Ouadda-Maïkaga : deux soldats FACA désertent, affamés par le non paiement de leur PGA

Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
À Ouadda-Maïkaga, sous-préfecture de la Haute-Kotto au nord de la République Centrafricaine, deux soldats des Forces Armées Centrafricaines ont déserté la semaine dernière. Un caporal-chef et un soldat ont quitté leur poste pour rejoindre Bria, avec l’espoir de rentrer ensuite à Bangui. Leur motivation ? La faim. L’abandon total. L’impossibilité de survivre dans les conditions dans lesquelles l’État-Major les a plongés.
Ces deux soldats ne sont pas des lâches. Ce ne sont pas des déserteurs par conviction. Ce sont des hommes poussés au désespoir par un système qui les envoie mourir de faim dans des zones reculées pendant que leurs supérieurs s’enrichissent sur leur dos.
La cause de cette désertion ? L’arrêt depuis plus de 6 ans du paiement de la Prime Globale d’Alimentation (PGA) pour les soldats déployés en province. Cette prime est censée permettre aux soldats de se nourrir lorsqu’ils sont déployés loin de Bangui, dans des zones où l’armée ne fournit ni nourriture ni logistique. Mais depuis plusieurs années, cette prime n’est plus payée.
Les soldats FACA déployés à Ouadda-Maïkaga et dans d’autres villes de province se retrouvent donc sans ressources pour se nourrir. L’État-Major ne leur envoie ni vivres, ni argent. Ils sont abandonnés à leur triste sort, livrés à eux-mêmes dans des villes isolées où ils doivent trouver de quoi manger par leurs propres moyens.
Et comment des soldats affamés, sans salaire payés sur place, sans prime d’alimentation, peuvent-ils survivre ? En se payant sur la population. En érigeant des barrages routiers. En rackettant les passagers, les motocyclistes, les véhicules. En taxant les commerçants sur les marchés. En transformant leur uniforme militaire en licence pour voler.
C’est exactement ce qui se passe à Ouadda-Maïkaga. Les soldats FACA y ont installé des checkpoints où ils extorquent de l’argent à tous ceux qui passent. Sur le marché, ils “taxent” les commerçants.
Mais le plus scandaleux dans cette histoire, c’est que le capitaine commandant le détachement militaire d’Ouadda-Maïkaga a institutionnalisé ce racket. Il a instauré une taxe officielle sur le marché : chaque semaine, le marché doit lui verser au minimum 200 000 francs CFA. Ce qui fait 800 000 francs par mois.
Le capitaine justifie cette taxe en expliquant que c’est “pour nourrir l’armée nationale”. Selon lui, puisque l’État-Major ne paie plus la Prime Globale d’Alimentation, la population locale doit payer à la place pour que les soldats puissent manger. C’est sa manière de “compenser” le non-paiement de la PGA par l’État-Major.
Sauf que les soldats sous ses ordres ne voient jamais la couleur de cet argent. Les 800 000 francs mensuels collectés auprès de la population ne servent pas à nourrir les soldats. Ils servent à enrichir le capitaine. C’est pour lui. Pour son compte personnel. Pour qu’il devienne riche sur le dos de ses hommes et de la population.
Pendant que le capitaine empoche 800 000 francs par mois extorqués à la population sous prétexte de “nourrir l’armée”, ses soldats crèvent de faim. Ils n’ont rien à manger. Ils ne reçoivent ni la PGA, ni l’argent collecté par leur capitaine. Ils sont doublement volés : par l’État-Major qui ne les paie pas, et par leur propre commandant qui empoche l’argent collecté pour eux.
C’est cette situation intenable qui a poussé le caporal-chef et le soldat à déserter. Ils en ont eu assez. Assez d’avoir faim. Assez d’être abandonnés. Assez de voir leur capitaine s’enrichir pendant qu’eux survivent à peine. Ils ont pris leurs affaires et sont partis vers Bria, espérant pouvoir rentrer à Bangui et échapper à cet enfer.
Cette désertion n’est pas une exception. Ce n’est pas la première fois que Corbeau News documente des désertions de soldats FACA affamés et abandonnés en province. Cela se répète régulièrement partout dans le pays. Des soldats quittent leurs postes parce qu’ils ne peuvent plus survivre dans les conditions où l’État-Major les a plongés.
Et on ne peut pas leur en vouloir. Comment peut-on exiger d’un soldat qu’il reste à son poste quand il n’a rien à manger ? Quand il ne reçoit ni salaire, ni prime d’alimentation ? Quand son propre commandant vole l’argent collecté pour le nourrir ? Quand il est obligé de voler la population pour survivre ?
Ces soldats sont victimes d’un système totalement dysfonctionnel. L’État-Major des FACA n’a plus la capacité de diriger une armée nationale de cette taille. Il ne peut plus verser les primes d’alimentation. Il ne peut plus fournir la logistique nécessaire. Il a jeté l’éponge.
