupé avec des substances douteuses. La même structure produit aussi des petits sachets d’alcool frelaté, vendus à 100, 150 ou 200 francs CFA – avec des degrés qui montent parfois à 40, 80, voire 120 %. Ces pochettes plastiques inondent les rues, les marchés et les bars de Bangui et de l’intérieur du pays. Le gouvernement a pourtant pris un arrêté qui interdit formellement la production, l’importation et la vente de ces alcools en sachet, jugés dangereux pour la santé. Mais dans les faits, les services de l’État préfèrent s’attaquer aux cargaisons venues du Cameroun ou du Nigeria, pendant que la production locale de Wagner continue sans aucun contrôle indépendant. Personne ne peut entrer dans cette usine pour vérifier la qualité, les ingrédients ou le degré réel d’alcool. Résultat : les jeunes consomment massivement ces mixtures, les accidents de la route se multiplient, les cas d’empoisonnement et de dépendance explosent, et les autorités ferment les yeux. Ce n’est pas tout. Dans les magasins tenus par certains commerçants libanais, on trouve régulièrement du poisson avarié, de la viande pourrie ou du poulet impropre à la consommation. Ces produits sont récupérés, reconditionnés et remis en vente. Les agents censés faire les contrôles passent souvent leur chemin : les bakchichs font leur effet. L’État dit manquer de moyens pour vérifier quoi que ce soit, mais il semble en trouver quand il s’agit de protéger certains intérêts. Les consommateurs centrafricains ne demandent pas des promesses supplémentaires. Ils veulent du concret : des contrôles réels aux points d’entrée et dans les usines installées sur le territoire, un laboratoire qui fonctionne vraiment, des sanctions contre ceux qui inondent le pays avec des produits dangereux, et surtout la fin de cette tolérance à sens unique sur les sachets d’alcool frelaté produits localement. Tant que ces petites pochettes continueront à circuler librement, que les étals resteront remplis de marchandises pourries ou non vérifiées, et que certaines usines resteront intouchables, les beaux discours du 15 mars ressembleront plus à une danse rituelle qu’à une vraie volonté de protéger le sang des Centrafricains. Le gouvernement doit passer des mots aux gestes. Sinon, cette « protection des consommateurs » restera une belle déclaration que personne ne sent dans sa vie quotidienne. Les jeunes qui tombent sur les routes après avoir bu ces mixtures, les familles qui achètent des produits douteux sans pouvoir les contrôler, méritent mieux que des listes d’intentions. Ils méritent des actes. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/04/Thierry-Patrick-Akoloza-en-Pleine-Emission-a-la-Radio-Ndeke-Luka-218x150.jpg)

