
L’Action Justice et Droit en Centrafrique (AJDC) affirme avoir recueilli des informations sur des pressions visant des opposants et voix critiques du pouvoir de Faustin-Archange Touadéra.
Dans un communiqué publié le 5 octobre 2026, l’organisation de la société civile dit confirmer les alertes formulées le 22 septembre par Joseph Bindoumi, président de la Ligue centrafricaine des droits de l’Homme (LCDH).

Selon l’AJDC, plusieurs jours de vérifications, de recoupements et de collecte d’informations ont permis de réunir des éléments qu’elle juge concordants. L’organisation affirme avoir identifié des personnes et leurs familles qui seraient directement visées par des pressions liées à leurs opinions politiques.
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Des pressions visant des voix critiques
L’AJDC évoque des actes d’intimidation et des mesures de rétorsion qui concerneraient des citoyens ayant exprimé publiquement des positions critiques envers le pouvoir.
L’organisation estime que ces pratiques viseraient également des personnes proches de courants politiques considérés comme opposés au régime du président Faustin-Archange Touadéra.
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Elle affirme disposer d’éléments suffisamment concordants pour confirmer les inquiétudes exprimées par Joseph Bindoumi. L’AJDC ne publie pas, à ce stade, l’identité des personnes concernées ni l’ensemble des informations recueillies.
L’organisation justifie cette retenue par la nécessité de protéger les éventuelles victimes et les témoins. Elle indique être disposée à transmettre les éléments en sa possession aux autorités judiciaires ou à des mécanismes indépendants compétents.
Des missions évoquées au Cameroun, au Congo et en France
Le communiqué contient aussi une accusation plus précise. L’AJDC affirme avoir recueilli des informations faisant état de missions qui auraient quitté Bangui à destination du Cameroun, de la République du Congo et de la France.
Selon l’organisation, ces missions auraient pour objectif présumé d’identifier, de suivre, de contacter ou de faire pression sur des ressortissants centrafricains considérés comme proches de l’opposition ou critiques du pouvoir.
L’AJDC précise que ces informations font encore l’objet de vérifications et de recoupements. Elle estime disposer d’éléments suffisamment précis pour demander aux autorités des trois pays concernés d’accorder une attention particulière à ces signalements.
L’organisation appelle également les mécanismes régionaux et internationaux compétents à vérifier l’existence et la nature de ces éventuelles missions.
Si les faits étaient confirmés, l’AJDC estime que des pratiques d’intimidation visant des citoyens centrafricains en raison de leurs opinions politiques pourraient avoir été exercées en dehors du territoire national.
L’AJDC demande une enquête indépendante
L’organisation rappelle que la liberté d’opinion et la liberté d’expression constituent des droits fondamentaux. Elle considère qu’un citoyen ne devrait pas être inquiété pour avoir critiqué le président de la République, contesté une décision gouvernementale ou appartenu à l’opposition.
L’AJDC demande aux autorités centrafricaines de mettre fin à toute forme d’intimidation ou de pression fondée sur les opinions politiques.
Elle réclame également une protection effective pour les défenseurs des droits humains, les journalistes, les acteurs associatifs, les opposants et les citoyens exerçant pacifiquement leurs libertés.
L’organisation demande surtout l’ouverture d’une enquête indépendante. Elle affirme que cette procédure permettrait de transmettre à la justice les informations et les éléments de preuve dont elle dit disposer.
Elle insiste aussi sur le respect de la présomption d’innocence, du droit à la défense et des garanties fondamentales pour toute personne faisant l’objet de poursuites.
L’organisation documente les pressions exercées par le pouvoir contre l’opposition politique et réclame l’ouverture d’une enquête face aux missions de surveillance menées à l’étranger.
La MINUSCA, l’UE et l’UA interpellées
L’AJDC appelle les partenaires internationaux de la République centrafricaine à suivre l’évolution des libertés publiques dans le pays.
Elle cite notamment la MINUSCA, l’Union européenne, l’Union africaine ainsi que les organisations régionales et les mécanismes internationaux de protection des droits humains.
L’organisation affirme que sa démarche ne vise ni une personne, ni une institution, ni un parti politique. Elle dit vouloir dénoncer toute pratique susceptible de priver un citoyen de ses droits en raison de ses opinions.
L’AJDC estime que les mêmes libertés doivent être garanties aux partisans du pouvoir comme à ses opposants.
Dans son communiqué signé par son président Kevin Momegou Sambia, l’organisation invite enfin les personnes qui s’estiment victimes de pressions, d’intimidations ou de menaces liées à leurs opinions à la saisir, avec des garanties de confidentialité et de sécurité.
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