Encerclée par les forces du désordre, la ville de Obo a été secoué durant 4 heures. Fouille porte par porte, arrestation et tabassage des habitants

Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
La ville de Obo, capitale provinciale du Haut-Mbomou, au sud-Est de la RCA, s’est réveillée dans la terreur ce vendredi 6 février 2026. Dès quatre heures du matin, gendarmes, policiers, militaires et mercenaires du groupe Wagner ont encerclé la ville. Pendant plus de trois heures, ces unités de la mort ont ratissé chaque recoin, fouillant les habitations méthodiquement. Le secteur de la mission AIM a été bouclé en premier, puis les équipes se sont déployées dans le quartier arabe, puis dans tous les quartiers.
Malgré cette mobilisation spectaculaire, les patrouilles n’ont découvert ni armes, ni munitions, ni matériel militaire. Les perquisitions se sont poursuivies de maison en maison sans résultat. Pourtant, dans le quartier Banguito, les forces ont arrêté un jeune homme qui tient une kiosque de pharmacie du quartier. Ce commerçant vendait des médicaments et autres produits de santé pour gagner sa vie.

Le détail de cette arrestation se retrouve dans le passé de ce jeune. Il avait effectivement reçu une formation militaire dispensée par les Russes de la milice Wagner et intégré les rangs de l’armée nationale avec deux cents autres recrues issues de la milice d’autodéfense Azandé. Ces combattants ont été désarmés sur ordre des mercenaires russes et renvoyés à la vie civile. Depuis, le jeune arrêté s’était reconverti dans le commerce pharmaceutique, loin de toute activité armée.
Conduit au poste de la gendarmerie, le jeune commerçant connu sous le sobriquet de KD a été roué de coups pendant des heures. Les sévices infligés l’ont laissé dans un état critique, au bord de la mort. Transporté d’urgence à l’hôpital, son pronostic vital reste engagé. Rien ne justifie une telle violence puisque la fouille n’a rien donné et que l’homme menait une existence paisible.

Cette opération interroge d’autant plus que la ville de Obo n’a connu aucun incident armé. Contrairement à Mboki, Djema, Zemio ou Bambouti qui ont été le cadre d’affrontements, la ville restait calme. Aucun coup de feu n’y a retenti depuis le début des troubles l’année dernière dans la région. Pourtant, le préfet Léonard Mbélé, colonel de l’armée, multiplie les appels aux forces russes pour qu’elles interviennent.
Ce responsable préfectoral semble attirer délibérément les problèmes vers Obo alors que la menace se situe ailleurs. Il donne des instructions pressantes aux mercenaires et aux soldats, déclenchant une série d’abus contre les habitants. La population locale ne comprend pas cette acharnement ni cette présence militaire disproportionnée dans une zone épargnée par les combats.
Même les propos tenus par certains responsables des forces de désordre aggravent la situation. Le commandant de compagnie de la gendarmerie a publié sur WhatsApp des messages haineux visant l’ethnie Zandé. Il a déclaré vouloir “en finir avec la race des Zandés”, des paroles ouvertement génocidaires. À leur poste de contrôle, des gendarmes ont menacé un cultivateur en affirmant qu’ils allaient exterminer tous les Zandés et incendier la ville.
Ces déclarations outrageuses circulent librement sans que personne n’intervienne. La Minusca, présente sur place, observe ces dérives sans réagir. La mission onusienne se contente de produire des faux rapports sur la République centrafricaine. Elle valide tacitement les exactions commises contre les civils au lieu de protéger les populations comme son mandat l’exige.
La distinction entre forces de l’ordre et forces du désordre devient floue en Centrafrique. Certes, quelques éléments intègres subsistent parmi les policiers, gendarmes et militaires. Mais leur nombre insignifiant les rend invisibles au milieu de la masse de ceux qui sèment le chaos. L’image collective des forces de sécurité s’en trouve totalement dégradée aux yeux des citoyens.
L’homme torturé à Obo est un exemple parfait de cette dérive généralisée. Ancien milicien d’autodéfense désarmé et réinséré, il avait tourné la page militaire pour devenir un simple pharmacien de quartier. Sa capture et les tortures subies montrent combien la violence d’État peut s’abattre sur n’importe qui. Le préfet Léonard Mélé porte la responsabilité directe de cette escalade en sollicitant sans cesse l’intervention des mercenaires russes dans une ville qui ne demandait rien.
Par Éric Nzapa
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)