De la transparence volée à la fraude totale : Martin Ziguélé accuse le pouvoir d’avoir détruit le système électoral centrafricain depuis 2005
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Dans un entretien sans concession accordé à la Fondation Jean-Jaurès, Martin Ziguélé, président du MLPC et ancien Premier ministre, charge frontalement le régime en place. Il dénonce une destruction méthodique du système électoral qui a permis à l’opposition de gagner le pouvoir en 1993, remplacée aujourd’hui par une machine à fabriquer des victoires à sens unique.
Martin Ziguélé rappelle les faits avec précision. Jusqu’en 2005, la Centrafrique disposait d’une commission électorale mixte indépendante où tous les partis politiques étaient représentés de manière équilibrée. Cette parité garantissait un minimum de transparence et d’équité. C’est grâce à ce cadre que le MLPC est arrivé au pouvoir en 1993 après avoir contribué à la chute de Bokassa.
À partir de 2005, tout a basculé. Le pouvoir a progressivement démonté cette structure. Étape après étape, la parité a disparu. En 2020, le système a atteint un point de non-retour : l’Autorité Nationale des Élections, présentée comme indépendante, s’est révélée totalement inféodée au régime. Résultat : aucun candidat de l’opposition n’a reçu le moindre procès-verbal des résultats dans aucun bureau de vote, ni en Centrafrique ni à l’étranger. On leur a simplement annoncé leurs scores sans aucune preuve.
Après ce scrutin de 2020, Martin Ziguélé et d’autres responsables ont saisi tous les partenaires, y compris l’Autorité Nationale des Élections, pour tirer les leçons et corriger les failles. Tout le monde a approuvé l’idée d’un dialogue politique sur la gouvernance électorale. Le régime a promis, puis n’a rien fait.
À la place, il a organisé un simulacre de « dialogue républicain » dont le seul but était de modifier la Constitution pour supprimer la limitation des mandats et verrouiller le pouvoir. Face à ce refus de tout compromis réel, le MLPC et le Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution ont exigé un vrai dialogue avant toute élection. Le pouvoir a ignoré cette demande.
Le cinquième congrès du MLPC, tenu les 9 et 10 septembre 2025 à Bangui, a pris la décision historique : pour la première fois de son existence, le parti n’irait pas aux élections de décembre 2025. « Ce ne sont pas des élections », a tranché Martin Ziguélé. « Nous refusons de cautionner un processus qui se déroule hors de tout cadre juridique, sans transparence et sans équité. »
Les résultats du scrutin législatif ont confirmé ses craintes : sur environ 88 députés élus au premier tour, près de 80 appartiennent au parti du pouvoir, le MCU. Pour l’opposant, ce chiffre n’a rien d’un hasard. Il s’agit du produit logique d’un système entièrement contrôlé et instrumentalisé.
Martin Ziguélé cite aussi l’exemple d’un ancien membre du BRDC qui a quand même tenté de participer : sa candidature a subi des attaques inédites et les fraudes les plus évidentes l’ont purement et simplement effacé des résultats.
Pour le leader du MLPC, le message est clair : le régime a transformé les élections en outil de domination absolue. La transparence d’hier a été volée, remplacée par une fraude organisée et institutionnalisée. Face à cette réalité, les démocrates n’ont plus le choix : refuser de légitimer cette parodie devient un devoir.
Martin Ziguélé termine en appelant à la vigilance et à la résistance pacifique. Le MLPC, né en 1979 et habitué aux combats les plus durs, reste déterminé à défendre la République et les libertés, même si le prix à payer reste élevé.
Cet avertissement de l’ancien Premier ministre résonne comme un cri d’alarme : en Centrafrique, le système électoral n’existe plus. Il ne reste qu’une machine à produire des majorités artificielles au service d’un seul camp.
Par Alain Nzilo
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![Les mercenaires russes du groupe Wagner en débandade à Am-Dafock face à l’offensive des rebelles centrafricains Les mercenaires russes du groupe Wagner en débandade à Am-Dafock face à l'offensive des rebelles centrafricains Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , Analysant la mise au point de la MINUSCA, Fari Tahéruka Shabazz démontre comment l'organisation onusienne confirme implicitement la déroute des mercenaires russes de Wagner à Am-Dafock. Les derniers développements militaires dans la préfecture de la Vakaga, plus précisément dans la localité frontalière d'Am-Dafock, viennent démentir de manière catégorique la communication officielle de Bangui, une réalité que Fari Tahéruka Shabazz met en évidence en s'appuyant sur les données du terrain. Alors que les canaux gouvernementaux tentaient d'attribuer l'assaut à des éléments terroristes étrangers ou à des contingents venus du Soudan et du Tchad, le rapport de la mission onusienne rétablit les faits : ce sont exclusivement des groupes armés nationaux, notamment des combattants affiliés au Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique et au Mouvement démocratique pour le rassemblement du peuple centrafricain, qui ont mené cette opération d'envergure. Cette précision factuelle de l'organisation internationale détruit la rhétorique du pouvoir qui cherche continuellement à externaliser les causes de l'instabilité intérieure. La réalité du terrain montre une offensive purement centrafricaine qui a mis en déroute les forces de l'armée nationale et leurs alliés russes. Les mercenaires du groupe Wagner, présentés depuis des mois comme le bouclier infaillible du régime, ont abandonné leurs positions ou ont été incapables de contenir la poussée des insurgés, fuyant la zone des combats et laissant la population civile sans défense. Le bilan humain communiqué par les Nations Unies apporte un autre démenti aux rumeurs propagées ces dernières heures. Contrairement aux allégations faisant état de la mort d'un casque bleu zambien, la direction de la mission précise que trois soldats de la paix ont été blessés, dont un grièvement, lors d'une patrouille de protection. De plus, la MINUSCA rectifie la nature de l'incident en précisant qu'il s'agissait de tirs dirigés vers sa base opérationnelle temporaire, et non d'une prise d'assaut de ses installations par les forces de l'opposition armée. L'aspect le plus instructif de cette mise au point réside dans l'injonction faite au gouvernement centrafricain. En exigeant explicitement de Bangui qu'il déploie tous les moyens nécessaires pour garantir la protection et l'assistance humanitaire aux populations civiles d'Am-Dafock, la communauté internationale souligne le vide sécuritaire actuel. Cette demande formelle indique clairement que l'État ne contrôle plus cette localité stratégique et que la prétendue reprise de contrôle par les forces régulières et leurs partenaires bilatéraux est une contrevérité. Enfin, l'absence totale de mention des forces de Wagner dans la déclaration officielle de la mission onusienne constitue un choix politique lourd de sens. En choisissant d'ignorer la présence ou la fuite de ces combattants privés, l'organisation refuse de leur accorder la moindre légitimité juridique ou opérationnelle. Pour l'institution internationale, la sécurité régalienne incombe uniquement à l'État centrafricain, et la déroute des forces russes n'est pas un sujet de négociation ni de pitié officielle. Bangui se retrouve ainsi renvoyé à ses propres responsabilités constitutionnelles, démuni de son argumentaire habituel et privé de l'efficacité supposée de ses protecteurs privés, alors même que la situation des populations exige des mesures d'urgence immédiates. Par Ibrahim Moussa Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/07/les-rebelles-qui-patrouillent-la-ville-d-amdafok-a-60km-de-birao-218x150.webp)