
Évariste Ngamana hausse le ton contre Anicet-Georges Dologuélé et lui reproche de manquer de respect au président de la République. Le ministre d’État transforme ainsi la controverse sur la nationalité en mise en garde politique contre l’ancien Premier ministre.
« On ne peut pas manquer de respect »
Lors de sa conférence de presse, Évariste Ngamana s’en prend directement aux propos tenus par Anicet-Georges Dologuélé.

« L’attitude de M. Dologuélé est une attitude condescendante. On ne peut pas manquer de respect à une institution qui est le Président de la République », déclare-t-il.
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Le ministre d’État ne s’arrête pas à la critique des propos de l’opposant. Il annonce également une réaction du gouvernement aux prochaines déclarations qu’il jugerait irrespectueuses envers le chef de l’État.
Le gouvernement passe de la réponse à l’avertissement
Évariste Ngamana affirme que le président Faustin-Archange Touadéra est « très tolérant ». Il demande ensuite si un tel argumentaire ou de tels propos pourraient être acceptés « sous d’autres sujets ».
Sa réponse est sans ambiguïté : « Non. »
Le ministre d’État poursuit en annonçant que le gouvernement ne restera pas sans réaction si Dologuélé renouvelle ses critiques.
« La prochaine fois que M. de Léguélé manquera de respect à l’institution qui est le Président de la République », affirme-t-il, le gouvernement entend réagir à ses déclarations publiques.
Le ton dépasse ainsi celui d’une simple réponse politique. Le représentant du gouvernement adresse directement une mise en garde à un responsable de l’opposition.
Une confusion entre le président et l’institution
La formulation employée par Évariste Ngamana interpelle également sur la distinction entre le chef de l’État et l’institution présidentielle.
Critiquer une décision, contester une politique publique ou dénoncer l’action du président de la République relève du débat politique. Le désaccord avec le pouvoir ne constitue pas en lui-même un manque de respect envers une institution.
Le ministre d’État présente pourtant les critiques de Dologuélé comme une atteinte à « une institution qui est le Président de la République ».
Cette assimilation élargit considérablement le champ de ce qui pourrait désormais être considéré comme un manque de respect.
Une menace politique derrière la conférence de presse
Le passage le plus préoccupant intervient lorsque le ministre d’État évoque la prochaine sortie publique de Dologuélé.
« Je n’attends pas de paroles de gouvernement, la prochaine fois que M. de Léguélé manquera de respect […] », déclare-t-il.
Évariste Ngamana affirme ensuite être « là en train de porter parole au gouvernement pour dénoncer cela », avant d’appeler Dologuélé à la retenue.
Le message adressé à l’opposant est donc clair : ses prochaines déclarations seront surveillées et pourraient provoquer une réaction du gouvernement.
Le débat politique sous surveillance
Cette déclaration intervient après les critiques de Dologuélé sur la question de sa nationalité et sur l’interprétation faite par le pouvoir des dispositions légales.
Au lieu de limiter la réponse aux arguments juridiques avancés par l’opposant, Évariste Ngamana s’attarde également sur son ton et sur ce qu’il considère comme un manque de respect envers le président de la République.
Cette manière de répondre déplace le débat. La question initiale portait sur la nationalité, les décisions de justice et l’éligibilité. Elle se transforme désormais en confrontation autour de la liberté de critique d’un opposant envers le chef de l’État.
Jusqu’où peut aller une mise en garde gouvernementale ?
Un gouvernement peut répondre à ses adversaires politiques. Il peut contester leurs arguments et défendre l’action du chef de l’État. Mais une mise en garde contre les prochaines déclarations d’un opposant pose une autre question.
Si chaque critique du président peut être qualifiée de « manque de respect » et entraîner une réaction annoncée du gouvernement, la frontière entre défense de l’institution et restriction de la parole politique devient particulièrement fragile.
Évariste Ngamana termine sa déclaration en appelant Dologuélé à la retenue. Mais avant cet appel, il a lui-même annoncé que le gouvernement réagirait à ses prochaines prises de parole.
L’avertissement est donc bien posé : après la controverse sur la nationalité, le pouvoir annonce désormais qu’il ne laissera plus passer ce qu’il considère comme des attaques contre le président de la République.




