
L’affaire du harcèlement administratif visant le coordonnateur du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC), Maître Crépin Mboli-Goumba, rebondit et prend une tournure d’amateurisme scandaleux.
Malgré une décision claire du Tribunal Administratif de Bangui donnant raison à l’avocat, le ministre de l’Urbanisme, Hassan Bouba, persiste dans l’illégalité.
Dans un courrier officiel daté du 23 septembre 2026, le chef de guerre reconverti ministre tente un passage en force en enjoignant madame la Mairesse de Bangui de retirer l’autorisation accordée à l’opposant. Une manœuvre téléguidée dans l’ombre par un Chargé de mission en quête de promotion, au mépris le plus absolu du droit et de l’autorité de la chose jugée.
Selon les investigations approfondies menées par la rédaction de Corbeau News Centrafrique dans ce ministère, le véritable concepteur de ce bricolage juridique est désormais identifié. Le visa figurant sur l’en-tête du document trahit l’implication directe du Chargé de mission en matière de Réforme Foncière et d’Aménagement du Territoire au cabinet du ministre.
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Au sein du cabinet d’Hassan Bouba, un ministre issu des groupes armés, poursuivi par la Cour Pénale Spéciale (CPS) et dépourvu de formation juridique, ce « juriste de salon » s’est improvisé conseiller de l’ombre. Cherchant désespérément à conserver son poste douillet, ses gombos ou à décrocher une promotion lors du prochain mouvement ministériel, ce cadre a convaincu son ministre qu’il tient la formule magique pour « neutraliser » Maître Mboli-Goumba par procuration en faisant pression sur la municipalité.
Dans sa correspondance enregistrée le 28 septembre 2026 à la Mairie de Bangui dont CNC a pu obtenir une copie, le chef rebelle Hassan Bouba « saura gré » à Madame le Maire d’annuler l’autorisation accordée en 2012 et de procéder à l’expulsion. Mais cette injonction se heurte à une réalité institutionnelle élémentaire : le Ministère de l’Urbanisme n’exerce aucune tutelle administrative sur la Mairie de Bangui.
En République Centrafricaine, contrairement au Tchad son pays d’origine, la municipalité est une collectivité autonome placée sous la tutelle exclusive du Ministère de l’Administration du Territoire, et non de l’Urbanisme. En tentant de dicter sa conduite à la municipalité, Hassan Bouba commet un abus de pouvoir et une ingérence flagrante dans des prérogatives qui ne lui appartiennent pas.
À cela s’ajoute le mépris caractérisé de la décision du Tribunal Administratif sur cette affaire, qui consacre le plus grand ridicule de sa manœuvre en joignant lui-même aux pièces une copie de la Grosse du Tribunal Administratif.
Cette décision judiciaire, rendue après un constat contradictoire sur le terrain par les magistrats, a tranché sans équivoque : le Ministère de l’Urbanisme n’a pas qualité pour agir, et la Mairie elle-même ne peut retirer une telle autorisation sans l’existence préalable d’un projet d’aménagement d’intérêt collectif sur le site.
En demandant à la Mairie de piétiner cette décision judiciaire qu’il joint lui-même au dossier, Hassan Bouba et son Chargé de mission font preuve d’un mépris inédit envers la justice du pays qui le sert comme ministre au grand jour.
Contacté par la rédaction de CNC, un cadre de la Mairie de Bangui, manifestement embarrassé par cette soudaine patate chaude institutionnelle, s’est réfugié dans la prudence :
« Il est encore trop tôt pour nous prononcer. »
De son côté, Maître Crépin Mboli-Goumba n’a pu être joint directement en raison d’un déplacement à l’étranger.
En revanche, un cadre dirigeant de son parti politique a réagi avec véhémence, remettant le ministre et son conseiller à leur place :
« Hassan Bouba doit d’abord apprendre que la Mairie de Bangui n’est aucunement sous la tutelle du Ministère de l’Urbanisme. Pour moi, seul Hassan Bouba et ses conseillers comprennent le sens de leur propre correspondance. Mais s’il prétend avoir un projet collectif capable de rendre cet endroit plus beau et plus fonctionnel qu’il ne l’est aujourd’hui grâce au travail de Maître Mboli-Goumba, il n’a qu’à le réaliser sur les prolongements et la suite de cet espace, au lieu de se focaliser de manière obsessionnelle sur une parcelle déjà parfaitement aménagée. »
Un haut responsable du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC), également joint par notre rédaction, a enfoncé, quand à lui, le clou sur le ridicule et l’outrecuidance de la démarche de ce chef rebelle tchadien :
« Hassan Bouba ferait mieux de demander directement à Madame la Mairesse d’autoriser le Ministère de l’Urbanisme à venir détruire, aux frais de l’État ou à des propres frais, les aménagements réalisés par Maître Crépin Mboli-Goumba sur cet espace public, afin de laisser le champ libre aux cortèges de la haute hiérarchie. Lui demander de “retirer” une autorisation n’a plus aucun sens aujourd’hui : cette autorisation a déjà produit tous ses effets juridique et matériel puisque les travaux d’embellissement sont entièrement achevés depuis longtemps. »
Le ministre de l’Urbanisme Hassan Bouba bafoue la décision du Tribunal Administratif de Bangui en tentant d’imposer son ingérence à la municipalité contre le Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution.
Il s’indigne, pour conclure, de voir comment la justice est ainsi foulée aux pieds par un individu sous mandat de justice :
« Quelle audace de voir un échappé de la justice internationale venir dicter sa loi et piétiner les décisions des tribunaux de notre pays ! »
Pendant que Bangui étouffe sous le réseau d’occupations anarchiques, les inondations, les marchés sauvages et des voiries délabrées, le cabinet d’Hassan Bouba consacre ses journées à faire la chasse à un espace propre, pavé et éclairé aux frais d’un citoyen.
En accumulant les erreurs de droit et en utilisant des subterfuges éventés par les tribunaux, le régime impérial de Touadéra et ses apprentis juristes ne font que démontrer la fébrilité d’un pouvoir incapable de respecter ses propres lois.
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