Le 8 mars 2026 : la Centrafrique fête ses femmes et mesure le chemin qui reste

Rédigé le 09 mars 2026 .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Chaque année, le monde entier s’arrête un instant pour regarder la place qu’il offre à ses femmes. En République centrafricaine, cet arrêt a pris, ce dimanche 8 mars 2026, des allures de bilan à ciel ouvert.
C’est dans cette atmosphère que la ministre Marthe Kirimat, en charge de la promotion du genre, a ouvert les festivités officielles à Bangui. Devant un parterre d’autorités, elle a dressé un état des lieux sans détour : des progrès réels ont été accomplis, mais les femmes centrafricaines restent encore loin du compte dans les postes de décision. Certains départements ministériels, a-t-elle déploré, ignorent le quota de représentation féminine pourtant inscrit dans les textes en vigueur.

À ses côtés, le Premier ministre Félix Moloua, venu représenter le chef de l’État Faustin-Archange Touadéra, a choisi d’apporter une réponse nuancée à cette critique. Pour lui, la question ne se résoudra pas d’un claquement de doigts. Le choix des personnes nommées aux postes de responsabilité, a-t-il soutenu, repose d’abord sur les compétences, et non sur le genre.
Ce positionnement n’a pas manqué de nourrir un débat dans les coulisses de la cérémonie. Car si la compétence est effectivement un critère légitime, encore faut-il que les femmes aient eu, dès le départ, les mêmes chances d’acquérir ce capital humain. C’est précisément là que le Premier ministre a reconnu un chantier majeur : créer les conditions d’un accès équitable à l’éducation et à la formation.

Sur ce point, il a cité l’initiative du chef de l’État d’accorder des bourses aux filles, présentée comme un signal fort envoyé aux familles centrafricaines. Les femmes présentes dans la salle ont aussi offert, à travers une course et des sketches, une démonstration de leur capacité à prendre la parole, à revendiquer et à entreprendre. Le Premier ministre y a vu la preuve que le dialogue entre hommes et femmes avait progressé.
La note conceptuelle de l’UNFPA, publiée à l’occasion de cette journée, donne pourtant une autre mesure de la réalité. L’organisation onusienne rappelle que les femmes et les filles centrafricaines restent exposées aux mariages précoces, aux violences de genre et à un accès limité aux soins de santé reproductive. Le thème retenu pour 2026, « Droits. Justice. Action pour TOUTES les femmes et les filles », n’est pas un slogan de circonstance.
Le thème national choisi par le gouvernement centrafricain, « De la reconnaissance des droits à l’action concrète », va dans le même sens. Il reconnaît implicitement que les lois existent, que les engagements ont été pris, mais que leur traduction dans la vie quotidienne des femmes du pays reste un travail inachevé.
Félix Moloua a conclu ses propos en appelant le secteur privé à s’associer à cet effort, pour que les femmes puissent créer de la richesse et accéder à l’entrepreneuriat. Un appel qui sonne comme un aveu : l’État seul ne peut pas porter ce chantier.
Par Abdrahim Solo
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