Hommage à Joseph Bendounga : au panthéon de la conscience politique centrafricaine

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
Une pluie fine tombait sur Bangui ce dimanche 5 janvier 2025 quand Corbeau News Centrafrique a appris la disparition de Joseph Bendounga à l’hôpital de l’Amitié. Depuis sa création, notre journal a suivi avec attention le parcours de cet homme d’exception qui a marqué l’histoire politique de notre pays. Aujourd’hui, la rédaction de CNC tient à saluer la mémoire de celui qui incarnait la conscience politique centrafricaine.
L’histoire retiendra qu’en ce dimanche 5 janvier 2025, la République centrafricaine a perdu l’une de ses voix les plus authentiques. Joseph Bendounga, ce fils de Bocaranga qui a consacré sa vie à la défense des idéaux démocratiques, s’est éteint à l’hôpital de l’Amitié de Bangui. Conformément à sa volonté, lui qui a toujours privilégié la simplicité, il a été inhumé le jour même, refusant jusqu’au bout les honneurs officiels.
Joseph Bendounga : un parcours marqué par l’intégrité
Né le 17 mars 1954 à Bocaranga, Joseph Bendounga portait en lui la vision d’une Centrafrique unie et prospère. Diplômé en droit de l’Université de Bangui et maître de karaté, il incarnait cette rare alliance de la force morale et de l’intelligence juridique. En 1990, alors que le pays s’ouvrait au multipartisme, il fonde le Mouvement Démocratique pour la Renaissance et l’Évolution de Centrafrique (MDREC), marquant ainsi le début d’un engagement politique sans compromission.
De 1997 au 18 février 2000, il dirige la mairie de Bangui, laissant le souvenir d’un administrateur intègre. Son bref passage comme vice-ministre du Développement rural et de l’agriculture en 2013, sous Michel Djotodia, se termine par sa démission fracassante, fidèle à ses principes de ne jamais cautionner ce qu’il considérait comme contraire à l’intérêt national.
Le courage face à l’adversité
L’histoire retiendra particulièrement son expulsion musclée du Palais de la Renaissance le 19 octobre 2010, sur ordre du président Bozizé, lors d’une réunion retransmise en direct à la radio. Cet épisode, loin de le faire taire, n’a fait que renforcer sa détermination à combattre l’arbitraire.
En 2020, il marque les esprits en déposant une plainte historique contre quatre présidents : Faustin Archange Touadéra et ses prédécesseurs Catherine Samba-Panza, Michel Djotodia et François Bozizé. Il les accusait d’être “l’alpha et l’oméga” des souffrances du peuple centrafricain, dénonçant notamment la disparition de 10 millions de dollars octroyés par l’Angola en 2014.
Joseph Bendounga : le gardien de la Constitution
En 2023, alors que le pays s’apprêtait à voter une nouvelle Constitution fabriquée de toute pièce par Baba Kongoboro pour s’éterniser au pouvoir, Joseph Bendounga s’est dressé contre ce qu’il considérait comme une dérive autoritaire. Il dénonçait avec véhémence l’introduction du concept de “centrafricanité”, qu’il jugeait contraire au principe sacré de “Zo Kwé Zo” (tout homme est un homme) cher au père fondateur Barthélemy Boganda.
Sa vigilance s’est également exercée sur les questions économiques. Face à l’adoption du bitcoin comme monnaie légale en RCA, il mettait en garde : “C’est l’économie centrafricaine qui sera saignée à blanc.” Une prémonition qui résonne encore aujourd’hui.
Joseph Bendounga : un homme de conviction jusqu’au bout
Élu député de Bimbo 3 en 2021, il a poursuivi son combat parlementaire avec la même ferveur. Son dernier combat aura été pour la défense du député Dominique Éphrem Yandocka, dont il exigeait l’évacuation sanitaire, fidèle jusqu’au bout à son engagement pour les droits humains.
À l’époque de la pression politique, Joseph Bendounga préfère vivre modestement, préférant dormir sous une tente dans sa concession plutôt que de céder aux sirènes du pouvoir. Cette intégrité lui a valu le respect même de ses adversaires politiques.
L’héritage d’un patriote
Sa disparition laisse un vide immense dans le paysage politique centrafricain. Plus qu’un opposant, Joseph Bendounga était un patriote visionnaire qui croyait en la possibilité d’une Centrafrique démocratique et prospère. Son parcours nous rappelle que le courage politique n’est pas un vain mot.
Aux générations futures, surtout aux députés qui changent de veste comme le vent, il lègue l’exemple d’un homme qui n’a jamais transigé avec ses principes, qui a su dire non quand il le fallait, et qui a toujours placé l’intérêt de son pays au-dessus de ses intérêts personnels.
Joseph Bendounga rejoint ainsi le panthéon des grandes figures qui ont marqué l’histoire de la République centrafricaine, non par leur soif de pouvoir, mais par leur engagement indéfectible pour la justice et la démocratie.
La rédaction de Corbeau News Centrafrique s’incline respectueusement devant la mémoire de Joseph Bendounga. Par sa droiture et son engagement sans faille, il a incarné les valeurs que notre journal s’efforce de défendre : l’intégrité, le courage et la quête de vérité. Son exemple continuera d’inspirer les générations futures de journalistes et de citoyens engagés.
À sa famille, à ses proches et à tous les Centrafricains qui ont cru en son combat, nous présentons nos sincères condoléances. La République centrafricaine perd un de ses fils les plus dignes, mais son héritage demeurera comme un phare dans la nuit pour tous ceux qui rêvent d’une Centrafrique plus juste et plus démocratique.
Par Alain Nzilo
Directeur de publications
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)
