Raymond Adouma : « Il faut organiser les états généraux des mines » le code minier doit être remis à plat

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 Raymond Adouma, ancien ministre et membre de l’opposition démocratique réunie au sein du BRDC, propose une révision complète du cadre minier centrafricain après le drame de Zamboye. Il demande l’organisation des états généraux des mines pour examiner les failles du secteur, revoir les textes et renforcer les capacités de contrôle de l’État.

 

Intervenant dans l’émission « Patara » consacrée au drame de Zamboye sur Radio Ndeke Luka, Raymond Adouma estime que les difficultés révélées par l’effondrement de la mine ne peuvent pas être traitées uniquement comme un problème lié aux personnes présentes sur le site.

Raymond Adouma : « Il faut organiser les états généraux des mines » le code minier doit être remis à plat
Monsieur Raymond Adouma

 

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Pour l’ancien ministre, le premier problème se trouve dans l’encadrement général des activités minières.

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« Il y a un réel problème d’encadrement de toutes les activités sur le site minier », affirme Raymond Adouma.

 

Il rappelle que plus d’une centaine de permis miniers ont été délivrés alors que l’administration ne disposerait pas de suffisamment de compétences techniques pour assurer le suivi de toutes les exploitations.

 

« On n’a pas assez de compétences pour pouvoir accompagner l’encadrement de ces extractions », explique-t-il.

 

Raymond Adouma considère que cette situation traduit un déséquilibre dans la politique minière. L’État aurait développé l’attribution des permis plus rapidement que les capacités de son administration à contrôler les exploitations.

 

« On a mis un peu la charrue avant les bœufs », estime-t-il.

 

Selon l’ancien ministre, la priorité devrait être donnée au renforcement des compétences techniques, à la planification des activités minières et au contrôle régulier des sites.

 

« Il y a tout un travail à faire pour pouvoir d’abord se doter des compétences qu’il faut, savoir planifier les activités d’extraction et faire le suivi de ces activités de près », affirme Raymond Adouma.

 

Il revient également sur la présence des forces de sécurité sur le site de Zamboye. Pour lui, le déploiement de militaires ne suffit pas à garantir la sécurité d’une exploitation minière si les autres mécanismes de contrôle ne fonctionnent pas correctement.

 

Raymond Adouma relève notamment que Zamboye est une zone frontalière avec le Cameroun. Cette situation facilite les mouvements de populations entre les deux pays et complique davantage le contrôle des personnes présentes sur le site minier.

 

Mais son principal reproche reste dirigé vers l’administration minière. Selon lui, le ministère des Mines aurait dû renforcer ses moyens humains avant d’autoriser et d’accompagner le développement de nombreuses exploitations.

 

« Le ministère des Mines n’a pas pris le soin de se doter d’abord des compétences avant d’attribuer beaucoup de permis miniers », déclare-t-il.

 

Raymond Adouma estime que cette faiblesse administrative favorise une exploitation anarchique des ressources. Il considère que l’État ne peut pas délivrer massivement des permis tout en étant incapable d’assurer un contrôle suffisant sur les sites concernés.

 

« Aujourd’hui ils sont débordés, ils n’ont pas de cadres, ils ont préféré distribuer les permis et l’exploitation se fait de manière anarchique », affirme-t-il.

 

Pour l’ancien ministre, les conséquences de cette absence de planification apparaissent directement dans les accidents enregistrés sur les sites miniers.

 

« Ces drames sont justifiés par cette planification manquée », soutient Raymond Adouma.

 

Il propose donc une réforme plus large du secteur. Interrogé sur les changements législatifs nécessaires pour améliorer la sécurité humaine et environnementale dans les mines, il demande l’organisation des états généraux des mines.

 

« Il faut organiser les états généraux des mines pour pouvoir passer tous ces problèmes en peigne fin et identifier les failles », déclare Raymond Adouma.

 

Cette rencontre nationale devrait, selon lui, permettre d’examiner les insuffisances du dispositif actuel et de procéder à une révision des textes qui encadrent le secteur.

 

« Il faut faire une sorte d’état généraux et vraiment faire une remise à plat des textes », ajoute-t-il.

 

Raymond Adouma met également en cause l’efficacité économique du dispositif minier. Il estime que les ressources extraites du sous-sol centrafricain ne génèrent pas suffisamment de recettes pour l’État au regard du potentiel du pays.

 

Selon lui, les mines ne représenteraient qu’une faible part des ressources budgétaires nationales alors que le secteur pourrait apporter davantage à l’économie.

 

L’ancien ministre établit un lien direct entre les faibles recettes minières et les difficultés de l’administration à financer ses propres contrôles. Une administration qui ne dispose pas de moyens suffisants pour se déplacer et inspecter les sites ne peut pas exercer efficacement ses missions, estime-t-il.

 

Raymond Adouma évoque aussi la question de l’indépendance des agents chargés des contrôles. Il s’interroge sur les conditions dans lesquelles certains inspecteurs ou géologues travaillent lorsque leur logement ou leur logistique sont pris en charge par les sociétés minières.

 

« Quand quelqu’un que tu vas contrôler, c’est quelqu’un qui assure ta logistique, est-ce que tu vas avoir le pouvoir ? », demande-t-il.

 

Pour lui, cette dépendance matérielle peut fragiliser l’efficacité des inspections et empêcher les agents de faire preuve de toute la rigueur nécessaire.

 

Raymond Adouma relie finalement ces différents problèmes à une même faiblesse : l’État doit revoir l’organisation globale du secteur minier avant de poursuivre son expansion.

 

Son appel aux états généraux ne porte donc pas uniquement sur la sécurité des travailleurs. Il vise également le cadre juridique, les conditions d’attribution des permis, les capacités techniques du ministère, les mécanismes de contrôle, les moyens financiers de l’administration et la contribution réelle des mines aux recettes publiques.

 

À travers cette proposition, Raymond Adouma demande une remise à plat du système minier centrafricain, avec l’objectif de renforcer simultanément la protection des travailleurs, le contrôle des exploitations et les retombées économiques des ressources minières pour l’État.

 

Par Alain Nzilo

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