Faux diamants : pourquoi un ministre centrafricain risque la prison en Corée du Sud

Publié le 29 juillet 2022 , 7:07
Mis à jour le: 29 juillet 2022 7:07

Rédigé par Jeune Afrique

Publié par Corbeaunews Centrafrique, le 29 juillet 2022

 

Bangui (CNC) – Voici désormais plus de trois semaines que le ministre de la Jeunesse, Aristide Briand Reboas, poursuit son séjour, forcé, en Corée du Sud. Alors qu’il participait à un séminaire de l’International Youth Fellowship, au côté de son collègue centrafricain de l’Enseignement supérieur, Jean-Laurent Syssa-Magalé, l’ancien patron des services de renseignements de Centrafrique a en effet été interpellé par la police sud- coréenne.

Monsieur Aristide Briand Reboas, l’auteur du livre « Agir pour sauver la RCA ». Photo courtoisie.

 

Selon nos sources, il est accusé d’avoir vendu à un ressortissant sud-coréen, en 2018, quelque 500 000 dollars de faux diamants, prétendument issus de la coopérative minière qu’il possède en Centrafrique. Aristide Briand Reboas nie ces accusations, mais les autorités sud-coréennes n’en ont pas moins confisqué son passeport diplomatique et, après l’avoir libéré sous caution, l’ont placé en résidence surveillée dans un hôtel. Il n’est donc à l’heure actuelle plus libre de ses mouvements.

 

Nouveaux éléments le 30 juillet ?

 

Le ministre de la Jeunesse avait au préalable été inscrit par les services d’immigration de Corée du Sud sur une liste de personnes dont l’arrivée dans le pays devait être immédiatement notifiée à la police. Le reste de la délégation qui l’accompagnait, notamment son collègue de l’Enseignement supérieur, a quant à elle pu regagner Bangui – sous le choc d’une arrestation qui « fait honte » à l’État centrafricain, selon les mots de l’un des intéressés.

D’après la législation sud-coréenne, Aristide Briand Reboas ne bénéficie pas de la protection diplomatique, réservée aux chefs d’État, ministres des Affaires étrangères et ambassadeurs en exercice dans le pays. Selon nos informations, l’enquête concernant la prétendue escroquerie est toujours en cours.

 

La police coréenne, qui a interrogé le Centrafricain dès le 6 juillet, le soupçonne de s’être enrichi frauduleusement, notamment afin de financer ses activités politiques.

Les autorités sud-coréennes devraient rendre publiques ce 30 juillet une partie des conclusions de leurs investigations, ouvrant la voie à une libération ou à une poursuite de l’instruction à l’encontre de leur suspect.

Aristide Briand Reboas s’était notamment porté candidat à l’élection présidentielle à la fin de l’année 2020. Il était surtout un allié du président Faustin-Archange Touadéra, lequel espérait ainsi fragiliser son prédécesseur, François Bozizé, dont Reboas avait été le maître espion. Également proche de l’ancien Premier ministre Henri-Marie Dondra, le ministre de la Jeunesse avait toutefois vu son étoile pâlir ces derniers mois.

 

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