Fiasco de Kwa Ti Kodro à Bambari : Quand les 5 milliards s’évaporent dans les herbes folles
Entre promesses présidentielles et réalité du terrain, l’opération de nettoyage citoyenne Kwa ti Kodro montre clairement -t-elle l’incompétence chronique ou la corruption du régime Touadéra ?
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Abel Matchipata, maire de Bambari, tente tant bien que mal de sauver les apparences d’une opération “Kwa Ti Kodro” qui sombre dans le ridicule le plus total. Derrière ses déclarations diplomatiques se cache une vérité glaçante : l’une des initiatives phares du président Touadéra, financée à plus de 60% par la Banque mondiale et l’Union européenne pour un coût pharaonique de 5 milliards de francs CFA, n’est qu’un échec retentissant de plus à ajouter au bilan désastreux de ce régime criminel.
Pourtant, les promesses étaient belles au départ. “Il est question que la population puisse prendre son temps, au moins deux heures chaque samedi matin pour désherber les axes”, expliquait le maire avec un optimisme qui fait aujourd’hui sourire. Deux heures par semaine pour nettoyer une ville avec 5 milliards de francs CFA ! Même les calculatrices de Touadéra auraient dû s’affoler devant une telle équation. Mais non, l’argent des bailleurs internationaux coule à flots et personne ne semble s’interroger sur la rentabilité d’une opération qui consiste à faire travailler gratuitement des citoyens déjà à bout du souffle.
Toutefois, la réalité a rapidement rattrapé les rêveurs du Palais de la Renaissance. “L’effectif a commencé par se réduire du fait que les gens pensaient qu’après les travaux de nettoyage, il devait y avoir quelque chose”, avoue candidement le maire. Quelle surprise ! Des citoyens qui peinent à joindre les deux bouts s’attendaient à être rémunérés pour nettoyer leur ville. Mais dans le monde merveilleux de Touadéra, les Centrafricains doivent travailler gratis pour la gloire du régime pendant que 5 milliards disparaissent mystérieusement dans les détours de l’administration.
D’ailleurs, où sont passés ces 5 milliards exactement ? Le maire de Bambari, dans sa grande honnêteté, reconnaît être “dans l’impossibilité de pouvoir payer les gens”. Alors que la Banque mondiale et l’Union européenne ont débloqué des fonds colossaux, les citoyens qui acceptent de participer à cette comédie le font bénévolement. L’argent s’est-il volatilisé dans les comptes offshore de quelques dignitaires ? A-t-il servi à financer les Mercedes de la présidence ? Mystère et boule de gomme, comme dirait l’autre.
Mais le plus grotesque reste à venir avec les “succès” revendiqués par l’équipe municipale. “Le samedi passé, un groupe est allé travailler dans l’enceinte de l’hôpital et le deuxième groupe au niveau du rond-point”, se félicite Abel Matchipata. Un hôpital et un rond-point nettoyés avec 5 milliards de francs CFA ! À ce rythme-là, il faudra un siècle et le PIB de plusieurs pays pour rendre Bambari propre. Mais peu importe, l’essentiel est de montrer aux bailleurs internationaux que l’argent “travaille” sur le terrain.
Pourtant, face à ce naufrage annoncé, le maire continue ses appels pathétiques à la mobilisation citoyenne. “Il y a des bâtiments administratifs occupés par des fonctionnaires, et la devanture est envahie par de hautes herbes”, observe-t-il avec une lucidité tardive. Génial ! Après avoir dilapidé 5 milliards, on découvre que même les fonctionnaires ne nettoient pas devant leurs propre domicile. Quelle vision stratégique ! Il propose même de “copier l’exemple de l’ENI ” où “un personnel nettoie régulièrement”. Un personnel payé, probablement, contrairement à l’opération “Kwa Ti Kodro” où tout le monde travaille pour les beaux yeux du président.
Finalement, cette débâcle de Bambari résume parfaitement dix années de gouvernance Touadéra. Des milliards engloutis, des promesses non tenues, des citoyens abandonnés et des responsables qui continuent à faire semblant que tout va bien. “On ne peut pas tout faire à la fois”, concède le maire avec une modestie qui confine à l’absurde. Effectivement, avec seulement 5 milliards, on ne peut pas espérer nettoyer plus d’un hôpital et d’un rond-point !
L’opération “Kwa Ti Kodro” de Bambari n’est pas qu’un échec, c’est un symbole. Le symbole d’un régime qui transforme l’or en plomb, qui dilapide les financements internationaux et qui demande aux plus pauvres de travailler gratuitement pour voiler son incompétence. Pendant que les bailleurs se demandent où sont passés leurs milliards, les herbes folles de Bambari continuent de pousser, témoins silencieux d’une gouvernance qui a fait de l’échec un art de vivre. Et Abel Matchipata de conclure avec un optimisme déconcertant qu’il faut “raviver l’enthousiasme des citoyens”. Avec quoi ? Avec les 5 milliards qui ont disparu dans la nature ?
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)