Le dictateur Touadéra remercie Dieu après avoir fait un coup d’État électoral

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Quinze ans de pouvoir cumulé entre le poste de premier ministre et la présidence n’ont pas suffi à Faustin-Archange Touadéra pour changer de méthode.

 

Les autocrates africains suivent tous le même schéma, qu’ils gouvernent en Centrafrique, au Rwanda ou ailleurs sur le continent. Leur manuel de survie politique ne varie jamais, reproduisant à l’identique les recettes éprouvées par leurs prédécesseurs. Touadéra incarne parfaitement cette continuité dans l’oppression, appliquant sans originalité les tactiques classiques de la tyrannie tropicale.

 

Le dictateur Touadéra remercie Dieu après avoir fait un coup d’État électoral

Le dictateur centrafricain vient de s’octroyer un nouveau mandat en truquant ouvertement le scrutin présidentiel du 28 décembre 2025. Un mois plus tard, lors du conseil des ministres extraordinaire du 23 janvier dernier, il a pris la parole pour remercier Dieu de cette victoire pathétique. Cette invocation divine intervient après des semaines de fraude massive, de bourrage d’urnes, de la production des  faux procès verbaux  et d’intimidation généralisée des électeurs.

 

Touadéra attribue son succès frauduleux aux efforts conjugués de son appareil répressif et de ses complices durant quinze années de mainmise sur l’État. Cinq ans comme premier ministre lui ont permis d’apprendre les rouages du pouvoir, dix ans comme président de peaufiner son système de domination. Chaque année au sommet a servi à consolider un réseau de corruption et de violence qui verrouille désormais toute alternance démocratique.

 

Le tyran salue la mobilisation de ses partisans qu’il ose qualifier d’élan républicain. Cette formule hypocrite masque la réalité des pressions, des achats de voix et des menaces qui ont poussé une partie de la population aux urnes. Rien de républicain dans cette comédie électorale jouée sous surveillance armée, où l’opposition légitime croupit en prison ou s’exile pour survivre.

 

Pendant que le despote remercie le Très-Haut, les mères centrafricaines pleurent leurs enfants assassinés par les mercenaires russes de la milice Wagner à sa solde. Les familles cherchent leurs disparus, enlevés en pleine nuit par des hommes en uniforme qui ne répondent qu’aux ordres du palais présidentiel. Les femmes violées par les forces de sécurité attendent une justice qui ne viendra jamais tant que ce régime restera en place.

 

Le quotidien sous Touadéra se résume à une succession d’horreurs banalisées. Les opposants intimidés ou arrêtés, les journalistes indépendants poussés à l’exil, les manifestants pacifiques totalement interdites. Les caisses de l’État se vident dans les poches d’une élite prédatrice pendant que la population manque de tout, même de l’essentiel pour survivre dignement.

 

Cette pratique du pouvoir par la terreur et le pillage n’a rien de spécifiquement centrafricain. Les dictateurs africains appliquent partout les mêmes recettes, du Sahel à l’équateur. Ils truquent les élections avec le même cynisme, invoquent Dieu avec la même hypocrisie, et écrasent leurs peuples avec la même brutalité. Touadéra ne fait qu’imiter ses pairs, reproduisant un modèle éprouvé de confiscation du pouvoir.

 

L’appel à la lucidité et à l’abnégation lancé aux Centrafricains sonne comme une insulte. Le tyran exige que ses victimes acceptent en silence leur sort misérable pendant qu’il se prélasse dans un luxe obscène. Cette injonction à la soumission patriotique vise à briser toute velléité de résistance, à transformer la population en masse docile et résignée.

 

Invoquer la providence après avoir organisé une parodie électorale relève du blasphème pour beaucoup de centrafricains croyants . Dieu ne cautionne ni la fraude ni le meurtre, encore moins le viol et la torture que ce régime pratique quotidianement. Cette récupération religieuse vise uniquement à donner un vernis moral à une entreprise criminelle qui n’a rien de divin.

 

Les quinze années de Touadéra aux commandes ont transformé la Centrafrique en terrain de chasse pour prédateurs politiques. Aucune amélioration tangible n’est venue récompenser la patience d’un peuple saigné à blanc. Les routes restent impraticables, les hôpitaux manquent de médicaments, les écoles ferment faute d’enseignants payés. Seule la fortune personnelle du dictateur et de son clan a connu une croissance exponentielle durant cette période​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Gisèle MOLOMA

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