Communiqué de l’association Citoyens Debout et Solidaires Centrafrique  Relatif à la loi sur les crypto-monnaies en RCA

Publié le 27 avril 2022 , 8:00
Mis à jour le: 27 avril 2022 4:38

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COMMUNIQUÉ DE PRESSE

        1. Citoyens Debout et Solidaires Centrafrique (CDS-CA) considère que la loi sur les crypto-monnaies, que vient d’adopter l’Assemblée nationale de République Centrafricaine et de promulguer le Président de la République, le tout dans la précipitation et dans l’opacité, est une loi radicalement contraire à la souveraineté nationale, à la liberté et à l’intérêt des Centrafricains.
          1. En imposant les crypto-monnaies comme monnaies nationales, le pouvoir de Bangui vient de brader le peu qui restait encore de l’autorité de l’État et de son pouvoir de contrôle sur son économie, et donc sur son développement.
  1. S’il est vrai que l’on considère traditionnellement la monnaie comme un outil par excellence de la souveraineté des États, c’est à la condition que l’État ait lui-même le contrôle de l’émission de cette monnaie, de sa valeur et de sa circulation, ce qui passe par des institutions de gestion et de contrôle qui sont aux mains de l’État, telle que, par exemple, la Banque centrale. Or, les crypto-monnaies reposent sur une philosophie radicalement contraire : il s’agit de monnaies créées hors de l’État, dont la valeur est déterminée par une communauté d’internautes, personnes privées aux intérêts divers à travers le monde, sans possibilité d’aucun contrôle par l’État centrafricain ou par une communauté de Centrafricains.
  2. L’État centrafricain, l’économie centrafricaine, et les Centrafricains se trouvent, comme on le voit, livrés à la merci d’intérêts privés égoïstes étrangers, aux relents souvent mafieux.
  3. Qui plus est, la loi ne se borne pas à offrir aux centrafricains la faculté, et donc la liberté de recourir aux crypto-monnaies. Elle oblige chaque Centrafricain à accepter ces monnaies, sous peine de très lourdes sanctions, violant ainsi la liberté individuelle des Centrafricains et la liberté du commerce et de l’industrie dans le pays.
  4. Cette loi se présente ainsi comme un instrument tout à la fois de mise en esclavage monétaire sous la coupe de personnes privées et de gouvernance dictatoriale de notre économie.
  5. De plus, en adoptant et promulguant cette loi, les autorités de Bangui fragilisent la parole diplomatique de notre pays vis-à-vis de nos États frères de l’Afrique centrale, ainsi que notre position dans le cadre de la CEMAC et de la CEEAC.
  6. Dans un pays où les populations, qui n ’ont d’ailleurs pas accès à internet dans leur écrasante majorité, sont en attente avant tout de la satisfaction de leurs besoins de base, en termes d’eau potable, de nourriture, d’infrastructures, de santé et d’éducation, cette loi traduit de manière flagrante l’indifférence des gouvernants quant au sort réel des Centrafricains et leur mépris en ce qui concerne les aspirations vitales de nos compatriotes.
  7. Cette loi doit être abrogée. CDS-CA se réserve le droit d’engager toute action en ce sens.

 

Pour Citoyens Debout et Solidaires Centrafrique

Son Président :

Pr Jean-François AKANDJI-KOMBÉ

 

 

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