
Le sport centrafricain connaît un nouvel élan, porté par la détection de jeunes joueurs prometteurs et des performances inédites sur la scène continentale. En football notamment, les Fauves de Bas-Oubangui ont créé la surprise en décrochant, pour la première fois de leur histoire, une qualification pour le CHAN 2025 (Coupe d’Afrique des nations des joueurs locaux).
L’essor du football centrafricain
La qualification historique pour le CHAN 2025 atteste de la montée en puissance du football national. Encadrée par le sélectionneur Sébastien Ngato, l’équipe locale a surpris le Cameroun. La RCA a validé son billet pour ce tournoi pour la première fois de son histoire. Les observateurs ont particulièrement retenu la prestation de l’attaquant Bertillon Arnold Yangana (23 ans), du club Red Star de Bangui. Entré en seconde période lors du match retour contre le Cameroun, Yangana inscrit le but victorieux à la 87ᵉ minute, le plaçant d’emblée parmi les héros du football centrafricain. À ses côtés, le jeune gardien Saturnin Ngarsouma (20 ans) a multiplié les arrêts décisifs pour sceller la qualification des siens.
Ces succès collectifs montrent que le championnat local, longtemps méconnu, héberge aujourd’hui des joueurs capables de rivaliser avec les meilleures sélections africaines. Grâce à ces exploits sur le terrain, l’analyse statistique des rencontres gagne du terrain parmi les supporters. En effet, ils combinent désormais instinct et chiffres pour suivre les progrès de leurs équipes. Lors des grands matchs, beaucoup se tournent même vers les plateformes de pari sportif, utilisant les cotes en temps réel en complément des statistiques traditionnelles comme les buts, les passes et la possession.
Talents locaux et diaspora
La révélation de nouveaux talents centrafricains passe également par les clubs locaux et par la diaspora. Au niveau national, des clubs comme le Red Star de Bangui, champion 2024, fournissent des cadres expérimentés, mais la relève vient surtout des plus jeunes. Parmi eux, les attaquants Boris Gbenou (21 ans) et Ibrahim Dote-Betoua (21 ans) incarnent l’espoir offensif du pays. Boris Gbenou évolue comme attaquant et arbore déjà les couleurs de l’équipe nationale U20 de la RCA. Ibrahim Dote-Betoua, attaquant de même âge, représente le club Red Star et figure parmi les espoirs centrafricains. Ces deux joueurs forment une génération de jeunes footballeurs passés par les centres de formation de Bangui, prêts à faire la transition vers l’équipe A.
Parallèlement, la diaspora nourrit le vivier de talents. Certains footballeurs nés en Centrafrique mais formés à l’étranger sont régulièrement appelés en sélection. Par exemple, Noah Ato-Zandanga (22 ans) joue en Suisse et possède la nationalité centrafricaine. Bien que ces joueurs ne soient pas encore stars internationales, ils illustrent la volonté de l’encadrement fédéral de capitaliser sur la diaspora pour renforcer l’équipe. Le maillage des réseaux scouts et les compétitions de jeunes (notamment U17 et U20) permettent d’identifier ces jeunes diamants bruts, qu’ils soient locaux ou basés à l’étranger.
L’avenir par les équipes jeunes
Le vivier des équipes nationales de jeunes est particulièrement prometteur. Les Fauves U20, par exemple, ont montré qu’ils pouvaient rivaliser avec les meilleures sélections adolescentes d’Afrique. Le capitaine de cette génération, Bercier Eddy Jores Mbaigoto (18 ans, du club As Gbangre), s’est révélé lors du tournoi UNIFFAC 2024. Il a inscrit un but d’anthologie dans la victoire 2-1 contre le Gabon. De son côté, l’attaquant Serge Nestor Chérubin Kondja (19 ans, du FC SOS en RCA) est décrit comme le patron de l’attaque centrafricaine. À cet âge déjà canonique, Kondja se distingue par ses qualités techniques et son efficacité devant le but, ce qui en fait l’un des talents offensifs les plus observés par les recruteurs.
Ces deux joueurs, en plus de plusieurs autres U17 et U20, seront les fers de lance de la Centrafrique lors des grands rendez-vous prévus en 2025 (Coupe d’Afrique U20 en Égypte, CAN U17 au Maroc, etc.). Leur évolution sera un indicateur clé de la santé future du football centrafricain. Les récentes campagnes de détection (U15, U17) ont permis d’identifier de nombreux talents prometteurs même dans les catégories féminines. En parallèle, des programmes de formation intensifs ont été lancés dans les centres de Bangui, véritables pépinières de talents. Toutes compétitions confondues, l’année 2025 s’annonce donc riche en occasions de découverte de jeunes talents venus d’un pays d’à peine 5,5 millions d’habitants.




![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)