23/06/14 (AFP)
La Centrafrique, pays « complètement détruit », a besoin d’un « gouvernement fort » pour sortir de la situation « quasi-anarchique » créée par la crise armée ouverte en 2013, a affirmé lundi Médecins sans frontières (MSF).
« C’est un pays complètement détruit », a déclaré à Nairobi lors d’une conférence de presse Sylvain Groulx, qui était jusqu’à ces derniers jours le chef de mission de l’ONG en Centrafrique.
La situation est « quasi-anarchique », le gouvernement « n’a aucun contrôle sur Bangui et certainement pas (sur) les provinces », a-t-il souligné.
Aujourd’hui, la Centrafrique a « besoin d’un gouvernement fort » et « uni », a-t-il insisté, en appelant à la « volonté politique des Centrafricains ».
Pour l’heure, « on voit qu’il y a des fractures » au sein du gouvernement, de même que les groupes armés sont déchirés « en interne » par des conflits, a-t-il dit.
Dans ce pays qui traverse une crise sans précédent depuis 2013, les civils vivent au rythme des exactions commises par les ex-rebelles Séléka, majoritairement musulmans, et les milices anti-balaka, principalement chrétiennes, malgré le déploiement de forces internationales.
Formé en janvier, le gouvernement de la présidente de transition, Catherine Samba Panza, est entravé par de vives tensions internes.
« Le gouvernement a ses responsabilités » et doit « s’efforcer de sécuriser, de réconcilier », a encore jugé M. Groulx.
« Il doit y avoir une vision » commune entre le gouvernement et les donateurs extérieurs mais parvenir à une telle vision est « impossible » sans sécurité, a-t-il assuré.
Sur le plan humanitaire, « il y a de grands besoins aujourd’hui. Malheureusement ces problèmes d’insécurité qui persistent font qu’aujourd’hui il n’y a pas assez d’acteurs humanitaires sur le terrain et pas assez qui est fait par les agences onusiennes », a-t-il insisté.
Les exactions des groupes armés contre les civils ont fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés.