Massacre à Dembia : les miliciens Azandé font de nettoyage ethnique dans le Haut-Mbomou
Bangui, CNC. Une nouvelle vague de violence a frappé la localité de Dembia, dans la préfecture du Haut-Mbomou, dimanche dernier. Selon plusieurs sources locales contactées par la rédaction du CNC, une vingtaine de personnes auraient été tuées dans un massacre à Dembia lors d’une attaque menée par des hommes armés identifiés comme appartenant à la milice Azandé, désormais appelés Wagner ti Azandé.
Massacre à Dembia : bilan humain et ciblage ethnique.
Parmi les victimes de ce Massacre à Dembia figurent des civils, dont un activiste pour la paix et cinq réfugiés soudanais. Cinq autres personnes sont toujours portées disparues, accentuant l’inquiétude des habitants. D’après les témoignages recueillis, les assaillants auraient spécifiquement ciblé des membres de la communauté musulmane, dont la majorité est peule.
“J’ai vu ces hommes armés entrer dans notre village. Ils semblaient chercher des musulmans, et tiraient sur tout ce qui bougeait, sans distinction des enfants ou des femmes. Nous avons fui dans la brousse pour sauver nos vies”, raconte Amadou, un rescapé de l’attaque de Dembia.
Massacre à Dembia , quel est le Statut des miliciens Azandé.
Ce massacre à Dembia dévoile une fois de plus le statut trouble des miliciens Azandé. Officiellement incorporés dans les Forces armées centrafricaines (FACA) selon le gouvernement, mais en réalité ils semblent détenir toujours leur indépendance militaire et agir comme une milice autonome prêts à commettre des crimes.
“Ces hommes portent l’uniforme des FACA, mais leur comportement n’a rien à voir avec celui d’une armée régulière”, affirme un agent humanitaire travaillant dans la région. “Ils opèrent selon leurs propres règles, sans aucun contrôle “.
Influence du groupe Wagner sur les miliciens Azandé.
Des nombreuses sources locales pointent l’influence du groupe Wagner, qui aurait formé et déployé ces miliciens. Cette situation engendre des nouvelles interrogations sur la chaîne de commandement réelle de ces criminels Azandé et les objectifs poursuivis.
“Wagner utilise ces miliciens comme des pions pour maintenir l’instabilité et justifier sa présence”, explique Jean-Pierre Mballa, analyste politique à Bangui.
Massacre à Dembia : complicités au sein des autorités centrafricaines.
La récente nomination d’un milicien Azandé comme sous-préfet de Zémio alimente les soupçons de complicité au plus haut niveau de l’État.
“Cette nomination est un signal clair envoyé aux miliciens : ils ont carte blanche”, dénonce Ibrahim Amadou, un leader communautaire musulman à Yalinga.
L’ancien préfet du Haut-Mbomou avait publiquement évoqué à plusieurs reprises l’implication des députés de la région dans le soutien à ces milices Azandé. Mais des sources locales confirment également le soutien du Procureur Foukpio dans ces exactions de la milice Azandé
Nettoyage ethnique.
Ces événements s’inscrivent dans un contexte de tensions intercommunautaires alimenté depuis près de deux ans par des affrontements entre les hommes de l’UPC et ceux de la milice Azandé. La communauté musulmane, longtemps accusée de collusion avec les rebelles de l’UPC, semble aujourd’hui ciblée par une campagne de représailles de la part de la milice Azandé.
“C’est un véritable nettoyage ethnique qui se déroule sous nos yeux, et personne n’en parle”, alerte Judith Mboula, présidente d’une association des jeune de Zémio.
Les miliciens Azandé déployés partout dans le Haut-Mbomou.
La situation sécuritaire dans le Haut-Mbomou apparaît particulièrement préoccupante. Hormis à Obo, la capitale préfectorale, où sont stationnées des unités régulières des FACA, le reste de la région semble être sous le contrôle de facto des miliciens Azandé.
