Il a peur, et il a dit franchement : à l’approche de la saison pluvieuse, le préfet de la Nana-Gribizi, Pierre Nino Yangoua, devant le risque d’isolement de sa préfecture, rappelle que c’est à l’État et non à la Minusca de reconstruire le réseau routier
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
L’imminence des grandes pluies suscite la panique en Nana-Gribizi. Le préfet Pierre Nino Yangoua dénonce la ruine des axes routiers et exige l’intervention urgente de l’État plutôt que celle de la Minusca.
L’imminence des grandes précipitations ravive la panique des responsables territoriaux dans l’arrière-pays centrafricain. Contrairement aux discours de propagande tenus par certains gouverneurs comme Victor Bissecoing dans le Haut-Oubangui, le préfet de la Nana-Gribizi, Pierre Nino Yangoua, choisit de dire des vérités crues sur l’état des voies de communication. Les axes majeurs qui relient Kaga-Bandoro à Ouandago, Ouandago à Kabo, et Ouandago à Batangafo se trouvent actuellement dans un état de dégradation extrêmement avancé. Les liaisons reliant Bouca à Damara ou Batangafo à Bouca sont également devenues presque impossibles pour les véhicules avant même l’installation définitive des pluies.
Le point le plus névralgique de cette rupture annoncée se situe au niveau du pont Yamissi. Cette structure menace de s’effondrer et de couler dès les premières grosses averses de la saison. Si ce pont cède, l’accès vers Ouandago-Kabo et Ouandago-Batangafo sera totalement rompu. Cette situation critique va bloquer l’approvisionnement en marchandises pour une grande partie du nord de la République Centrafricaine. Cet axe routier d’environ 120 kilomètres possède une importance stratégique majeure, car il est emprunté quotidiennement par de gros camions en provenance du Tchad qui ravitaillent les marchés centrafricains.
Devant ce péril, le préfet Pierre Nino Yangoua refuse de se contenter des interventions limitées de la communauté internationale. Il affirme ouvertement que la population ne peut pas toujours compter uniquement sur la Minusca pour réparer les infrastructures de base. Le chef de l’administration régionale demande directement au pouvoir central de prendre ses responsabilités. Il exige l’intervention immédiate de l’État par le biais de l’Office National de l’Équipement Militaire, l’ONEM, afin d’envoyer des techniciens et du matériel pour inspecter et stabiliser ces routes en urgence.
Cette sortie publique met en évidence les conséquences concrètes de la gestion du président Touadéra et de son équipe gouvernementale. Alors que les autorités préfectorales supplient Bangui d’allouer des ressources pour sauver un axe commercial vital avec le Tchad, les caisses publiques restent accaparées par les denses militaires destinées à rémunérer les mercenaires russes de Wagner et d’Africa Corps. Ce choix budgétaire laisse les provinces dans un état d’enclavement total. Les camions de marchandises risquent de se retrouver bloqués à la frontière ou de se renverser, reproduisant le même scénario que l’accident survenu récemment à Poumbaïndji près de Paoua, où un autre pont délabré a failli coûter la vie à quatorze passagers
Par Justin Nganayousou
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