IMC est une entreprise chinoise, c’est à moi de décider qui je dois employer ou non, affirme un patron chinois du site de Gomon aux employés centrafricains

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IMC est une entreprise chinoise, c’est à moi de décider qui je dois employer ou non, affirme un patron chinois du site de Gomon aux employés centrafricains

 

IMC est une entreprise chinoise, c’est à moi de décider qui je dois employer ou non, affirme un patron chinois du site de Gomon aux employés centrafricains
L’exploitant chinois avec son arme de guerre sur lui

 

Rédigé le 18 février 2026 .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Les employés centrafricains du site minier chinois de l’IMC de Gomon expriment leur indignation après le licenciement de plusieurs compatriotes, aussitôt remplacés par des travailleurs illégaux camerounais.

 

L’affaire a éclaté il y a quelques jours sur le site minier de Gomon, situé à vingt kilomètres de Yaloké, dans la préfecture de l’Ombella-Mpoko. Des dizaines de Camerounais sont arrivés pour travailler au sein d’IMC, l’Industrie Minière Centrafricaine, une entreprise détenue par des intérêts chinois. Cette arrivée massive a immédiatement déclenché une vague de protestations parmi les ouvriers centrafricains.

 

De nombreux travailleurs centrafricains ont été licenciés sans explication valable, puis remplacés par ces nouveaux venus. La préférence des dirigeants chinois pour la main-d’œuvre camerounaise ne date pas d’hier, mais cette fois, l’ampleur du phénomène choque profondément. Les employés centrafricains se demandent pourquoi ils sont ainsi écartés de leur propre territoire.

 

Cette situation devient d’autant plus incompréhensible que des Centrafricains demandent du travail depuis des semaines, parfois des mois. Pourtant, l’entreprise continue de recruter ailleurs, au-delà des frontières, ignorant complètement les candidatures nationales. Aujourd’hui, plus de trois quarts des employés du site sont camerounais, une proportion qui provoque l’indignation des populations riveraines.

 

Les travailleurs centrafricains expriment leur colère ouvertement, ne comprenant pas cette logique de recrutement. Ils constatent que leurs compatriotes sont méthodiquement écartés alors que des étrangers arrivent sans même posséder les autorisations de travail nécessaires. Beaucoup de ces Camerounais opèrent dans l’illégalité, sans papiers en règle, ce qui aggrave le sentiment d’injustice.

 

Face à ces protestations grandissantes, l’adjoint au chef de l’entreprise, un responsable chinois, a décidé de répondre. Selon lui, IMC demeure une société chinoise et il revendique le droit d’embaucher qui bon lui semble, sans contrainte ni pression. Les Centrafricains, dit-il clairement, n’ont pas à lui dicter sa politique de recrutement ni à s’immiscer dans ses choix.

 

Cette déclaration a provoqué une onde de choc parmi les employés centrafricains. Ils se demandent désormais s’ils sont encore chez eux, dans leur propre pays, ou si les règles ont changé sans qu’ils en soient informés. Certains s’interrogent sur l’engagement réel de la septième République à défendre leurs intérêts économiques face aux entreprises étrangères.

 

La situation devient encore plus trouble lorsque l’inspection du travail annonce sa venue sur le site. À chaque contrôle prévu, les Camerounais disparaissent subitement, cachés quelque part dans les environs par des complices de l’armée nationale. Les inspecteurs ne trouvent alors que les employés en règle, donnant l’impression trompeuse que tout fonctionne normalement.

 

Ce stratagème ne s’arrête pas aux ouvriers camerounais. Une vingtaine de Chinois travaillent également sur le site, la plupart arrivés via le Cameroun sans passer par les procédures officielles. Lors des inspections, ces derniers prétendent avoir oublié leurs documents à Bangui, alors qu’ils n’ont jamais mis les pieds dans la capitale centrafricaine.

 

Cette comédie administrative fonctionne grâce à des complicités centrafricaines solidement établies. Des militaires centrafricains participent activement à ces manœuvres, cachant les travailleurs clandestins dès qu’un contrôle se profile à l’horizon. Ils conduisent même parfois les Chinois depuis la frontière, leur évitant ainsi tous les postes de vérification habituels.

 

Les soldats escortent les véhicules, facilitent les passages aux barrières et garantissent une circulation sans encombre ni questionnement. Personne n’ose interroger ces convois officiels protégés par l’uniforme militaire. L’autorité de l’armée suffit à écarter toute suspicion, toute vérification, toute enquête approfondie sur ces mouvements suspects.

 

Les employés centrafricains du site parlent ouvertement de trafic des travailleurs clandestins. Ils estiment que leurs propres forces armées travaillent contre eux, favorisant les intérêts étrangers au détriment de la population centrafricaine qui souffre du chômage. Cette complicité militaire rendrait impossible toute régulation du secteur minier, pourtant censé profiter aux Centrafricains.

 

Certains évoquent même l’hypothèse d’instructions venues d’en haut, ordonnant aux soldats de faciliter les opérations chinoises et camerounaises. Les travailleurs centrafricains auraient ainsi pour consigne implicite de céder la place, de se taire, d’accepter leur marginalisation sans broncher. Cette théorie circule largement parmi les ouvriers licenciés qui cherchent à comprendre ce qui leur arrive.

 

Par Arsène Zato

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