Le mytho-dictateur Faustin-Archange Touadéra reconnaît lui-même que la mafia s’enracine au milieu judiciaire en RCA
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
L’aveu de culpabilité vient directement du sommet de l’État centrafricain. En s’enprenant publiquement aux magistrats, le dictateur de Bangui confirme l’effondrement éthique absolu d’un système qu’il dirige pourtant depuis une décennie.
Dans son discours ce vendredi 19 juin devant les magistrats, le l’empereur dictateur de Bangui affirme textuellement : « J’adresse ainsi un avertissement sévère à ces quelques anciens magistrats qui, au lieu de guider la jeunesse vers l’excellence, utilisent plutôt leur autorité pour initier les jeunes magistrats et juges aux dérives financières, aux trafics d’influence et au mépris de la loi. » Cette déclaration constitue une incroyable esquive politique. Le pouvoir feint de découvrir l’existence de réseaux mafieux au sein des cours alors qu’il alimente lui-même cette corruption en maintenant à la tête du secteur les principaux artisans de la manipulation du droit. La reconduction des mêmes ministres et courtisans au cœur de l’appareil d’État démontre que le palais de Bangui n’est pas la victime de cette mafia, mais son principal sanctuaire.
L’analyse de ses propos confirme sa volonté d’institutionnaliser un conflit de générations pour masquer sa propre faillite. Le mytho-dictateur déclare que « entraîner de jeunes magistrats et juges à juger contre leurs serments, c’est trahir la nation et saboter délibérément les fondements de la République » et que « la transmission de la forfaiture est inadmissible ». Ces accusations violentes visent en réalité à briser la solidarité du corps judiciaire. Les anciens magistrats, coupables de vouloir respecter les procédures légales traditionnelles face aux caprices du clan présidentiel, sont ciblés pour être écartés. Le régime cherche à culpabiliser la vieille garde pour justifier une purge à venir et la remplacer par une jeunesse malléable, redevable au palais pour sa carrière.
La prétendue lutte contre les dérives financières résonne comme une provocation pour les citoyens centrafricains. Comment parler de moralisation de la justice quand l’exécutif lui-même utilise les deniers publics et les ressources forestières et minières pour s’assurer la fidélité de ses alliés extérieurs et de ses milices privées. Le pouvoir affirme que « tout ancien qui pervertira un jeune magistrat ou juge pour couvrir des intérêts mafieux ou prononcer des décisions uniques répondra de ces actes devant la justice ». Pourtant, les véritables dossiers de grande corruption économique impliquant les proches de la présidence restent systématiquement classés sans suite par des parquets sous ordre, confirmant que cette rigueur affichée ne s’applique qu’aux magistrats refusant de se soumettre à la dictée officielle.
Ce réquisitoire présidentiel dévoile la panique d’un régime acculé par ses propres contradictions. En affirmant que « la sagesse de l’âge doit inspirer la vertu, non orchestrer le crime », le chef de l’État tente d’incarner une autorité morale qu’il a perdue depuis le forcing constitutionnel ayant aboli l’ordre démocratique précédent. Le verrouillage de l’appareil judiciaire par le biais de menaces directes proférées lors d’une rentrée solennelle montre que la VIIe République n’a plus rien à offrir en dehors de l’intimidation et de la coercition. Les tribunaux de Bangui perdent toute fonction de régulation sociale pour devenir le terrain d’un règlement de comptes interne, où le chef de l’État tente d’éliminer les derniers bastions de résistance légale au sein de la magistrature.
L’injonction faite à la jeune génération de faire preuve d’humilité et d’écouter complète ce dispositif de domestication de la justice. Le palais de Bangui veut façonner des fonctionnaires d’exécution, dociles et terrorisés par l’idée d’un limogeage ou d’une poursuite pour complicité mafieuse. Les accords de coopération avec des puissances autoritaires étrangères viennent parfaire ce système en fournissant des cadres de formation où la soumission aveugle au pouvoir politique est érigée en vertu cardinale. Le temple de la loi se retrouve ainsi définitivement transformé en une officine de validation des décrets présidentiels, garantissant une impunité éternelle aux prédateurs de la fortune publique installés au sommet de l’administration centrafricaine.
Par Alain Nzilo
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