Ouanda-Djallé : la ville morte au lendemain des coups de feu, tuant 3 personnes

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Ouanda-Djallé : la ville morte au lendemain des coups de feu, tuant 3 personnes

Ouanda-Djallé : la ville morte au lendemain des coups de feu, tuant 3 personnes
La foule présente devant la base des soldats FACA à Ouanda-Djallé. Photo CNC

 

 

Rédigé le 01 mars 2026 .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

Le samedi 28 février 2026, la ville de Ouanda-Djallé s’est réveillée muette, vidée de toute activité, en réponse aux trois morts et neuf blessés de la veille, tués par les soldats FACA bandits.

 

Les commerces sont restés portes closes dès les premières heures du matin. Aucun étalage au marché, aucun mouvement dans les ruelles habituellement animées, aucun bruit de moto ni de voix d’enfants devant les boutiques. La population a décrété une ville morte, et la consigne a été respectée jusqu’au dernier habitant, dans un silence qui en disait plus long que n’importe quel discours.

 

Pour comprendre pourquoi Ouanda-Djallé en est arrivée là à cette ville morte, il faut revenir sur ce qui s’est passé la veille, ce vendredi 27 février 2026. Tout avait commencé au marché central, quand deux soldats des Forces Armées Centrafricaines avaient exigé de l’eau gratuitement auprès d’un jeune vendeur. Devant le refus du jeune homme, ils avaient commencé à frapper les civils présents, déclenchant la colère de tout un quartier qui avait marché jusqu’au campement des militaires, installé dans les locaux de la coopérative des femmes, l’OFCA, en plein centre-ville.

 

C’est là que les soldats avaient jailli de leurs positions et ouvert le feu sur la foule alors même que les Casques bleus et les autorités locales négociaient pour apaiser la situation. Douze personnes avaient été atteintes par des balles. Un homme était mort sur place, deux autres avaient rendu l’âme à l’hôpital dans les heures qui ont suivi, portant le bilan à trois morts.

 

Ce samedi, les habitants portent ce deuil collectif à leur façon, en refusant que la ville tourne comme si rien ne s’était produit. Derrière les volets fermés et les devantures abandonnées, la colère gronde sourdement contre des militaires que beaucoup accusent de se conduire en bandits armés hors de tout contrôle, sans jamais rendre de comptes à qui que ce soit.

 

La question de leur présence dans les locaux de l’OFCA, au cœur des quartiers résidentiels, reste entière. La population continue d’exiger leur retour à l’ancienne base, à l’entrée de la ville, pendant que les autorités locales tentent de gérer une situation qui dépasse largement le simple incident de marché.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

 

Par Serge Binguimalé

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