“Il n’y a aucune présence de l’État dans ces zones. Les miliciens font la loi“, ajoute Judith Demba.
Perspectives incertaines.
Alors que la tension reste palpable à Dembia, Rafaï, Zémio, Mboki et dans les localités environnantes, l’avenir de la région demeure incertain. Sans une action décisive des autorités pour désarmer les milices et promouvoir la réconciliation, le risque d’une escalade de la violence ethnique plane sur le Haut-Mbomou.
La population, en particulier la communauté musulmane, vit dans la peur constante de nouvelles attaques. L’urgence d’une réponse coordonnée et impartiale de l’État centrafricain n’a jamais été aussi criante pour éviter un bain de sang généralisé dans cette région déjà meurtrie par des années de conflit.
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![Axe Yalinga-Soudan : une véritable autoroute pour les rebelles du FSR Axe Yalinga-Soudan : une véritable autoroute pour les rebelles du FSR pendant que l’État regarde ailleurs Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Yalinga, une ville de la préfecture de la Haute-Kotto reste une porte grande ouverte sur le Soudan. Et tout le monde le sait : un danger pour le pays. Selon les propres mots de la sous-préfète Natacha Gwladys Akani, l’autre axe, celui qui mène directement vers la frontière soudanaise, n’est toujours pas sécurisé. Les hommes armés venus du Soudan y circulent comme bon leur semble. Ils entrent, ils sortent, ils passent et repassent sans aucune gêne réelle. C’est devenu leur couloir préféré. Un an et demi après l’arrivée de Mme Akani, après le déploiement tant vanté des FACA, de la police et de la gendarmerie au centre de Yalinga, cet axe reste une zone de non-droit. La présence des forces de sécurité est concentrée au chef-lieu, mais dès qu’on s’éloigne un peu, surtout vers cet axe stratégique, le vide se fait sentir. Résultat : les rebelles profitent de cette faille béante pour circuler librement. La sous-préfète ne cache pas son inquiétude. Elle demande ouvertement au gouvernement de « garder le cap » et de renforcer la sécurisation de cette zone. En langage clair, cela veut dire que l’État n’a toujours pas fait le nécessaire. Il a envoyé quelques éléments au centre pour calmer les esprits, mais il a laissé l’axe frontalier sans contrôle réel. Une véritable autoroute pour tous ceux qui veulent causer du trouble ou faire du business illicite avec le Soudan. C’est le même refrain qu’on entend depuis des années en Centrafrique : on sécurise ce qui se voit, on prend des photos avec les nouvelles casernes bien peintes, et on abandonne les axes sensibles. Les partenaires techniques et financiers applaudissent les progrès au centre-ville, pendant que les rebelles continuent à utiliser librement cette porte d’entrée vers le territoire national. L’État regarde ailleurs. Il préfère célébrer la jolie gendarmerie et le bureau de sous-préfecture tout neuf plutôt que d’envoyer des renforts conséquents, des moyens roulants et une présence permanente sur cet axe. Résultat : Yalinga reste vulnérable. La population vit avec la peur constante que les hommes armés reviennent en force, parce que rien ne les empêche vraiment de le faire. Tant que Bangui traitera cet axe comme un détail secondaire, tant qu’on continuera à déployer des forces en nombre ridicule sans les doter des véhicules nécessaires pour patrouiller une zone aussi vaste, la sous-préfecture de Yalinga ne connaîtra jamais la paix durable. Elle restera simplement une localité où l’État fait semblant de revenir, pendant que les rebelles, eux, reviennent vraiment. La vérité crue est là : l’axe Yalinga-Soudan est devenu une autoroute pour les groupes armés. Et l’État, une fois de plus, choisit de regarder ailleurs. Par Moïse Banafio Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/07/rebelle_du_prnc_dans_la_haute_kotto-157x150.jpg)