Maxime Balalou ivre de panafricanisme : quand le Tchad devient le nouveau sauveur de Bangui
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le ministre Maxime Balalou transforme N’Djamena en bienfaiteur de la paix centrafricaine après des années d’accusations mutuelles, dévoilant les contradictions d’un régime à la dérive diplomatique.
Le 1er septembre 2025, l’ex-détenu et Kitandaire Maxime Balalou a livré une performance digne des grands moments de l’opportunisme politique africain. Interrogé par l’un des journalistes présents à la conférence de presse sur les critiques de Jean-François Akandji Kombé concernant le soutien tchadien à l’accord de paix, le ministre s’est lancé dans une apologie du Tchad qui confine au ridicule tant elle contraste avec l’historique conflictuel entre Bangui et N’Djamena.
“Hier, on accusait le Tchad. Par-ci, par-là, que le Tchad est derrière, le Tchad déstabilise notre pays”, reconnaît candidement Balalou avant d’opérer un revirement spectaculaire. Cette franchise involontaire mérite d’être soulignée : le ministre admet que son propre gouvernement accusait hier le Tchad de déstabilisation. Mais les temps changent, les alliances aussi, et l’amnésie diplomatique fait des miracles.
Le voilà qui découvre soudainement les “liens séculiers” avec le voisin tchadien : “Nous avons des liens séculiers avec le Tchad. On est liés par l’histoire. Vous savez, à la frontière, on est à une frontière de milliers de kilomètres où les gens pratiquement ne parlent d’autre part la même langue”. Cette géopolitique approximative, où la proximité linguistique justifierait l’intervention étrangère, dévoile une conception pour le moins fantaisiste de la souveraineté nationale.
Maxime Balalou pousse l’effronterie jusqu’à transformer le Tchad en chevalier blanc de la paix centrafricaine : “Et si aujourd’hui, le gouvernement tchadien participe pour régler les questions sécuritaires dans notre pays, soutient. Mais c’est une très bonne chose pour les Centrafricains”. Cette métamorphose subite du “déstabilisateur” d’hier en “pacificateur” d’aujourd’hui illustre parfaitement l’opportunisme du régime Touadéra.
Le ministre Maxime Balalou monte ensuite sur ses grands chevaux pour fustiger les critiques du Professeur Jean-François Akandji-Kombé: “Quel est ce compatriote qui va causer comme une ingérence intérieure le fait que le Tchad participe à consolider la paix dans notre pays en apportant ce soutien ? Vous imaginez un peu comment peut-on regarder ces types de réactions ?”. Cette indignation de commande masque mal l’embarras gouvernemental face aux questions légitimes sur les contreparties de ce soutien tchadien providentiel.
Mais c’est dans sa tirade panafricaniste que Maxime Balalou atteint des sommets de grandiloquence creuse. “C’est terminé. Nous ne sommes plus à la colonisation, vous le savez bien. C’est terminé. Aujourd’hui, les peuples africains sont debout, sont réveillés. Nous voulons disposer de nous-mêmes”, proclame-t-il avec une conviction touchante.
Cette rhétorique de l’émancipation africaine sonne particulièrement faux dans la bouche d’un ministre dont le gouvernement survit grâce aux Mercenaires russes et au soutien militaire rwandais . Prétendre à l’autodétermination quand on dépend entièrement des béquilles étrangères pour se maintenir au pouvoir relève de la pure comédie politique.
Le porte-parole gouvernemental persiste dans cette voie : “Et maintenant, beaucoup de pays africains ont compris que leur destin était eux-mêmes. Nos destins ne dépendent plus d’un pays ou d’un leader étranger, non. Nous affirmons notre destinée nous-mêmes”. Cette déclaration d’indépendance tardive prête à sourire quand on mesure la dépendance abyssale de la Centrafrique vis-à-vis de ses “partenaires” stratégiques successifs.
Le ministre Maxime Balalou conclut sa charge par un verdict sans appel contre les détracteurs du soutien tchadien : “Et c’est pour cette raison que regardez ce qui se passe en Afrique. Et aujourd’hui, si certaines personnes considèrent que l’action que le Tchad a mené pour amener la paix dans nos pays est une ingérence intérieure, ces personnes se trompent diamétralement”.
Cette formule péremptoire traduit l’incapacité chronique du régime Touadéra à accepter la moindre critique sur ses alliances de circonstance. Plutôt que de reconnaître les zones d’ombre de cette coopération tchadienne, Balalou préfère disqualifier d’emblée ses détracteurs comme des esprits rétrogrades incapables de saisir les subtilités géopolitiques africaines.
Cette métamorphose du Tchad en sauveur de la Centrafrique interroge sur les véritables motivations de ce revirement spectaculaire. Hier accusé de tous les maux par Bangui, N’Djamena devient aujourd’hui l’artisan providentiel de la paix centrafricaine. Quels engagements secrets le gouvernement Touadéra a-t-il pris pour bénéficier de ce précieux soutien dans la signature de l’accord avec l’UPC et les 3R ?
Cette question centrale reste soigneusement évitée par Balalou, trop occupé à chanter les louanges de la “coopération fraternelle” tchadienne. Cette omission délibérée des contreparties de l’aide étrangère traduit une conception particulièrement opaque de la gouvernance démocratique.
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)