Ngbaté : l’école sous le manguier, symbole d’un système éducatif en ruine
Bangui, CNC. À seulement deux kilomètres du village Wawa , une scène surréaliste se déroule quotidiennement à Ngbaté. Près d’une centaine d’élèves s’entassent sur des nattes à même le sol, sous l’ombre d’un manguier, pour tenter d’apprendre dans des conditions déplorables.
Un tableau de fortune accroché à l’arbre sert de support pédagogique à un enseignant qui s’efforce tant bien que mal de dispenser ses cours. Aucune séparation entre les niveaux, tous les élèves sont mélangés, rappelant davantage une école coranique qu’une salle de classe conventionnelle.
La concentration des enfants est mise à rude épreuve. Les distractions sont légion : véhicules qui passent, cabris à pourchasser, sol à balayer. L’attention se disperse au gré des événements extérieurs, compromettant gravement la qualité de l’enseignement.
Cette situation incroyable pousse les centrafricains à s’interroger sur l’état du système éducatif centrafricain en 2024. Comment des enfants peuvent-ils recevoir une éducation digne de ce nom dans de telles conditions ? Que se passe-t-il les jours de pluie ?
Le plus choquant est la proximité de ce village avec Damara, lieu de naissance de la mère du Président Kongoboro. À quelques kilomètres seulement de chez lui, des enfants sont contraints d’étudier à même le sol, sans la moindre infrastructure.
Cette scène désolante démontre l’ampleur du désintérêt du gouvernement pour l’avenir de sa jeunesse. Même un simple hangar serait préférable à cette situation indigne d’un pays au 21e siècle.
L’éducation, socle du développement d’une nation, semble reléguée au dernier rang des priorités. Pendant ce temps, une génération entière voit son avenir hypothéqué par l’incurie des autorités.
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![Touadéra, regarde tes écoles à Birao, es-tu désormais content de ce naufrage ? Touadéra, regarde tes écoles à Birao, es-tu désormais content de ce naufrage ? Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Des salles de classe sans tables, des maîtres sans salaire, des filles qui abandonnent : à Birao, l’école préfectorale mixte donne à voir ce que l’État de Touadéra vaut réellement. Le directeur Chrispin Mbretizzi ne cherche plus ses mots. Son établissement tourne avec ce qu’il a, c’est-à-dire presque rien. Les enseignants contractuels ont dû descendre dans la rue pour toucher ce qui leur était dû, et même après ça, le compte n’y est pas. Les titulaires sont si peu nombreux que l’école fait appel à des maîtres-parents, des gens de bonne volonté sans formation, qui font ce qu’ils peuvent devant des classes entières d’enfants qui méritent mieux. C’est sur leurs épaules que repose aujourd’hui l’instruction publique à Birao. Les murs tiennent, mais l’intérieur est vide. Des élèves s’assoient à même le sol parce qu’il n’y a pas de tables-bancs. Les manuels disponibles couvrent à peine le français et les mathématiques, rien d’autre. Et le plus absurde dans tout ça : trois salles de classe ont été construites, elles sont là, debout, fermées à clé, inutilisables. Les tables-bancs promis pour les équiper ne sont jamais arrivés. Mbretizzi attend. L’école attend. Les ONG sont devenues le seul espoir réel d’obtenir un mobilier que l’État aurait dû livrer depuis longtemps. Ce qui inquiète le plus le directeur, c’est les filles. Elles partent. Pas toutes d’un coup, mais une par une, tirées hors de l’école par la pauvreté des familles et des mariages arrangés trop tôt. Mbretizzi le dit aux parents, il les interpelle, il insiste. Mais un homme seul face à une misère structurelle ne peut pas grand-chose. Tant que Bangui n’engage pas de moyens concrets pour financer les besoins de base et sécuriser la scolarité des filles en Vakaga, ses appels resteront sans écho. Par Ibrahim Moussa Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/05/eleves-Amdafock-218x150.jpg)