Pérou – RCA : deux visions opposées du pouvoir politique, pour ne pas dire c’est le jour et la nuit

Rédigé le 28 février 2026 .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Au Pérou, le parlement a destitué en quatre mois deux présidents intérimaires pour soupçons de trafic d’influence. En Centrafrique, c’est tout le contraire. Le dictateur, lui, garde la main sur l’Assemblée.
À Lima, le vote a été net. Soixante-quinze députés ont approuvé la destitution de Rosé Réry, vingt-quatre s’y sont opposés, trois se sont abstenus. Le président par intérim est mis en cause pour des rencontres non déclarées avec des entrepreneurs chinois et pour des recrutements irréguliers au sein du gouvernement.
Il occupait le pouvoir depuis octobre, après l’éviction de Dina Boluarte. Cette dernière avait été écartée pour sa gestion d’une vague de violence liée au crime organisé. En dix ans, le pays a connu sept présidents, signe d’une instabilité persistante mais encadrée par des procédures prévues par la Constitution.
Dans les rues de Lima, une partie de la population a salué la décision. Les élections générales sont fixées au 12 avril. Le congrès doit assurer l’intérim pendant deux mois et demi avant le scrutin, selon un calendrier déjà établi.
Ce fonctionnement met en avant un principe simple : le parlement peut mettre fin au mandat du chef de l’État lorsque des faits précis sont examinés et votés. Le rapport de force institutionnel reste actif, même dans un pays qui n’appartient pas au cercle des grandes puissances économiques.
En Centrafrique, le tableau diffère profondément. L’Assemblée nationale n’apparaît pas comme un contrepoids solide. Le président conserve une influence déterminante sur la composition du parlement, notamment à travers des candidatures soutenues par l’appareil d’État.
Des proches, des alliés politiques et des membres de cercles familiaux obtiennent des investitures. Les élections existent formellement, mais le choix réel des députés semble souvent verrouillé en amont. Les députés critiques s’exposent à des pressions judiciaires ou à des détentions.
Dans ce contexte, l’idée qu’un parlement puisse destituer le chef de l’État paraît lointaine. Le centre de décision demeure concentré à la présidence. Le renversement du rapport institutionnel observé au Pérou ne trouve pas d’équivalent à Bangui.
Le Pérou connaît une instabilité récurrente, mais les mécanismes de contrôle fonctionnent et aboutissent à des scrutins anticipés. En Centrafrique, la stabilité affichée repose sur une concentration du pouvoir, où l’Assemblée agit davantage comme relais que comme organe de contrôle, et où la justice reste étroitement liée à l’exécutif…
Par Brahim Sallé
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