Le Chef d’État-Major Zéphirin Mamadou a abandonné ses soldats. Il les envoie en province sans leur donner les moyens de survivre. Il sait parfaitement que ses hommes n’ont pas de quoi manger. Il sait qu’ils sont obligés de racketter la population pour ne pas mourir de faim. Mais il ne fait rien. Il laisse pourrir la situation.
Pendant que les soldats FACA crèvent de faim à Ouadda-Maïkaga, l’État-Major à Bangui continue de fonctionner normalement. Les officiers supérieurs reçoivent leurs salaires. Ils roulent dans des 4×4. Ils vivent confortablement. Mais leurs hommes déployés en province sont abandonnés comme des chiens.
Cette situation crée un cercle vicieux mortel. Les soldats affamés et non payés deviennent des prédateurs qui terrorisent la population. Ils installent des barrières, ils rackettent, ils volent, ils brutalisent. La population finit par détester ces soldats qui la terrorisent. Et les soldats, conscients d’être détestés et incapables de continuer à vivre ainsi, désertent.
Le système s’effondre. L’armée se délite. Les soldats désertent. Ceux qui restent se transforment en bandits pour survivre. Les officiers corrompus profitent du chaos pour s’enrichir en volant l’argent destiné à leurs hommes. Et au final, c’est la population civile qui paie : elle est terrorisée par des soldats affamés transformés en criminels.
À Ouadda-Maïkaga, le capitaine qui empoche 800 000 francs par mois devrait être traduit devant un tribunal militaire. Il vole ses propres soldats. Il extorque la population sous un faux prétexte. Il enrichit personnellement pendant que ses hommes ont faim. C’est une trahison de son devoir de commandement.
Mais il ne sera jamais jugé. Parce que tous les officiers supérieurs font la même chose. Parce que le système entier est basé sur la corruption et le vol. Parce que l’État-Major lui-même a renoncé à payer et à nourrir correctement les soldats.
Les deux soldats qui ont déserté à Ouadda-Maïkaga devraient normalement être arrêtés et jugés pour désertion. C’est ce que prévoit le code de justice militaire. Mais comment peut-on condamner des hommes qui sont partis simplement parce qu’ils avaient trop faim pour rester ?
Ces soldats n’ont pas déserté par lâcheté. Ils n’ont pas fui le combat. Ils ont simplement refusé de continuer à mourir de faim pendant que leur capitaine s’enrichit et que l’État-Major les abandonne. Ils ont choisi la survie.
Cette situation à Ouadda-Maïkaga est la preuve que l’armée centrafricaine est en décomposition avancée. Une armée où les soldats désertent parce qu’ils ont faim n’est plus une armée. C’est une fiction. C’est une coquille vide qui continue d’exister sur le papier mais qui n’a plus aucune capacité opérationnelle réelle.
Et pendant que l’armée nationale s’effondre, qui contrôle réellement le terrain en Centrafrique ? Wagner. Les Mercenaires russes sont les seuls qui reçoivent leurs 10 milliards par mois régulièrement. Eux ne désertent pas. Eux ont de quoi manger. Eux ont du matériel. Eux sont payés.
Touadéra a fait un choix : payer Wagner plutôt que payer son armée nationale. Dix milliards par mois pour les mercenaires russes, zéro franc de Prime Globale d’Alimentation pour les soldats centrafricains. Le message est clair : Wagner est prioritaire, les FACA sont sacrifiées.
Le résultat est sous nos yeux : des soldats FACA qui désertent parce qu’ils ont faim, pendant que Wagner contrôle le pays. Une armée nationale qui se transforme en gang de racketteurs pour survivre, pendant que les mercenaires russes reçoivent leurs milliards.
Mais tant que Touadéra restera au pouvoir, rien ne changera. L’État-Major continuera d’abandonner ses soldats. Les officiers corrompus continueront de voler. Les soldats affamés continueront de racketter la population ou de déserter. Et Wagner continuera de recevoir ses 10 milliards mensuels pendant que l’armée nationale s’effondre.
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L'ALLIANCE MAFIEUSE ET LE COMPLOT DES ANCIENS DIRIGEANTS L'enquête journalistique révèle que Mamadou Ramady n'agit pas seul. Il s'est associé à l'ancienne faction déchue par intérim du CSISCA, notamment l'ancien président par intérim, Ahmat Deléris Rator. Ce dernier, qui avait fait malin de ne rien savoir lorsque l'équipe technique était venue l'alerter dans son bureau provisoire (« L'Imam Kobine n'a jamais fait un tel projet »), cherchait en réalité à gagner du temps pour spolier la communauté. Pour déstabiliser le nouveau bureau légitime élu et investi en début d'année 2026 sous la direction de l'Imam Ouassélégué, cette clique utilise des méthodes criminelles : intimidations constantes, harcèlement et tentatives de putsch institutionnel. Le rôle de l'argentier Alamine Baraka Pour financer ce désordre et acheter des soutiens, l'ancienne équipe bénéficie des largesses financières d'Alamine Baraka, un homme d'affaires choyé par le pouvoir politique. 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