Faustin ZAMÉTO dénonce à sont tour le colloque de Bangui coupé des réalités centrafricaines

0
7

Faustin ZAMÉTO dénonce à sont tour le colloque de Bangui coupé des réalités centrafricaines

 

Faustin ZAMÉTO dénonce à sont tour le colloque de Bangui coupé des réalités centrafricaines

 

 

 

Rédigé le [date_cnc] .

Par : la rédaction de Corbeau News CentrafriqueCNC  

 Le sociologue Faustin ZAMÉTO, dans une tribune envoyée depuis Casablanca, critique sévèrement le colloque national sur la République organisé à Bangui les 18, 19 et 20 juin, et reprend à son compte l’analyse de l’universitaire exilé Jean-Pierre Mara.

 

Pour Faustin ZAMÉTO, trois principes simples auraient dû guider ce rendez-vous universitaire. L’Université ne juge pas, elle éclaire. Elle ne gouverne pas, elle arme les esprits. Elle ne remplace pas l’État, elle le rend intelligent.

 

Or, selon le sociologue, le “Grand Colloque national : Qu’est-ce que la République centrafricaine ?” semble avoir oublié ces trois règles. C’est ce vide que la critique de Jean-Pierre Mara, écrite depuis l’exil, vient rappeler avec une franchise que Faustin ZAMÉTO juge nécessaire.

 

Remercier des conférenciers pour la qualité de leurs interventions ne constitue pas un bilan, écrit Faustin ZAMÉTO. Publier des actes un jour, peut-être, ne constitue pas non plus un impact réel sur la vie des gens. Un colloque financé par l’argent public ne devrait pas se terminer sur de l’auto-satisfaction.

 

La question posée par Mara, et reprise par Faustin ZAMÉTO, tient en quatre mots : à quoi ça sert ? Si l’Université de Bangui ne peut pas répondre simplement à ce que ce colloque change dans la vie d’un paysan de Paoua, d’une vendeuse de Gobongo ou d’un gendarme de Birao, alors elle a manqué sa mission.

 

Faustin ZAMÉTO insiste sur l’urgence. La Centrafrique n’est pas la Sorbonne, rappelle-t-il. Chaque année sans réponse concrète est une année perdue pour une jeunesse qui représente 75 % de la population du pays.

 

Le sociologue s’attarde ensuite sur ce qu’il appelle des sujets écartés par la recherche universitaire. Pourquoi aucune thèse de droit public ne porte sur la sorcellerie, qui vide pourtant des villages entiers ? Pourquoi aucun laboratoire de sociologie ne s’est penché sur les délestages, qui étouffent les petites entreprises de Bangui ? Pourquoi aucune étude d’économie n’a suivi la disparition du manioc sur les marchés de la capitale ?

 

Pour Faustin ZAMÉTO, ce ne sont pas de petits sujets. Ce sont des faits sociaux qui touchent directement à la survie des familles. Tant que l’Université de Bangui jugera un doctorat sur Foucault plus noble qu’un doctorat sur le Likoundou, elle formera des exilés intellectuels, capables de parler au monde mais muets face aux problèmes de leur propre pays.

 

Le sociologue reprend ici l’expression de Cheikh Anta Diop, le poison culturel, cette habitude de penser avec la tête des autres sur les problèmes des autres. C’est exactement ce que Jean-Pierre Mara appelle l’aliénation, note Faustin ZAMÉTO.

 

Il apporte toutefois une nuance importante. L’Université ne doit pas devenir un tribunal populaire, précise t il. Le rôle du chercheur n’est pas de désigner comment punir des élites accusées de vol. Son rôle est de comprendre pourquoi le détournement des ressources est devenu un système, et par quelles réformes le pays peut s’en défaire.

 

Faustin ZAMÉTO propose ensuite trois ruptures pour sortir de la logique du “ici c’est comme ça”. La première consiste à faire descendre l’Université dans l’arène publique. Les actes du colloque devraient paraître sous trente jours, résumés en sango, diffusés à la radio et discutés dans les lycées, jusqu’à ce qu’un paysan de Damara puisse dire qu’il a compris ce que les professeurs ont expliqué sur la République.

 

La deuxième rupture touche au financement. Un État qui consacre 0,2 % de son budget à la recherche ne peut pas exiger de miracles. Mais une Université qui met 90 % de ses moyens dans des colloques sans suite ne peut pas se plaindre non plus, écrit Faustin ZAMÉTO. Il propose un contrat clair, l’État sanctuarise 1 % de son budget pour la recherche, et l’Université oriente la moitié de ses thèses vers l’énergie, l’agriculture, la justice, le foncier et la santé.

 

La troisième rupture concerne la protection de la critique universitaire. Jean-Pierre Mara écrit depuis l’exil, rappelle Faustin ZAMÉTO. La vraie question est de savoir combien de chercheurs pensent comme lui mais se taisent à Bangui par peur de perdre leur poste. Une université qui ne peut pas critiquer le pouvoir devient une école de soumission, alors que la Centrafrique a besoin de citoyens formés à la contradiction.

 

Le diplôme n’est pas une médaille, conclut Faustin ZAMÉTO, c’est une dette envers le pays. La Centrafrique est fatiguée des explications qui justifient pourquoi rien n’est possible, et fatiguée des colloques qui n’accouchent que de communiqués.

 

Un doctorat sur la sorcellerie ne fera pas disparaître la sorcellerie du jour au lendemain, écrit-il encore. Mais il combattra l’ignorance qui sert d’alibi à des crimes commis en son nom. Un mémoire sur les délestages ne rallumera pas la lumière dans les foyers de Bangui, mais il pourra montrer qui coupe le courant, et pourquoi

 

Par Anselme Mbata

Rejoignez notre communauté

 

Chaine officielle du CNC 

Invitation à suivre la chaine du CNC

CNC Groupe 3

CNC groupe 4 

CNC groupe le Soleil

Note : les deux premiers groupes sont réservés  uniquement aux publications officielles du CNC

 Abonnez-vous à notre chaine YouTube : (31) Corbeau News TV – YouTube 

Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65

  Email : Redaction@corbeaunews-centrafrique.org

Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org