Plus de 4 morts, 25 blessés, 2 ans de prison ferme : les familles des victimes sont en colère à Akroussoulback après la condamnation du soldat Kada

Rédigé le 16 avril 2026 .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Les habitants d’Akroussoulback expriment leur profond mécontentement après le jugement rendu par le tribunal militaire de Bangui dans l’affaire du soldat Kada, alias marabout, auteur de plusieurs morts.

En effet, dans la nuit du 9 au 10 novembre 2024, ce militaire des FACA a lancé une grenade sur un groupe d’enfants qui dansaient à la lumière de la lune, selon la tradition locale appelée Ti-gbagba. Le bilan s’élève à six enfants tués, tous âgés de moins de 17 ans, et plus de vingt-cinq blessés.
Près de deux ans plus tard, le tribunal militaire a condamné Kada à deux ans d’emprisonnement ferme et au paiement d’une amende de 100 010 francs CFA. Cette décision a provoqué la colère des familles des victimes.
Plusieurs parents soulignent que la peine paraît trop légère au regard du nombre de morts et de blessés causés. Une mère a déclaré : « Ma fille n’avait que 12 ans. Elle dansait avec ses amis comme le veut notre tradition. Elle est morte sur le coup. »
Les familles estiment que si un civil avait commis le même acte, la justice aurait prononcé une condamnation beaucoup plus lourde, allant jusqu’à 20 ou 25 ans de travaux forcés et des millions de francs d’amende. Elles dénoncent une différence de traitement entre les militaires et les civils.
Rappelons que Kada est un ancien milicien anti-balaka, originaire du quartier Galabadja 3 dans le 8e arrondissement de Bangui. Son intégration dans les Forces armées centrafricaines (FACA) fait partie d’un recrutement qui inclut d’anciens combattants. Ces militaires ont reçu une formation dispensée par les instructeurs russes de Wagner.
Selon les témoignages recueillis, l’état-major des FACA et l’adjudant-chef responsable du détachement sur place n’ont pas réagi immédiatement après les faits. Aucune mesure visible n’a été prise dans les heures qui ont suivi pour arrêter ou sanctionner le soldat. Les familles déplorent également les difficultés rencontrées pour transporter les blessés vers les centres de santé.
Cet incident d’Akroussoulback s’ajoute à d’autres cas signalés dans plusieurs localités du pays, notamment à Ouanda Djallé, Zemio, Bambouti, Obo, Rafaï, Mboki, Djema et dans certaines zones du nord-ouest. Dans ces endroits, des exactions attribuées aux FACA et à leurs alliés ont été rapportées par les populations locales.
Les familles des victimes demandent une révision du jugement et une peine plus sévère à l’encontre du soldat Kada. Elles appellent également les autorités à revoir les critères de recrutement et de formation au sein des FACA pour éviter que des personnes aux antécédents violents ne soient intégrées dans l’armée nationale.
Par Barthelemy Kossi
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